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PLACE DU MÊME NOM, II« ARRONDISSEMENT

Les réunions quotidiennes des banquiers et négociants de Paris se tinrent d'abord à Fhôtel Mazarin, au coin de la rue Vivienne. C'était en 1724, durant le règne du fameux Law ; elles continuèrent ainsi jusqu'à la révolution de 1789, où elles eurent lieu d'abord dans l'église des Petits-Pères, puis au Palais-Royal. Un décret du 16 mars 1803 ordonna la construction du monument actuel sur l'emplacement de Tancien couvent des Filles-Sain l-Thomas. Ce monument, commencé le 24 mars de la même année, par Brongniart, continué par Labarre, fut terminé seulement en 1827 et acheté à la ville par l'État en 1829.

Ce monument est un parallélogramme long de 60 mètres et large de 41 mètres. L'édifice est environné de soixantesix colonnes corinthiennes élevées sur un soubassement haut d'environ 3 mètres. Ces colonnes ont 1 mètre de diamètre et 14 mètres de hauteur. Ce péristyle supporte son entablement et un attique, et forme autour de l'édifice une galerie couverte, à laquelle on arrive par deux perrons de seize marches occupant toute la largeur des deux faces orientale et occidentale. Ces deux perrons sont ornés de statues allégoriques. Les statues qui ornent le perron de l'ouest sont celles du Commerce, par Dumont, de la Jmticey par Bosio; celles qui ornent le perron de Test sont V Agriculture, par Seurre, et VIndustrie, par Pradio occidental, qui est le principal, on arrive àjj

tibule communiquant aux salles particulières des agents de change et des courtiers. Sur le front occidental qui regarde la place de la Bourse est une horloge éclairée la nuit.

La grande salle de la Bourse est au rez-de-chaussée et au centre de l'édifice ; elle a 38 mètres de long sur 25 de large : elle peut contenir 2,000 personnes, et elle est éclairée par le comble. Cette salle, pavée en marbre, est

La Bourse.

ornée de bas-reliefs représentant les opérations commerciales de la capitale. A son extrémité est le parquet des agents de change et des courtiers du commerce. On admire les grisailles qui ornent surtout les voussures de la salle de la Bourse ; elles sont la pluplart d'Abel de Pujol et de Meynier. Les sujets de ces diverses grisailles ou peintures sont des personnifications allégoriques fort ingénieuses. Au nord, c'est la France commerciale agréant les tributs de l'Europe et de l'Asie : ce sont les villes de Nantes et de

Rouen. Au front de l'entrée principale, c'est la ville de Paris offrant les clefs de la cité au dieu du commerce, et invitant la justice commerciale à entrer dans les murs qui lui sont ouverts ; ce sont les villes de Bordeau x et de Lille. A droite, c'est l'union du Commerce et des Arts qui amènent la prospérité dans l'État ; ce sont l'Afrique et l'Amérique, •les villes de Lyon et de Bayonne. Au-dessus de Pentrée, la ville de Paris reçoit de la nymphe de la Seine les produits de l'Abondance ; et à côté sont les villes de Strasbourg et de Marseille.

Les heures où se traitent las affaires de la Bourse sont de midi à trois heures ; mais la galerie est ouverte au public de neuf heures à cinq heures. Les dames n'entrent pas dans la galerie du rez-de-chaussée pendant que s'y traitent les affaires de Bourse; mais le matin, jusqu'à midi, elles peuvent monter à la galerie. Un commissaire, placé sous les ordres du ministre des finances, est spécialement attaché à la Bourse.

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