‹ Guide universel et complet de l'étranger dans ParisChapitre 68 sur 273 · II. — Palais du Louvre · texte numérisé non relu

II. — Palais du Louvre

Ie>r ARRONDISSEMENT.

(Ouvert tous les jours de io à ^ heures, excepté le lundi.)

Dans les premiers temps de la monarchie française, il existait, dit-on, un château servant de résidence royale, sur le lieu même oà l'on voit aujourd'hui le palais du Louvre. C'était, sous Dagobert, une maison ou espèce de rendez-vous de chasse, car une forêt l'environnait alors. Philippe-Auguste changea ce lieu en forteresse ; il habita la grosse tour du Louvre, qui, avec sa ceinture de mure secondaires, devint le centre de la puissance féodale devant laquelle les hauts barons prêtaient foi et hommage, et dans laquelle aussi on enfermait ceux d'entre eux qui se montraient récalcitrants. A cette période, le Louvre se trouvait en dehors de l'enceinte de Paris. Charles V fit de nombreuses additions aux anciens bâtiments pour y placer la bibliothèque, y installer divers officiers de la cour, et y loger les princes étrangers ou personnages de distir qui venaient visiter Paris. Ce monument toni ruines lorsqu'on 1528 François I«»* le fit abattre,

son architecte, Pierre Lescot, de construire à la place un palais digne d'un roi de France. La partie qu*onvoit encore aujourd'hui en façade à Touest et au sud-ouest de la cour carrée fut élevée par cet architecte et décorée de sculptures par Jean Goujon sous François pf et principalement sous Henri IL On regarde cette partie du Louvre comme un des plus beaux travaux de le Renaissance. On montre, du côté qui regarde la Seine, un balcon d'où Charles IX, aurait tiré, suivant une tradition erronée, sur les protestants, lors du massacre de la Saint-Barthélémy en 1572. La partie du Louvre dont dépend ce balcon a été construite par Catherine de Médicis, mais non plus sur les plans de Pierre Lescot ; elle est, croit-on, l'œuvre d'un nommé Chambiche, et se distingue de la première par le mélange de la pierre et de marbres divers. Henri IV fit achever la partie sud-est de l'édifice, et commencer la grande galerie sur les bords de la Seine, galerie si remarquable par l'heureux ensemble des motifs et la perfection des détails. Sous Louis XIII, l'architecte Lemercier, voulant donner un pendant vers le nord à l'œuvre de Pierre Lescot, eut l'idée d'enclore la cour du Louvre, mais il ne parvint à élever que le pavillon de l'Horloge (pavillon central de la façade de l'ouest). Louis XIV, d'après les conseils de Colbert, adopta les dessins de l'habile médecin Perrault, qui, en i668, construisit à l'est le magnifique péristyle actuel, appelé colonnade du Louvre.

Cette colonnade, sur un développement de 142 mètres, se compose de trois avant-corps et de deux péristyles élevés sur un soubassement. La hauteur totale de la façade est de 28 mètres. Les avants-corps latéraux sont ornés de pilastres et de colonnes corinthiennes. L'avant-corps du milieu est lié, au nord et au sud, par deux péristyles composés chacun de douze colonnes corinthiennes, derrière lesquelles règne une galerie. Cet avant-corps a lui-même huit colonnes analogues et un fronton au-dessus de la porte d'entrée. Celle-ci est enrichie d'un bas-relief de Cartelier, représentant la Renommée montée sur un char conduit

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par des génies et distribuant des couronnes. Le timpan du fronton est orné d'un bas-relief de Lemot, exécuté en 1811. Devant la colonnade, en bordure de la rue du Louvre, s'étendent des parterres qui se prolongent du côté du quai et du côté de la rue de Rivoli.

La façade septentrionale du Louvre, du côté de la rue de Marengo, était demeurée depuis un demi-siècle sans toiture. Napoléon V" la fit achever. La façade méridionale (côté de la rivière) est décorée d'un fronton représentant deux Muses portant les attributs des sciences et des arts. Quant au côté des Tuileries, il est en partie masqué par les galeries de jonction du Louvre aux Tuileries ; la façade du centre est seule libre, et représente des trophées d'armes ; le fronton intérieur, sur la cour, est occupé par l'horloge du Louvre.

Colonnade du Louvre.

La forme de la cour du Louvre est un carré, dont c haque côté a 136 mètres de longueur. Trois des façades ir offrent chacune six avan^corps. Sur le fronton j" iine Bfinerve encourageant les sciences et lej

du sud montre le génie de la France, et celui du couchant les armes de France et des figures allégoriques. La façade intéiieure du vieux Louvre représente, à gauche du pavillon de THorloge, la Pitié, la Victoire, la Renommée, la Force; à droite, la Législation, sous Temblème d'une femme tenant les tables de la loi. Au-dessous de l'attique sont l'image de la Victoire et celle de l'Abondance, les figures de la Force et de la Sagesse, du Nil et du Danube. Dans le pavillon de l'angle est une femme ailée tenant une trompette et une lyre, comme emblème de la poésie épique, environnée de deux génies et des bustes d'Homère et de Virgile.

Les entrées du vieux Louvre sont fermées par des grilles, à l'exception de l'entrée qui donne sur la rue du Louvre, et qui est fermée par des portes de bronze dues à l'empereur Napoléon P"^. C'est par la porte occidentale, c'est-àdire du côté des Tuileries, que fut rapporté Henri IV, atteint du poignard de Ravaillac. On cite, à l'occasion de ce régicide, un beau. mot de Sully. La reine s'était écriée au bas de l'escalier : « Le roi est mort 1 — Non, madame, répondit le ministre, il monte les degrés ; le roi ne meurt point. »

En sortant de la cour carrée du Louvre par le pavillon Sully ou pavillon de VHorlogey qui regarde les Tuileries, on se trouve sur la place Napoléon III. Elle est encadrée : au nord et au sud par les constructions du nouveau Louvre, qui relient l'ancien palais aux Tuileries, et à l'est par le pavillon Sully, dont la décoration a été mise en harmonie avec le style général du dernier édifice.

Au-dessus du guichet du pavillon Sully, on lit en lettres d'or sur plaques de marbre noir, à gauche :

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