II. — L'Amphitéâtre romain de Pans
RUE M0N6E, V<i ARRONDISSEMENT.
Une tranchée pratiquée en 1870, dans la montagne Sainte-Geneviève, pour le percement de la rue Monge, a mis à découvert les ruines de Tamphithéâtre romain, dont les chroniqueurs avaient fait mention, mais dont l'emplacement était inconnu ; c'est sous l'ancien sol, entre la rue du Cardinal-Lemoine et la rue des Fossés-Saint- Victor, qu'on a trouvé enfouies, à 8 mètres de profondeur, ces ruines, les plus anciennes de Paris antique.
Il ne reste de l'amphithéâtre que le mur de l'enceinte intérieure, sur lequel s'étageaient les premiers rangs de gradins. Les travaux de déblaiement ont mis au jour la moitié de l'ovale formé par le contour du mur de soubassement.
L'arène, suivant l'usage romain, présente une ellipse légèrement déprimée, dont le grand arc a 56 mètres et le petit arc 4 mètres. On voit à une certaine distance de l'enceinte un massif de maçonnerie dont la position indique un reste de gradin. Le corridor d'entrée qui s'ouvre sur l'arène dans le petit arc est encore apparent.
A en juger par l'aspect de la construction, le monument remonte à la belle époque de l'art romain, au temps des premiers empereurs. Le mur a été construit en moellonnage entre deux revêtements de moyen appareil ; les pierres sont taillées symétriquement et disposées avec art, sans ces assises intermédiaires de briques plates qui appartiennent à la décadence. L'amphithéâtre, suivant un usage assez ordinaire, a été bâti sur le penchant de la colline. L'exposition est au levant, sur le versant du mont qui regarde la Seine.
L'emplacement où se trouvent ces ruines curieuses étant devenu une propriété particulière, il est à craindre qu'il n'en reste bientôt plus aucun vestige. Nous avons cru que c'était une raison de plus pour en fixer le souvenir.