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IV. — Palais et galerie du Luxembourg

RUE DE VAlGIRAnD, VI^ ARROUDISSEMEKT.

(Ouvert tous les jours, de iO h. à 4 h., excepté le lundi.)

Le palais que nous allons décrire a porté, suivant les temps, différents noms: palais d*Orléans, du Luxembourg, du Directoire, du Consulat, de la Chambre des pairs, du Sénat. Dans le langage usuel, il a toujours conservé sa vieille dénomination de palais du Luxembourg.

Il fut construit, en 1615, par Marie de Médicis, régente de France, à Tinstar du palais Pitti de Florence, résidence ordinaire du grand-duc de Toscane. Il fut successivement agrandi sous le premier Empire et sous le règne de Louis- Philippe. D se distingue par la beauté de ses proportions, sa parfaite symétrie et sa solidité. Le principal corps du bâtiment et ses autres parties offrent trois ordonnances : Fune toscane, au rez-de-chaussée ; l'autre dorique, au i**" étage ; et la troisième ionique, au 2« étage.

La cour d'entrée, longue de 120 mètres et larges de 70, a une principale entrée sur la rue de Tournon, et présente de ce côté, à ses extrémités, deux pavillons, pendant que le milieu, au-dessus de la porte, en offre un autre avec un dôme orné de statues, et montrant, de chacun de ses côtés, deux terrasses pareilles. Sur le jardin, le nouveau pavillon de THorloge a sa partie supérieure ornée de six figures allégoriques, TÉloquence, la Justice, la Patience, a Guerre, TArmée et la Force, avec d'autres figures de

Génies, couronnées par Thorloge môme, et par la Renommée en bas-relief. Le grand escalier, dans Taile droite de la cour, est orné d'un beau rang de colonnes, entre lesquelles sont des trophées et des statues.

Cet escalier nous conduit à différentes salles : salle des gardes, salle des messagers d'État, salle du trône, etc., salle des séances, bibliothèque. La salle du trône est décorée de tapisseries des Gobelins, et offre un beau portrait en pied de Louis-Philippe. La salle des séances

Palais du Lux.embourg.

restaurée après Tincendie de 1859, est un double hémicycle pouvant contenir environs trois cents membres. Derrière le fauteuil du président, se voient sur la muraille les bustes de Turgot, d'Aguesseau, THospital, Colbert, Matthieu Mole, Malesherbes et Portalis, et vers les tribunes des maréchaux Masséna, Lannes, Gouvion Mortier. La fresque est d'Abel de Pujol. Lesj

salie sont sculptées sur bois de chêne. Les tribunes sont richement décorées et en harmonie avec le reste de la salle.

Sur la cour du palais et dans le centre, on pénètre par un vaste péristyle à un rez-de-chaussée un peu élevé audessus du sol. A droite de ce péristyle sont les appartements conservés ou restaurés de Marie de Médicis; on y remarque plus particulièrement le salon et la chambre à coucher de celte princesse. En 1793, ils étaient occupés par le comte de Provence ; lorsqu'il dut les .abandonner à l'approche de la Terreur, il en fit démonter toutes les parois et enlever tous les ornements, qui furent soigneusement cachés dans les combles du Louvre, d'où ils ont été retirés en 1814 à l'avènement de ce prince au trône sous le nom de Louis XVIU. Les panneaux de la chambre à coucher ont été peints par le Poussin, le cintre du plafond Ta été par Rubens, et huit compartiments sont dus à la palette de Philippe de Champaigne.

Au premier étage de l'aile orientale du palais se trouve le musée du Luxembourg. On y entre par la porte située dans l'angle Nord du palais du Luxembourg, à côté de la grille qui s'ouvre en face de l'Odéon dans la rue de Vaugirard. Il contenait primitivement vingt-quatre grands tableaux de Rubens, représentant l'hisloire allégorique de Marie de Médicis, peintures qui depuis sont allées enrichir la grande galerie du Louvre. Il est aujourd'hui réservé exclusivement aux œuvres des artistes vivants. Le plafond de la grande galerie est orné de treize tableaux, dont l'un, le Lever de V Aurore j est dû au peintre Gallet, et les douze autres, représentant les douze signes du zodiaque, à Jordaens.

Le jardin du Luxembourg fut d'abord planté et aligné d'après les plans de l'artichitecte Jacques Debrosse, lors de la construction du palais. li a été plus tard augmenté par des terrains dépendant de l'ancien couvent des Chartreux, puis rétréci en 1862 et en 1866. Le parterre qui fait face ;iu palais a son centre occupé par un bassin ociogone d*un irès-bel effet. Une terrasse ombragée mène, à j^auche, à

la porte qni fait face au Panthéon, et une vaste promenade également ombragée, à droite, mène à la rue Bonaparte. Une large et longue avenue avec un double rang d*arbres, et qui date de 1795, part du bassin et conduit à l'Observatoire. Les nombreuses statues qui se voient çà et là dans le jardin méritent peu d'attention, sauf la Velléda, de Maindron, et une statue du peintre Lesueur.

L'ouverture de la rue de Médicis a fait déplacer la fontaine de Médicis, construite par Jacques Debrosse. Elle éait autrefois adossée à un mur et n'avait par suite qu'une seule face. Aujourd'hui elle présente deux faces : l'une, l'ancienne face, regarde le palais du Luxembourg, et l'autre regarde la rue de Médicis. L'ancienne face renferme trois niches ornées de statues dues à M. Ottin. La statue du milieu représente Polyphème prêt à écraser Galatée et Acis. Les fûts des quatre colonnes et l'intérieur des niches représentent des stalactites. L'autre face de la fontaine (celle qui regarde la rue de Médicis) est décorée d'un basrelief du sculpteur Valois, exécuté en 1806 pour une fontaine érigée au coin de la rue du Regard, et que le percement de la rue de Rennes a emportée : ce bas-relief représente Léda et Jupiter métamorphosé en cygne.

L'ancienne orangerie se trouve à Touest du jardin, vers le Petit-Luxembourg; en 1861, on a construit une nouvelle et vaste orangerie près de l'École des Mineâ.

Le Petit-Luxembourg, situé sur la rue de Vaugirard et contigu* au palais même du Luxembourg, remonte à Fan 1629. Il fut construit par l'ordre du cardinal de Richelieu, qui l'habita quelque temps et ne le quitta que pour aller occuper le Palais-Royal. Cet hôtel, dans la Révolution, de 1796 à 1799, a été le siège du gouvernement directorial. Il est Hé au palais même par une cour et des jardins. Du côté du jardin, une simple grille sépare de la partie laissée au public celle qui appartient au Petit- Luxembourg.

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