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CATHERINE DE MEOICIS COMMENCE LES TUILERIES

Et à droite :

1852-l»ô7. NAPOLÉON m RÉUNIT LES TUILERIES AU LOUVRE.

C'est en effet sous Napoléon III qu*a été achevée la jonction du Louvre aux Tuileries. Napoléon P"^ n'eut pas le

Le Louvre, vu de la place Napoléon III.

temps de l'opérer. Après avoir achevé la cour du vieux Louvre, il fit commencer une aile qui, partant du pavillon de Marsan au côté septentrional des Tuileries, devait être soudée à un pavillon établi presque en face du Palais-Royal, et maintenant détruit. En 1848, le gouvernement provisoire décréta rachùvenv3nt du Louvre. Cette œuvre a été terminée sous l'Empire par la construction des divers pavillons qui entourent la place Napoléon III, construction dirigée d'abord par M. Visconti et ensuite par M. Lefuel. De ces divers pavillons, le plus remarquable est celui qui, percé d'un grand vestibule, met la place Napoléon III en communication avec la place du Palais-Royal ; c'est le pavillon de Richelieu.

La façade du pavillon de Richeheu, sur la rue de Rivoli,

par ses panneaux sculptés, rornementation des fenêtres et de la frise, rappelle rarchitecture de la fin du seizième -siècle.

En somme, du côté de la place Napoléon III, Tordonnan*

cernent consiste en six pavillons, outre celui de Sully qu'on a simplement restauré et qui a une seconde façade sur la cour carrée. Du côté de Teau, ce sont le$ pavillons Daru^

Denon de Mollien; en face, du côté de la rue de Rivoli, les pavillons Colbert, Richelieu, Turgot. Ils sont richement décorés de cariatides, de groupes allégoriques et d*ome-

mentations. Ceux du centre sont beaucoup plus vastes que que ceux des angles. Es sont reliés au rez-de-chaussée par une galerie «ouverte à Tintérieur. Le premier étage

est en retrait sur des terrasses qu'on a décorées de statues d'hommes célèbres en tous les genres.

A l'ouest de la place de Napoléon ÏII, et sur la ligne qui la sépare de la place du Carrousel, se trouve, du côté de la rue de Rivoli, le remarquable pavillon de Rohan.

Ce pavillon fait pendant au pavillon de Lesdiguières, qui

Nouveaux guichets Uu Louvre (entre lei pavilUm Lesdigaiéres et It Tréffloille).

se trouve, du côté du quai, à peu près en face du pont des Saint-Pères. Entre le pavillon Lesdiguières et le pavillon de la Trémoille, pavillons surmontés de campaniles, ont été récemment pratiqués de nouveaux et magnifiques guichets. Ils consistent en trois spacieuses baies cintrées pour la circulation des voitures, indépendamment de deux passages contigus aux pavillons de Lesdiguières et de la Trémoille, et qui sont réservés aux piétons.

Du côté du quai, deux statues colossales accostent la baie centrale ; elles représentent, Tune la marine marchande,

Tautre la marine militaire. Ce sont deux femmes debout sur la proue d'un navire, et dont le corps est enveloppé de larges draperies. La marine militaire tient dans sa main droite un glaive et dans sa main gauche une palme. A ses pieds sont de petits génies. La marine marchande a dans sa main gauche une palme et dans la main droite un flambeau. Ces deux statues sont Tœuvre de M. Jouffroy ; elles sont accompagnées de figures d'enfants.

La bibliothèque, qui se trouvait dans ies galeries septentrionales du nouveau Louvre (pavillon Richelieu), a été entièrement brûlée dans les événements de mai 1871; il n'en reste ni un volume, ni un seul manuscrit. Heureusement, il a été possible de préserver les divers musées. Il nous reste à les passer en revue. On les distingue sous les noms de : Musée des tableaux des écoles italienne, flamande et française, Musée des gravures, Musée des antiques, Musée grec et égyptien. Musée assyrien, Musée algérien. Musée américain, Musée naval. Musée Standish, Musée de la sculpure moderne. Musée de la Renaissance, Musée des souverains, Musée Campana.

Le musée des tableaux des écoles italienne, flamande et française occupe la partie de Faile droite du Louvre bâtie sous Henri II et Charles IX, ainsi que toute la longue galerie du bord de l'eau jusqu'aux Tuileries. On y arrive soit par le grand escalier de la grande entrée du musée, soit par la porte d'à côté, oii se trouve le concierge. Le grand escalier, construit d'après les dessins de Fontaine, est une des plus riches parties du Louvre. Les degrés s'élèvent entre deux murs surmontés à chaque extrémité par des arches reposant sur des piliers en marbre. La voûte et les murailles sont peintes et ornées avec une rare splendeur. Les colonnes, au nombre de vingt-deux, sont d'ordre dorique, et partie en marbre flamand et partie de Clairfontaine. A son milieu, l'escalier se divise en deux branches : l'une conduisant aux appartements de la cour, et l'a la longue galerie. La première salle du musé^ quelques-unes des anciennes peintures; la su

pelée le yrand salon, est une des plus vastes et des mieux éclairées que Ton puisse rencontrer nulle part. Elle contient les tableaux de grandes dimensions, et qui ont le plus besoin de lumière. Vient ensuite la galerie longue de 444 mètres, large de 14, et éclairée tantôt par la voûte, tantôt par des croisées. Les murailles, de chaque côté, sont couvertes de tableaux des trois écoles ; on en compte environ 1,400, dont 380 de Fécole française, 540 de Técole flamande et 480 de Técole italienne. Cette collection fut principalement formée sous le règne de Napoléon I«', qui, durant ses conquêtes, Tenrichit des chefs-d'œuvre de l'art, dipersés dans les capitales de l'Europe. Les souverains étrangers lui en reprirent un bon nombre en 1814 et 1815. Néanmoins, telle quelle est restée, cette collection passe encore pour une des plus belles du monde.

Une suite à la galerie des tableaux dont nous venons de parler se présente au delà de la galerie d'Apollon; cette suite, qui porte le nom de galerie française, se compose exclusivement de tableaux de peintres français. Elle se termine aux appartements de Henri IV, dont la chambre à coucher existe dans son état primitif, et elle est suivie ellemôme du salon de Henri II, qui avoisine la galerie espagnole.

Le H'jLsée des tableaux de Vécole espagnole, établi au premier étage, dans la partie orientale, est un des plus récents; il n'a été ouvert qu'en 1837. La collection faite en Espagne par le baron Taylor, d'après les ordres de Louis- Philippe, a coûté près d'un million de francs. Elle renferme de magnifiques peintures au nombre d'environ 450.

Le Musée des souverains est une collection d'objets ayant appartenu aux princes de différentes familles royales et impériales.

Le Musée des dessins, déposé dans les pièces du premier étage du vieux Louvre ou de la partie occidentale du palais, contient de nombreux échantillons des œuvres des grands maîtres de toutes les écoles, entre autres environ 370 dessins italiens, 220 dessins flamands et hollandais,

700 dessins français et divers dessins espagnols ; ' en tout environ 1,300 dessins, devant lesquels les jeunes artistes viennent souvent s'inspirer.

Le Musçe des gravures y dit aussi chalcographie à}i'Loviyv^^ renferme une magnifique collection de gravures, qui se vendent au public à des prix assez modestes. Un catalogue indique le prix de vente.

Le Musée des antiques, dont Tentrée est par le vestibule au pied du grand escalier, occupe une série d'appartements, au rez-de-chaussée, où se tenait Anne d'Autriche. A l'extrémité, du côté de la rivière, est la salle de Diane, ainsi nommée à cause d'une statue célèbre de cette déesse, aujourd'hui placée au premier étage. Au côté oriental du vestibule, une autre suite d'appartements, qui conduit vers l'est, renferme aussi de belles statues; la salle des Cariatides, qui en dépend, doit son nom aux cariatides colossales de Jean Goujon qui s'y trouvent. Celte vaste collection d'antiques ne date que de 1797 à 1803, et fut ouverte au public sous le titre de Musée Napoléon, titre qu'elle perdit à la chute du premier Empire.

Le Musée grec et égyptien occupe le premier étage du côté méridional de la cour du Louvre ; il date du règne de Charles X. Il contient surtout une magnifique mosaïque^ dans le centre de laquelle se trouve un grand vase en marbre sur un piédestal, copié d'après l'antique. Il y a aussi un vase arabe qui fut donné à saint Louis lors des croisades; un grand nombre de camées, de coupes, de médailles; des antiquités étrusques et du midi de l'Italie ou de la Grèce ; des vases, des instruments et des tombeaux égyptiens, etc., etc. L'amateur est frappé de la richesse de ces collections diverses.

Le Musée assyrien fait face au précédent.

Le Musée algérien est placé sous la colonnade xîu côté du midi.

Le Musée américain ou ethnographique est du côté de la rue de Rivoli, en face du musée de la Sculpture.

Le Musée naval, au second étage, du côté septentrional

de la cour du Louvre, contient des modèles de navires, des armures, des canons, des costumes des îles de la mer du Sud et de TAmérique; il offre également les débris du naufrage de la Pérouse, rapportés, une partie par le capitaine anglais Dillon, et le reste par le célèbre et infortuné Dumont-d'Qrville. A ce musée, qui contient aussi des plans en relief de plusieurs places et arsenaux maritimes de France, doit être réuni le musée Standishj composé d'environ 200 tableaux offerts au roi Louis-Philippe, en 1841, par un lord de ce nom.

Le Musée de la sculpture moderne est dans la salle du rez-de-chaussée de la portion septentrionale du vieux Louvre, et rentrée en est par le vestibule du pavillon de Sully. Il consiste en cinq pièces ou places principales, et contient un grand nombre de statues de nos plus habiles sculpteurs.

Le Mmsée Sauvageot ou de la Renaissance est situé au premier étage, escalier N.-E. du palais. Il contient la réunion des anciennes collections du Musée, de celles qui lui ont été données en 1856 par M. Ch. Sauvageot, et les faïences italiennes feisant partie du Musée Napoléon IIÏ.

Le Musée Napoléon III ou Musée Campana se compose de Tancienne collection Campana, acquise en 1861 dugou vernement romain pour la somme de 4,360,000 francs, el de quelques antiquités rapportées dans ces derniers temps de Macédoine et de Syrie. — Ce musée est au premier étage du Louvre et occupe plusieurs salles, parmi lesquelles une des mieux éclairées renferme la collection de tableaux légués au Louvre en 1859 par M. Lacaze.

Outre ces collections, un nouveau petit musée a été récemment ouvert au rez-de-chaussée du Louvre, à droite de rentrée du Musée des Sculpteurs de la Renaissance, si riche et si inconnu des Parisiens. C*est le Musée des Sculptures du moyen âge. Il contient six sarcophages en pierre ouvragée dans le style du temps; un grand bassin en marbre, cannelé à Tintérieur, et qui était un fonts baptismal; 22 inscriptions sur pierre; 16 vases lampadaires en terre cuite; une colonne en marbre; puis une superbe mosaïque,

mesurant 5 mètres carrés ou 25 mùtres environ de superficie. C'est la pièce capitale de cet intéressant petit musée.

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