‹ Guide universel et complet de l'étranger dans ParisChapitre 51 sur 273 · I. — Cathédrale de Notre-Dame · texte numérisé non relu

I. — Cathédrale de Notre-Dame

A Textrémité orientale de Fîle de la Cité, s'élève la basilique de Notre-Dame, ou église cathédrale de Paris. La date précise de ce vaste monument religieux est incertaine ; on sait seulement qu'il existait, en cet endroit, un autel consacré à Jupiter, qui avait été élevé sous Tibère. Lorsque les Parisiens se convertirent au christianisme, ils renversèrent Fautel et bâtirent à la place, en 365, une église qu'ils dédièrent à saint Etienne. Vers l'an 522, elle fut agrandie ou reconstruite par Childebert, fils de Clovis, d'après l'avis de saint Germain.

En 860, la cathédrale se composait de 2 églises dédiées à saint Etienne et à sainte Marie. Les Normands épargnèrent Saint-Ètienne moyennant une somme d'argent.

En 1140, d'importants travaux furent entrepris à l'église de la Vierge sous la direction de Garlande, dont il reste

certaines sculptures qui ont été replacées au XIII* siècle lorsqu'on construisit la façade actuelle. Maurice de Sully réunit les deux églises en une seule vers Fan 4160, et fit commencer la cathédrale sous le vocable de Sainte-Marie. A sa mort (1196), le chœur était achevé jusqu'au transept. Le successeur de Maurice de Sully continua les travaux jusqu'en 1208. La grande façade et les trois premières travées de la nef furent commencées en 1218.

A la mort de Philippe-Auguste (1223), le portail était achevé jusqu'à la base de la galerie à jour qui réunit les deux tours. Les tours furent élevées vers 1235. De 1230 à 4240, un incendie détruisit une partie des charpentes et on apporta certaines modifications aux baies de la nef. En 1245 on commença les chapelles latérales et les deux pignons du transept. En 1296, Matiffas de Bucy fit commencer les chapelles du chœur.

A cette époque les cloîtres et les dépendances de l'église s'étendaient assez loin sur le bord de la Seine.

La partie sud, avec le portail, fut achevée en 1257, sous le règne de saint Louis ; et la partie nord, avec le portail, en 1312. Les sculptures du chœur se terminèrent en 1352, et le petit portail nord du chœur, appelé la porte rouge, parce qu'il fut peint d'abord en cette couleur, était debout en 1404. Les portes occidentales, enfer sculpté, furent posées de 1570 à 1580.

Cet édifice et du petit nombre de ceux que l'on trouve en Europe ayant cinq nefs ; la cathédrale de Reims n'en a que trois. Notre-Dame a 130 mètres de long sur 48 mètres de large ; sa hauteur, depuis le sol jusqu'à la partie la . plus élevée de la voûte, est de 34 mètres, ce qui est environ 9 mètres de moins que la cathédrale de Metz, qui a 43 mètres d'élévation sous voûte. La façade ou le portail a 40 mètres de développement ; sa sommité offre deux tours carrées à peu près semblables et de 68 mètres d'él évation . Ces tours devaient se terminer par des flèchej dont les amorces sont placées depuis l'an 12j une flèche d'une grande hardiesse a été

Cathédrale de Notre-Dame.

le milieu du transept ; elle dépasse les tours. Trois portes, placées dans de profondes voussures ogivales, donnent entrée à Téglise ; celle du milieu fut réparée en 1771, sur les dessins de Farchitecte Souftlot. Il y avait autrefois, devant cette façade, un parvis élevé à la môme hauteur que les dalles de l'église, et que Texhaussement successif du sol a fait disparaître. En 1748, on avait encore treize marches à monter du côté de la rivière, pour pénétrer dans Téglise. Les contours des trois portes sont ornés de sculptures représentant des sujets du Nouveau Testament et de figures souvent grotesques, mais naïves dans leur forme, qui montrent Tétat des arts aux treizième et quatorzième siècles. Les vantaux des portes latérales sont couverts d'enroulements en fer d'une rare élégance, qui fit croire dans le temps que le diable y avait mis la main. Le portique septentrional offre sous sa tour un zodiaque, dont on remarque onze signes sculptés, en petit, et le douzième, celui de la Vierge, dans une grande proportion. Dans la tour du nord est la grande cloche ou le bourdon ^ que l'on ne sonne que dans les solennités. Elle pèse trentedeux milliers ; eUe date de 1682, époque où elle fut baptisée, et eut pour parrain Louis XIV; son battant, qui fait rendre des sons graves et lugubres aux bords inférieurs, pèse 487 kilogrammes. La tour septentrionale a encore quatre cloches, que l'on sonne pour les services ordinaires. C'est près de ces cloches que l'on peut admirer la charpente de la toiture revêtue d'une couverture de plomb. Cette charpente est appelée la forêt, à cause du grand nombre de pièces de bois de châtaignier dont elle est composée. On arrive au sommet des tours par un escalier de trois cent quatre-vingt-neuf marches. Sur chaque tour est un paratonnerre dont le fil conducteur descend le long des murailles jusque sur le sol dans une pièce d'eau. Pour monter dans les tours, on paye une rétribution de 20 centimes par personne.

Au-dessus de l'ordonnance inférieure du port^ tal, on voit, sur toute la ligne de la façade

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niches. Elles étaient vides depuis 1793 ; à cette époque, la commune de Paris en avait fait enlever les statues, qui représentaient, non pas les rois de France, comme on le croyait, mais les rois de Juda, ancêtres de la Vierge Marie. Depuis quelques années, on a placé d*autres statues exécutées diaprés des moulages pris à Reims. Au-dessus de ce rang de niches est la fenêtre circulaire appelée rose^ si délicatement travaillée. Chaque face latérale de l'église en présente une semblable. Les trois roses ont chacune 43 mètres et demi de diamètre, et sont garnies de vitraux peints. La façade est couronnée d'une galerie composée de trente-quatre colonnes, à la fois élégantes et hardies ; elles supportent des arcs en ogive, percés à jour, qui produisent le plus grand effet.

Une nouvelle sacristie, œuvre de M. Lassus, parfaitement dans le style de l'édifice, remplace maintenant Tandenne sacristie que Tarchitecte Soufflot avait adaptée aux chapelles du chœur. Un pavillon fait pendant à la sacristie. Le pavillon n'a qu'un étage au rez-de-chaussée ; il est surmonté d'un comble aigu.

L'intérieur de l'église est grandiose: il présente une nef, un chœur et un double rang de bas côtés, divisés par cent vingt gros piliers qui supportent les voûtes en ogives. Tout autour de la nef et du chœur, et au-dessus des bas côtés, règne une galerie ornée de cent huit petites colonnes, chacune d'une seule pierre, galerie servant de tribune pour les spectateurs dans les grandes solennités. Les bas côtés offrent une ceinture de quarante-cinq chapeUes qui renferment plusieurs tombeaux, et il y a cent treize vitraux pour le passage de la lumière du jour, indépendamment des trois roses dont nous avons parlé. Ces chapelles ont été savamment décorées pendant ces dernières années par M. VioUet-le-Duc. Au-dessus de la porte principale est un superbe buffet d'orgues de 15 mètres de hauteur sur i 2 de largeur.

Le chœur^ avec le reste de l'église, a 38 mètres et demi de long sur 12 de large; il offre de chaque côté, au-dessus

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de la corniche des stalles, quatre grands tableaux. D'un côté est Y Assomption de la Vierge, par Laurent de laHire ; la Présentation de la Vierge au temple., par Pliilippe de Champaigne ; une Fuite en Egypte, par Louis de Boulogne ; et la Présentation de Jésus-Christ au temple, par le même. De l'autre côté est V Adoration des Mages, par Lafosse ; la Naissance de la Vierge, par Philippe de Champaigne ; la Visitation, par Jouvenet, et V Annonciation, par Halle. Les stalles en bois, ornées de sculptures, qui garnissent les côtés du chœur datent de Louis XIV. Deux estrades séparent le chœur de la nef, et une grille dorée, chef-d'œuvre de serrurerie, ferme l'entrée du chœur. L'aigles ou lutrin, placé au milieu du chœur, est d'une rare élégance ; il fut donné en 1813 au chapitre de Notre-Dame par l'impéralrice Marie-Louise. Primitivement le chœur était fermé par un jubé qui a été démoli.

Le sanctuaire, où l'on monte par quatre degrés de marbre blanc, est bordé de balustrades circulaires, avec appuis en marbre vert d'Egypte, et supports en marbre de Flandre. Le maître-autel, long de 3 mètres et haut de 1 mètre, a été exécuté en 1803, par la munificence du premier consul. Il s'élève sur trois degrés demi -circulaires en marbre de Languedoc ; il est décoré de trois bas-reliefs. Le tabernacle est un socle carré de marbre enrichi d'une fermeture de bronze doré. Sur son gradin de marbre sont placés six chandeliers dorés d'or moulu. Les sept arcades du sanctuaire, fermées par des grilles polies comme de l'acier, sont incrustées de marbre. Dans la baie du fond du sanctuaire est un groupe de marbre blanc dont les figures principales ont près de 3 mètres de proportion. Au miUeu du chœur est le caveau où sont inhumés les archevêques de Pans.

Dans la grande sacristie se trouve le trésor, qui renferme de précieuses rehques, notamment un morceau de la vraie croix et la couronne d'épines rapportée par saint Louis. (S'adresser au sacristain.)

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