‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 45 sur 115 · Arch. nat., X** 65, fol. 211, V, P. J. viii · texte numérisé non relu

Arch. nat., X** 65, fol. 211, V, P. J. viii

5. Bibl. nat., Dom Grenier, t. XX bis, fol. 19S [Compte perdu de Laurent Massé, receveur de Compiègne], P. J. lix.

ire îniervenir Pierre de Rieux, auquel H avait rendu des ser- "vfccs,et de qui il avait des lettres de fraicrnhc auprès de son oncle *. Rkhcmoni ne transigea pas, et, sans riniervention de Regnauh de Chartres ', qui se trouva là» fort à propos pour le sauver, il le faisait exécuter* Le connétable se contenta de le faire emprisonner % déléguant Jean de Groîssy et son neveu P. de Rîeux» pour signer un traité avec lui* Gutllaume de Flavy rendait la capitainerie de Compiègne : le connétable lui faisait jurer de ne jamais rentrer dans cette ville, sous l'obligation deiooooécus d'or, dont les frères de Guillaume répondaient pour lui. A ce prix il obtenait la vie sauve*.

La captivité de Guillaume de Flavy fut pleine de terreur : il était à tout instant menacé d'être exécuté ^. Il savait ses hlcns dilapidés, combien sa jeune femme et ses richesses étaient Tobjct de convoitises*. Quant au connétable, invoquant Tintérét supé-

t. Pierre de Rteux étant capitaine de Beauvnis, Guillaume de Flavy lui avait fait passer des vivres, et nvniircçudctuî un reçu de 7 000 à 8 000 francs, dont Pierre de Ricux n'uvait pas paru trop pressé de s'acquitter: Us dvaient également échangé des lettres de fraternité. (Arch.nat., X*" 34, P. J» uxxi), — Notice sur Pierre de Rioux, dans Anselme, Histoire généalogique^ vi, 806-807.

7, t Le chancclHcr qui le âceut en fut bien esbay et le rcquist comme son clerc, pour Tavoir. Et lui fut rcspondu que s'il estoit clerc, la mort des clercs cstoît de noyer. » (Arch. nat,» X*» 34, P. J. Lxxt.) — On voit quelle extension pouvait prendre au quinzième siècle le privilège du for, mais aussi ion peu d'cfticacité.

5. « Comme environ le mois de décembre. Tan mil CCCC trente six, nostrc très chicr et amc cousin, le conte de Richemont*.. cusl pnns et arrcstc en iKistrc villcde Compicngneno&trc bien améescuier d'escuieric, Guilïuumc de Flavy. » Rcmisôitm pour Guillaume de Flavy, r44i. (Arch, nal», U 446» foL 81» P. J. Lxvn.)

4. Lex conditioner do ce traité sont rapportées dans la plaidoirie de Luil- Ik; ;it,,X^ 14, P. J. txxi.) — n Ubi idem de Flavy cristens polopost

Ut ' ir, turrim et pontem Compendii predicto Connestabulario, in

faaiktbas pref«iti de Rieux, red[d]erc cuactus fucrat, 1» (Arch, nat., X«* 65» (ot lia, v», p. J. cviu.)

5« « Et le soir ou amena ung prcstre, cordes et le bourreau à la porte de la diasnbrp, cotnme si on le vouluit mener en la rivière. « (Arch< nat. X<* t%^ P, J. i.xtt*) « Quin ymo, ud dictum de Flavy carnifcx seu turtor, cum MCea et Cordis, pro cum submergeodo, et sacerdos, pro e)us confe«sionem SOdieoda, fUK$i fuerant* » {Arch. nat , Xa», 65, fol. 3t3, v, P. J. cvm»)

6, t Et phni R<xhcfoft Tarnoiset chevaulx de Flavy et s'en ala dehors... Et lui dfst on que advisast à son fait, car y avoit gens qui avoient envye de M lemme et de se* biens» Et quant les frères de Flavy le scurent prindrcnt M Ismmc et la menèrent dehors. Dit que Flavy .ivoit artillerie, lecircs et

rieur du pays, il faisait détruire par les gens de Compiègne, le château de Vailly, Tun des repaires de Guillaume *.

Le 10 décembre les habitants assemblés tombaient d'accord pour transporter l'office de Guillaume de Flavy au connétable de Richemont, confirmé le 1 3 de ce mois. Celui-ci reçut le serment de fidélité des habitants 2; mais Richemont ne put conserver longtemps cet office personnellement. Le i5 décembre, il déléguait pour son lieutenant, Henri deVilleblanche, et, le lo janvier 1437, le seigneur de Rostrenen'.

Quant à Guillaume de Flavy, il fut dans la suite relâché et se réfugia au château d'Offémont, chez son parent Guy de Ncsle*: ses biens étaient mis au pillage ^,

Les Bretons, laissés par le connétable de Richemont, ne surent conserver la faveur des gens de Compiègne. Ils n'arrêtèrent ni les courses ni les pilleries qui désolaient le pays, suscités peut-

autres biens meubles. Et tout fut prins et valoient de quarante à cinquante milles... » (Arch. nat., X2*24, P. J. lxxi.)

1. Bibl. nat., Dom Grenier, t. XX bis, fol. 188.— Les châteaux de Guillaume de Flavy étaient hérissés de machines de guerre, qui lui venaient sans doute de rartillerie bourguignonne abandonnée au siège de Compiègne. Cest ainsi que Richemont fit rentrer à Compiègne un a galiot à tour ». Cf. également une curieuse restitution de la veuve de Guillaume, Blanche d'Overbreuc, en mars 1452. (Arch. com. de Compiègne, CC 19, fol. 210, r», P. J. xcvi, et p. 67, n. 2.)

2. Ces dates sont données par le Mémoire à consulter sur Guillaume de Flavy J dans Procès^ t. V, p. Syo. L'office de capitaine était, à Compiègne, en principe, électif.

3. Bibl. nat., Dom Grenier, t.XX^w, fol. 188, P. J. lix. [Compte municipal de Compiègne, perdu] ; le 10 janvier, un grand banquet était offert pour rentrée de Rostrenen.il est qualifié en 1438 a chevalier, conseiller et chambellan du roi, lieutenant de Mons. le connestable » (Bibl. nat., fr., 325ii, fol. 52, V*]; en 1436, pendant le mois de décembre il était à Paris, lieutenant pour Richemont (fr., 325ii,fol. 377, v«); en janvier suivant, comme capitaine de Compiègne, il avait huit hommes d'armes et 24 hommes de trait; il quitta cet office pour aller vers Charles VII à Montpellier (fr., 325 11, fol. 3,v®); mention de Rostrenen commis « à la garde de la tour et chasteau de Compiègne et dix-huit hommes d'armes et dix-sept archers... »(fr., 325 1 1 fol. 378, v» [Extraits du compte d'A. Raguier]). — Villebl anche, seigneur de Broon, capitaine de Rennes et grand maître d'hôtel de Bretagne; il fut accusé d'avoir pris part à l'assassinat de Gilles de Bretagne. Sur ces deux personnages, cf. Pièces originales^ 2253 et 3oo5, la Chronique de Grucl, et Cosneau, le Connétable de Richemont.

4. Mémoire à consulter sur Guillaume de Flavy, dans Procès, t. V, p. 370.

5. Arch. nat., X**» 24, et X»* 65, fol. 212, v«, P. J. lxxi et cviii.

•être par GutUaume de Flavy*. Celui-ci, au contraire, avait conhMtrré dans Compiègne,des amis, des partisans : il fit, à son tour, [valoir le prix de sa protection.

C'est ainsi qu'au mois de mars 1437, avec l'aide de ses frères

et de la garnison tidèle de Compiègne, il rentrait par force dans

i ville. Avec une superbe audace, malgré son serment, au mépris

îu conntîîable, il s'emparait à nouveau de la capitainerie. Jean

Je VillebUnche et les Bretons étaient faits prisonniers, puis jetés

hors de la ville : Tun d'eux trouva la mort dans celte émeute '.

îuillaumcde Flavy encourait ainsi la restitution des 20000 écus

^d'or promis au connétable.

Les habitants de Compiègne obtinrent de Richemont une lettre d'abolition au sujet de cette affaire, le 4 novembre 1437*.

^ Guillaume de Flavy, ingénieux et féroce, trouva un excellent loycn d'échapper à cette restitution, de faire même sur le con» étable un assez joli bénéfice, 11 profila dcPoccasion qui lui fut offerte d'exercer Taniique droit Iât marque, de satisfaire à sa vengeance, et de selibérerdesadette*. Au retour de la campagne de Normandie, où Pierre de Rieux Ircnait d^appuycr Tinsurrection populaire de Charles des Marez I la tète des Cauchois révoltés '\ il devait se rendre vers le roi, à Paris, Il lui fallait passer TOisc : le chemin le plus naturel était k pont de Compiègne^. Le maréchal n*avait aucune raison de

U âiémoirè sur Guillaume de Flavy, dans Procès, t. V, p, 370.

». Rimission pour Guillaume de Flavy. (Arch, iial.,U 446, foLS^, P, J*

3, Arçiu com. de Compiègne. AA* n* 16, P. J. lx. -> L'extrait suivant de Bjr (a« compte d'A, Raguîer] montre que Richemont continua sa

atte cofitxc les piUards sans songer à poursuivre Guillaume de Fïavy.

I MoQs. Anar de Bretagne, conte de Richemont, conncstablc de France,

mesme cause [su porter les grans charges qu*tl lui a convenu de faire)

iu}c tscus d'or^ lui partant de Paris en mai, 1437, pour aller au paysdc

ipagne faire vider les piUeries. » (BibL nut.» fr, 325io, fol, 377*v».)

-c«e expédition « est pas rapportée par Grucï et par M. Cosneau.

4. ■ Iccllui Guillaume pour cestc cause cuidant par ce avoir accord et pets at'ec nosu% dit cousin. » <Arch. nat,, U 446, foL 83, P. /, Lxvn)

5. Chariier, t. !, p. 24? ; Bibl. nat., fr., 335 1 1, fol. 52, r^,

6, Lê^ ville Creîl avait été rendue aux Anglais le 38 juin 1434. Cf., à cette Hile, La confirmation du traité dans Arch. nat., JJ 175, n» 3j3. Georges^ ' Atard de Senneterre, l'avait rendue par composition à Jean, sire de Talbot.

31e fut reprise le 24 |uin 144 (•

se défier de Guillaume de Flavy^ Guillaume de Flavy fit honnêtement aller au devant du maréchal,rinvitant à passerparCompiègne etsy reposer*. Cétait un piège. Le maréchal de France futenlevé par Robinet L'Hermite, Robin LeRoy et Canny,avec ses serviteurs, son chapelain, ses chevaux, ses joyaux '.Au milieu de la nuit, on le transportait à Mortemer, à Pernant, puis à Compiègneoù, dans le gros donjon , il fut détenu huit à dix mois ; puis Guillaume de Flavy fit connaître aux parents de Rieux la cause de son arrestation et comment il espérait rentrer en grâce auprès du connétable, son oncle*.

Les parents de Pierre de Rieux allèrent trouver le roi, dont les délégués intervinrent sans résultat auprès de Guillaume de Flavy : ils s'adressèrent alors à Richemont, le priant de retourner à Guillaume de Flavy ses lettres d'obligation, moyen unique de recouvrer la liberté de Pierre de Rieux. Malgré son avarice, Taustérité de ses principes en matière de correction, le connétable remit aux parents de Pierre de Rieux, qui étaient aussi les siens, l'obligation de 20000 écus^. Madré, capitaine de Pont- Sainte-Maxence, la fit parvenir à Guillaume de Flavy*. Celui-ci ne permit même pas aux amis de Rieux de le visiter : il déclarait ne pouvoir le laisser sortir de prison que sur l'acquit d'une dette ancienne, peut-être problématique, de 4000 écus, contractée par Pierre de Rieux, durant son office de capitaine de Beauvais.

1. Le poursuivant de Rieux, pendant la campagne de Normandie, donnait à Compiègnc, le 4 juin 1435, des nouvelles de Rieux et de la reddition de MontivillierSy Fécamp ; le 4 juin 1436, le maréchal avait été reçu avec honneur par ville de Compiègiic; pendant la querelle de Richemont et de Guillaume de Flavy, il était intervenu auprès du connétable en sa faveur. (Bibl. nat., Dom Grenier, XX bis, 187, v©, P. J. lix.)

2. a Et quant il ot mis Tembuschc Flavy envoya dire audit mareschal que vensist soy refreschir en ladite ville de Compiègne. d (Arch. nat., X«» 24,

3. Arch. nat.,X2* 24, P. J.Lxxtet lxxii. Cette arrestation doit se placer en 1440, suivant l'inscription du monument expiatoire élevé à Compiègne. Cf. P. J. cix.— Rapiout place cette arrestation après le siège d'Harfleur (P. J. lxx), qui fut précisément levé au mois d'août 1440 {Chronique du Mont^Saint- Michel y t. I, p. 41.)

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