V. — Palais-Bourbon
QUAI d'ORSAY et RLE DE L'LNIVERSITK, V1I« ARRONDISSEMENT.
(Visible tous les jours, de 8 h. du m. à 5 h.)
Le Palais-Bourbon fut érigé en 1722 par la duchesse, douairière de Bourbon, d'après les dessins d'abord de Girardini, ensuite du célèbre Mansard. Le prince de Condé, auquel il passa en toute propriété, le fit agrandir, et il reçut de nouveaux accroissements sous Napoléon I*»". La Révolution le laissa inoccupé jusqu'en 1795. Depuis lors il est devenu le siège des diverses assemblées législatives qui se sont succédé (Conseil des Cinq-Cents, Corps législatif,
Palais-Bourbon (façade du cdté du quai).
Assemblée nationale constituante et législative, Chambre des députés, etc.).
Le Palais-Bouri)on a deux façades, Tune du côté du quai, Fautre sur la rue de l'Université. Le frontispice ou fronton du palais qui se trouve du côté du quai, en face le pont de la Concorde, est en ligne directe avec le fronton de la Madeleine dont la perspective est coupée par Tobélisque de Louqsor et les deux fontaines.
Cette façade, de 34 mètres de largeur, se compose de 12 colonnes corinthiennes, hautes d'environ 10 mètres, et au-dessus desquelles repose le bas-relief allégorique sculpté par Cortot. Le fronton entier a 25 mètres de long et 5 mètres 1/2 de hauteur au vertex. Au milieu est la figure de la France, haute de 5 mètres, reposant sur un piédestal et tenant d'une main la Constitution ; à ses côtés se trouvent la Force et la Justice ; à sa gauche est un groupe de figures personnifiant la Navigation, la Marine, l'Armée, l'Industrie et la Paix; à sa droite sont le Commerce, l'Agriculture, l'Éloquence, les Arts, les rivières personnifiées de la Seine et de la Marne. Sur le perron est placée à gauche la statue colossale de Thémis ou de la Justice, par Houdon, et à droite celle de Minerve ou de la Sagesse, par Roland. Les quatre autres statues qui ornent le bas du perron placées sur des piédestaux d'assises, représentent, à gauche, Sully, par Beauvallet, et Colbert, par Dumont ; à droite, le chancelier de l'Hospital, par Deseine, et le chancelier d'Aguesseau, par Foucou.
L'entrée principale est sur la rue de l'Université, laquelle, en cet endroit, offre une belle place avec statue en marbre de la Loi. La cour d'entrée est vaste et grandiose ; aux ailes de chaque côté, sont les bureaux du Corps législatif ou les logements des questeurs et des employés. Le péristyle est orné de quatre colonnes corinthiennes, et la pièce d'attente offre les quatre statues de Mirabeau, Casimir Périer, Bailly et du général Foy. Il y a aussi deux bas-reliefs de Triquetty; à droite de cette salle d'attente est la salle des distributions des imprimés, et à j salon orné de peintures à fresques représentantj des fleuves ou rivières, savoir : le Rhin, le Rli
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la Seine, la Garonne, la Loire , plus la Méditerranée.
La salle des séances du Palais-Bourbon est demi-circulaire, ornée de vingt colonnes en marbre blanc d'ordre ionique. Le siège du président forme le centre de Taxe du demi-cercle, d'où s'étèvent en gradins les bancs des députés, pour devenir une sorte d'amphithéâtre jusqu'à la base qui supporte les colonnes. Le tout est décoré de tentures et de dorures. Entre les colonnes se voient les deux statues de l'Ordre public et de la Liberté, par Pradier, et d'autres statues allégoriques, par Allier, Fayatier, Dumont et Desprès. On remarque entre autres celles de la Force, de la Justice, de la Vérité et de l'Éloquence. Un bas-relief par Pomand est placé sous le grand tableau ; il représente la France distribuant des couronnes. La tribune a aussi un joli bas-relief de Lemot. Des autres peintures sont d'Horace Vernet et d'Eugène Delacroix. Une double et spacieuse galerie, ornée de médaillons et pouvant contenir 700 personnes, se développe autour du demi-cercle ; il y a, de plus, des tribunes réservées pour le corps diplomatique, le conseil d'État, etc. Le plafond est orné d'arabesques avec jour dans le centre par le haut. Plusieurs bancs de devant et en face du bureau sont réservés pour les ministres et les commissaires du, gouvernement. De chaque côté, un peu dans le coin, se tiennent les sténographes ou les secrétaires- rédacteurs. Une double entrée, de chaque côté du bureau, facilite la circulation et les allées et venues des députés et des huissiers. On a fait dans cette salle, pour les séances du soir, le premier essai d'éclairage à réflecteurs, sans lustre ni candélabres apparents.
La salle des Conférences est ornée d'une belle statue de Henri IV et de plusieurs drapeaux enlevés aux Autrichiens dans les guerres de l'Empire, ainsi que de deux grands tableaux représentant, l'un le siège de Calais, par Scheffer, et l'autre la résistance du président Mole aux ligueurs, par Vincent.
Après la salle des Conférences vient la Bibliothèque,
eomposée de plus de 60,000 volumes, la plupart d'histoire, de législation et de littérature, et possédant plusieurs manucrits rares, tels que la Nouvelle Héloise et les Confessions, de J.-J. Rousseau; le Te7cma^ue, de Fénelon. Les peintures sont d'Eugène Delacroix.
Enfin la salle d'attente ou des pas perdus est voisine de la salle des Séances ; elle est affectée aux communications qui peuvent être faites à MM. les députés par des personnes étrangères à la Chambre, et c'est aussi par là qu'entre et que sort le bureau de la Chambre, composé du président, des vice-présidents et des secrétaires. Cette salle a -deux groupes curieux, le Laocoon et le Virginius immolant sa fille pour la sauver de Vignominie,
Il y a une tribune entièrement ouverte au public ; il y a aussi des places réservées à la disposition des membres de l'Assemblée.
L'hôtel de la présidence est contigu au palais. Les salons en sont vastes et bien décorés, mais sans offrir rien de particulier ; il faut cependant citer le jardin sur lequel ils ont vue, et qui présente de belles avenues.
VL —Palais du quai d'Orsay.
QUAI D'ORSAT et rue DE LILLE, VII« ARRONDISSEMENT.
(Incendié.)
Le palais du quai d'Orsay fut commencé sous l'Empire et sous le ministre de l'intérieur Champagny, duc de Cadore : il devait être occupé par le ministre des relations extérieures. Les travaux, quelque temps suspendus à cause des dernières guerres impériales, furent repris sous la Restauration. Charles X affecta l'édifice à l'exposition des produits de l'industrie française, et les travaux se continuèrent sous la direction de l'architecte Lacornée. Après la révolution de juillet 1830, M. Thiers, devenu ministre des travaux pubhcs, fit ajouter un second étage à l'édifice, dans la vue d'y placer son ministère ou celui
de rintérieur. L'étage ajouté et le palais complètement terminé, une nouvelle destination lui était réservée. En effet, il fut attribué à la Cour des comptes et au conseil d'État.
L'édifice consiste en une vaste cour entourée par quatre magniques ailes de bâtiment ; il y a, de plus, deux petites
Palais du quais d'Orsay.
cours formant, avec leur corps de logis, les ailes de la masse principale du palais. L'entrée d'honneur est par la rue de Lille, sur laquelle elle offre deux portes grillées, pour les voitures, et deux entrées pour les ailes, où se tiennent, d'un côté, au sud-ouest, le concierge de la cour des comptes, et de l'autre, au sud-est, celui du conseil d'Étal. Il a, de plus, une entrée par la rue Bellecbasse, et une autre par la rue de Poitiers- Le côté de la rivière présente une longue ligne de croisées formée par des arches sous une colonnade toscane, au-dessus de laquelle est une autre colonnade absolument pareille, mais de l'ordre ionique, et sur celle-ci plane un attique corinthien.
Le rezKie'Chaussée est flanqué, à ses deux extrémités, d'une balustrade en plate-forme conduisant à un jardin, et sur laquelle règne une grille en fer. La grande cour est entourée d'une double série d'arcades italiennes, au dessus desquelles sont- des galeriesw II y a quatre escaliers placés à chacun des coins de cette cour.
Le rez-de-chaussée du palais a été affecté jusqu'ici au conseil d'État, et le premier étage à la Cour des comptes.
Ce palais a été incendié par la Commune dans les journées de mai 1871.
Les archives de la Cour des comptes, placées dans les combles, ont été entièrement anéanties par l'incendie.