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II. —Église Saint-Sulpice

(s'adresser au portier pour visiter les tours.)

L'église Saint-Sulpice (place Saint-Sulpice, VI* arrondissement) ne date que de 1655 ; c'est un grand et bel édifice, dont la reine Anne d'Autriche posa la première pierre ; mais, faute d'argent pour continuer les travaux, la dédicace .du temple n'eut lieu qu'en 1743, année où l'architecte Ser vandoni en termina le portail. Les tours furent élevées; celle du sud par Maclaurin, en 1749, et celle du nord par Chalgrin, en 1777. Le chœur et les bas côtés avaient été achevées en 1678 ; le portail, commencé en 1733 et terminé en 1745 ; les deux tours, aux deux époques qui viennent d'être indiquées. La tour du nord a une ordonnance quadrangulaire et est plus élevée que celle du midi.

Le portail de Saint-Sulpice est cité comme une merveille en son. genre ; long de 128 mètres, il se compose de deux ordonnances : le dorique et l'ionique. Les extrémités sont flanquées des deux tours dont nous venons de parler, et qui ont 70 mètres d'élévation, 2 mètres de plus que les tours de Notre-Dame. Aux extrémités du portail et à l'aplomb des tours, sont, au rez-de-chaussée, deux cha pelles ornées chacune de deux statues allégoriques : l'une de ces chapelles est un baptistère, l'autre le sanctuaire du viatique.

La totalité de la longueur de l'église, depuis la première marche de la façade principale jusqu'à la chapelle de la Yierge, est de 144 mètres ; sa hauteur, depuis le pavé jusqu'à la voûte, est de 35 mètres. Les portes latérales offrent à l'extérieur des niches où sont placées des statues de saints qui ont 3 mètres de proportion. Le chœur a 27 mètres et demi de longueur ; il est entouré de sept arcades dont les pieds droits sont ornés de pilastes corinthiens ; il en est de môme de la nef. Il y a aussi douze statues en pierre de Tonnerre, représentant les douze

ÉGUSES. as

apôtres. L*autel principal, placé à rentrée du chœur, est d'un bon effet. La chapelle de la Vierge, située au rondpoint de Téglise, a sa coupole peinte à fresque par Lemoine,

SaiDt-Sulpice.

et cette fresque représente V Assomption de la Vierge. Au fond de la chapelle est une niche renfermant un groupe dont la principale figure représente la Vierge tenant TEn faut Jésus. Une disposition ingénieuse a permis d'éclairer vivement ce groupe qui se détache sur le fond rela^ sombre des parois de la chapelle et produit plus remarquables. A droite est la chapelle Sa

avec deux tableaux à fresque dignes de rattention des amateurs. Les bénitiers de Téglise sont des coquilles remarquables par leur volume, et dont la république de Venise fit présent à François I«f. La tribune du buffet d'orgues est soutenue par des colonnes d'ordre composite : ces orgues ont été fabriquées par Cliquot, célèbre facteur. La décoration des chapelles latérales, confiée à des artistes en renom, est complètement terminée.

L'église a en outre une cligne méridienne établie au milieu d'une croisée et tracée sur le pavé avec les signes du 'vrai zodiaque au nord et sud, dans la longueur de 58 mètres 60 centimètres. A son extrémité nord, cette ligne se prolonge et s'élève verticalement sur un obélisque de marbre blanc de 8 mètres 33 centimètres de hauteur. La fenêtre méridionale est entièrement fermée, sauf TouVerture par où pénètre un rayon solaire, qui forme une image sur la ligne verticale de l'obélisque. Cette ligne méridienne et l'obélisque datent de 1743, et ont pour but de fixer Téquinoxe du printemps et le dimanche de Pâques.

A côté de l'église Saint-Sulpice est le Séminaire de ce nom, donnant sur la place Saint-Sulpice et construit sous Charles X. On ne peut le visiter qu'avec une permission du supérieur : mais l'étranger, en exhibant son passeport, obtient très-facilement cette permission.

C'est dans l'église Saint-Sulpice que la ville de Paris offrit un banquet à Bonaparte à son retour d'Egypte.

in. - Église Saint-Roch.

L'église Saint-Roch est située rue Saint-Honoré (!•' arrondissement). Louis XIV et Anne d'Autriche sa mère posèrent la première pierre de Saint-Roch en 1653; mais les travaux s'exécutèrent avec lenteur et furent même suspendus. On les reprit en 1720, lorsque le fameux Law, converti au cathohcisme, donna 100,000 livres à l'église qui venait de recevoir son abjuration. L'édifice fut entièrement achevé en i740.

L'église Saint-Roch, dont Fintérieur représente, sous de moindres dimensions, celle de Saint-Sulpice, est devenue célèbre par les scènes politiques dont elle fut le théâtre ; c'est là que Bonaparte fit tirer le canon contre les insurgés de vendémiaire ; c'est cette église dont on forçait les portes pour y introduire le cercueil de la tragédienne Raucourt, et plus tard celui de mademoiselle Duchesnois; c'est devant elle que le peuple élevait une barricade le 27 juillet 1830, pour s'opposer aux ordonnances et aux troupes de Charles X. L'église Saint-Roch, disons-nous, qui renferme les cendres du grand Corneille, fut érigée d'après les dessins de Mercier et de Cotte ; elle a son portail élevé au-dessus d'un grand nombre de marches, qui lui donnent plus de majesté et un caractère imposant bien convenable à un temple ; il est orné de deux rangs de colonnes doriques et corinthiennes, surmontés par un pédiment et une croix. Le corps de l'église est légèrement cruciforme; son ordonnance intérieure est dorique. La longueur de la nef est de 30 mètres, celle du chœur de 23 mètres ; la largeur de 13 mètres. Vingt piliers, ornés de pilastres doriques revêtus de marbre à leur base, soutiennent la voûte de la nef; quarante-huit piliers engagés supportent ses bas côtés; dix-huit chapelles leur servent de ceinture jusqu'au rondpoint ; trois grandes chapelles sont placées en arrière, deux autres sous la croisée, et deux enfin sont adossées aux piliers de l'entrée du chœur. La chaire de l'église, exécutée sur les dessins de Challes, est d'une grande richesse ; les quatre Vertus cardinales la soutiennent, et les panneaux sont ornés des Vertus théologales : un rideau représentant le voile (Je l'Erreur s'étend au-dessus, et un génie s'efforce de l'arracher : toutes ces figures sont dorées. Devant la chaire est un tableau de Jésus-Christ en croix. Un des piliers qui supportent la galerie de l'orgue offre un basrelief où paraît la tête de Pierre Corneille, mort près de Saint-Roch, dans la rue d'Argenteuil, en 1684, monument érigé en 1821 par le duc d'Orléans, plus tard Louis-Philippe ; et sous le pilier correspondant on lit les noms de

personnages illustres inhumés dans Téglise, entre autres celui de Fabbé de TÉpée, fondateur de Tinstitution des Sourds- Muets. Deux chapelles, dans Tailc droite, renferment les tombeaux du cardinal Dubois, du duc de Créqui,de Mignard et de Lesdiguières ; à gauche sont ceux de Maupertuis, du maréchal d'Asfeld, de Le Nôtre, de madame Deshoulières, de madame Lalive de Juilly et du comte d'Harcourt. La chapelle des fonts baptismaux contient un groupe en marbre blanc du Baptême du Christ, par Lemoine. Dans la chapelle de Saint- Louis est un curieux tableau offert par les chevaliers de Saint-Louis. La chapelle de la Vierge, située derrière le chœur et bâtie en 1700, a une forme circulaire ; elle est ornée de pilastres corinthiens, et couronnée par une coupole peinte à fresque représentant YAs^ somption, par Pierre : c'est un de ses meilleurs ouvrages. A rentrée on remarque la Résurrection de la fille de Jaïre, par Delorme; la Résurrection de Lazare, par Vien; le Triomphe de Mardochée, par Jouvenet ; Jésus bénissant les enfants, par Vien. Deux portes étroites et basses introduisent dans la chapelle la plus reculée, qui n'offre rien de particulier. Enfin l'église Saint-Roch, quoique peu remarquable en elle-même, est une des plus riches de Paris. Cependant elle a ceci de bizarre que son clocher est presque entièrement isolé du temple.

L'église Saint-Roch a la meilleure musique religieuse de la capitale ; vient ensuite, sous ce rapport, celle de l'église Saint-Ëustaclie.

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