‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 81 sur 115 · Henri VI · texte numérisé non relu

Henri VI

3. Sur la situation de Reims, cf. Jeanne (TArc à ReimSy ses relations avec Reims^ ses lettres aux Remois, par H. Jadart (Reims, 1S87, in-8} ; en particulier au sujet d*une conspiration dans Reims en faveur du parti bourguignon, les lettres de Jeanne des 16 et 37 mars 1430 et l'extrait des mémoires de Pierre Coquault à propos delà conspiration du chanoine Konorati, p. 109 et suiv.

4. Henry VI débarqua à Calais, arrivant de Douvres, le dimanche 23 avril (Chronique anonyme, fr., 23oi8, fo'. 407, f-, Letters and papers, t. II, p. 140-141; Willelmi Wyrcester, Annales, p. 76o: Annales mon. Sancti Albanie 1. 1, p. 5o); il est à Rouen le 35 (Cochon, p. 3 10), à Paris le 26 (Journal d'un bourgeois, p. 353). Du 39 juillet 1430 à la fin de novembre 1341, Henry Vi séjourna à Rouen, d*où il se met en route pour son sacre à Paris. Le projet de Reims resta donc toujours sans effe't.

PIÈCES JUSTIFICATIVES ibj

lum et seron un grani reboutement de rauctoriié et puissance du roy, vcu les autres affaires, se le Roy et mondit seigneur de Bourgogne trouvoieni longue resistenceen la dicte ville Je Reims ou que aucun autre inconvénient y advenist.

lient et si est vraisemblablement a croire que (la ville) la ville de Paris, qui Uint loyaument s*est gouverncfe] et qui tant est travaillée Cl opprimée ^ comme dit est, [fol. i3, r*| ne pourroitpas, si long temps que le roy seroit occupez du fait de la dicte cite de Reims et ailleurs atour, porter ne soustenir les oppressions et grieftez que elle frc a présent, et a souffert par long temps* 'Item et se on disoit que, pour garder ladicte ville de Paris, on y envoiera gens en bonne puissance, durant Tabsence du Roy, et si mectroit on bonnes garnisons à Tentour, il semble, quant a ce, soubz correction, que a ainsi faire, seroit plus la destruction de ladicte ville que la salvaiion d'icelle, car par les garnisons seroientgnstcz les vivres et le pais environ, et, par tele provision et frontière ne seroient point reboutez ne eslongniez lesdiz adversaires ne ladicte ville de Paris secourue, mais opprimée et chargée, et toutesfoiz il semble que naturelcmeni on doit plus tost secourir a son loyal ami en sa nécessité, que de courir sur son ennemi.

Et pour ces causes et conside raclons, présupposé que le Roy soit passe en France, avecques sa puissance, que l'en puet estimer a x"> combatans pour le moins, semble, soubz correction, que pour abregier la guerre et hastivemcnt rebouler les adversaires et aussi pour bien emploier le temps et l'armée qui est a conduire et la soustenir et fournir de vivr<^s, le Roy devroitfaireetordcnercequi s*en$uit : Premièrement des gens de son armée qui premiers seront passex, devroit cnvoier mil combatans des plus habiles a cheval, soub« capitaines qui aient voulcnté et puissance de iraveillier, par devers Pcrfine! Grasset 3 es frontières de la et ouhre la rivière de Loire, et que mondit seigneur de B«iurgongney vueilleenvoicr de ses pais ij* hommes dWoics pour estre avecques ces gens que ledit Perrioet Grasset puet fîncr de lui mcsmcs et pour ces trois parties assembler a la foiz et faite la guerre es pals de Berr>', de Bourbonnois, Forests, Beaujolois, Auvergtje et devers Orléans et la Saulongne, selon ce qu'ilz verront csirc cxpedieni et que les adversaires se gouverneront, lum dcvrott ordcner hastivement jusques au nombre de mil com-

t* Cf*tio«u U dêtt de u3t, uoe cbinson historique d'an grend latérit :

/ro tuu Paris ^ki ne /ait que tanguir* Loing de sf^ûHrs en douleur ei marîirt :

Lotir' ' ^••"! "re Viennent atiaititr

D*' me veuttnt Qccir.,,

Ou t'ouM f^t Ut^{ i*jrrt et innte France.

if.iUff^*» .r^.,.»r4/e deïï documents /ranç*ttt ^ui se tronvfut en Angleterre^ pif

J. I <Vari». Dumoaliii, iH|t, tfi-4^ Sur la ^tuutioii Je t^Arit.cf, deux

tr ii ta vl'fo Je Farlu «u roi d'AujîUierTc et k b éumcnuoc Je

i4Ji). Il" f ctcij[»ivi du niêtiic iccueiK

4e Le Ch-v rr, dont ♦efclirouii^ue» l>ourgoig»ioiiae» ont c**ébri

batans, Anglois comme Bourgongnons, et les mettre en frontière, a Corbueil, a Monstereau ou F'ault Yonne et a Montlehery et a la Ville Neuve le Roy, pour empeschier que les villes de Sens* et de Melun* ne se puissent avitailler, ne autres places voisines lesquelles ne peuent estre advitaillées plus avant qu'elles sont a présent, qui yvouldrabien pourveoir, et devroit on mettre peine de gaigner le pont de Samois*, qui est entre Monstereau et Meleun, car paricellui renpourroit tenir en grant dangier et destroit la dicte ville de Meleun.

Item devroit le Roy ordener vij ou viij* combatans pour mettre le siège incontinant devant Aumale*, ou cas que, a la venue du roy,

I. Sens était aux Français depuis le mois de janvier i43g-i43o Cf. Inventaire sommaire des archives communales^ par M. Quantin AA<, (Lettres de Charles VII du 17 janvier h 29 en faveur de Sens) et Chronique de Berry, éd. Godefroy, p. 38o.

3. Il faut conclure de ce document que Melun était aux Français avant le l3 avril 1430. La Chronique des Cordeliers (fr., 23oiR. fo». 5o2, r») place la prise de Melun au mois d*août 1430. S*agi'-il d'une reprise par les Français? Le tait parait peu probable, puisque Ton voit, à la date du ^ juin 1430, Charli's VII annoncer à Reims le prochain passage des Hcossais par Melun pour débloquer Compiègne {Archives communales de Reims^ série des lettres missives, et Beaucourt, Histoire de CharlesWU^ t. H, p. 366). Voyons si l'itinéraire de Jeanne d'Arc est compatible avec la date de ce document :

A la fin de mars 1430, Jeanne quitte Sully {Perceval de Cagny, p. 173). Elle marche vers le nord, avec sa petite maison militaire, recueillant probablement les bandes de soldats qui sont sur les champs. Sa marche est lente, gênée par les forteresses anglo-bourguignonnes. Il lui faut passer la Seine d'abord à Melun, la Marne à Lagny. Le 14 mai, elle est à Compiègne, seule date connue à ce jour de son itinéraire. (Arch. com. de Compiègne, CC i3, fol. 391.)

Melun était passé aux Anglais à la fin de 1420 {Le Fèvre de Saint Remy^ t. II, p. 37; Monstrelettt.lV , p. 13 et 33) ; par Pacte de la lieutenance du duc de Bourgogne, (i3 octobre 1429), la ville tombait aux mnins de Philippe le Bon {Hcaucourx.Hist, de Charles VII t. II p. ^5, note 3). Elle eut alors pour capitaine, non plus un Anglais, mais le seigneur Bourguignon de Humières, qui y dcicgua ses frères au début de 1430. A une date indéterminée, mais dans le récit de Monstrelet, comprise entre la célébration des Piques à Péronne par Philippe le Bon et la marche bourguignonne de Mondidier sur Gouriinysur-Aronde, les habitants de Melun se soulèvent en faveur de Charles VU et la garnison bourguignonne fut mise hors de In v'iUq (Héraut Berry, p, 3Ho; Chartier, P« 44 dans ( Godefroy ; Monstrelet^ t. IV, p. 378). Cha&tellain (t. H, p. 28) qui abrège ce récit, le situe également entre la célébration de la fête de Pflques et une campagne du seigneur de Temant. destinée à nettoyer la région de Paris des partisans.

Au témoignage de Jeanne d'Arc, elle fut sur les remparts de Melun ■ enlasempmainede Pâques » in Septimana Paschali novissime prcrterita, ipsa existente supra fossata villœ Melduni, dans Procès, t. I,p. 1 13: in septimana Hasce^ p. 333. Quicherat commet donc une inexactitude en fixant au i5 avril le séjour de Jeanne d'Arc à Melun {Procès i.V^ 3$i). Pftques tombait en effet, en 1430, le 16 avril. C'est donc entre le 17 et le 33, en tenant seulement compte des déclarations de Jeanne, qu'il conviendrait de placer cet événement. Mais il faut, de toute nécessité, le situer avant ce terme extrême du 33 avril, en tenant compte de notre document. On sait, d'autre part, que les trêves expiraient le 16 avril. {Monstrelet, t. IV.) Le 17, la ville a donc pu être attaquée ou Fommée de laisser libre le passage de la Seine.

La révolution populaire qui chassa les Bourguignons est un fait d'une extrême importance, connu par les récits indépendants du héraut Berry et de Chartier. Monstrelet ne fait que résumer ces événements» et les situe dan*; le temps. En Tabsence d'une arm«ie française iéf;iilicre ievant Melun, il montre ce que valait encore la présence de Jeanne et son ascendant. Jeanne inaugurait d'une façon plus brillante que l'on ne croit d'habitude, cette campagne de l'Oise, la date étant ainsi fixée de la reddition de Melun. L'intci venlion de Je.in Foncnut et Denis de ( hailly, compagnons de Jeanne d*Arc, esta retenir.

3. Seine-et-Marne, arrondissement et canton de Fontainebleau.

4. Seine-lnféri«arc,arrondi8sement deNeufchâiel-en-Bray.Aumois d'uoi'.t i4:g,AuniaIe

CeUc place ne »e rendra et pour wîdier aucunes petites a Tenviron.

/fcrm que mondtt seigneur le duc de Bnurtçnngnc accompaignez de

ij* hommes d'armes, bien eslcuz. etbien choisis de ses pais de Bour-

kongne e: de Picardie et de mil archiers de Picnrdie cl arhalestriers,

csdix archiers conduiz par capitaines qui n'aient aucunes charges de

kcns d'armes, lors seulement desdiz archiers, et que le roy lui baille

Ivccques ce mil archiers d'Angleterre, snuhz le cnnduit d'un bon

bapitainc, qui en ait 1j» charge, et, ainsi acompaignic, se traie devers

pais de Laannois et Soissonois pour délivrer le pais et faire le

khemin pour le roy aler a Reims» se son plnisircstoit de y aler pour

ecevoîr son sacre, et aussi de la en avant mondit seigneur le duc se

bourra emploier a conquester la Champaigne.

ttcm et au plaisir de Dieu, les sièges qui sont devant Torcy * et

levant Gaillart^ seront briefment fineit, pour quoy en ce cas les An-

jloiz qui sont en Normandie seront assez puissans de mettre le siège

Louviers^ et se puissance nVstoîent^ le Roy y pourra ordener et

envoyer une compaignie de ses gens nouveaulx venuz d'Angleterre.

Item que le surplus de la puissance du Roy venue d'Angleterre se

pcvroii tr/iire devant Beauvais, pour veoir et sentir se on pourroil

lidicte ville réduire a obéissance et gaîgnier entour ilecques (entour)

|e5 petites foneresses qui sont près d'icelle vi [lie] et y mettre garni*

3ns pour empeschierles vivres, car attendu la force de laditte ville

les vivres qui y sont a présent, se pourroit estre longue chose de

Ravoir par siège, et il est expédient et nécessaire de secourir Paris,

'equel secours est le plus apparant de délivrer Tille de France et

ouvrir le chemin de Picardie et de Normandie que de faire autre

bhûsc, considéré le temps présent.

Item^ et ce fait, qui n'est pas de longue durée, toute îcclle puissance

devroit tirer en TllIe de France et en passant assegier la ville de

Ireeil * et mettre une bastide au bout du pont devers Beauvais, et

l'autre pan délivrer les forteresses d'environ comme Lusarchcs* et

^Ires, ett le sicgc de Greeil acompU, poursuir la délivrance de Tille

Ait to effri redevenu PrnnçaU. • Tut livré le ehistel d^Aubmilleiux Frsnchots pir un Kibtfe, le'^tiel ne 6t otiqnrii' mi manv^'e j'-'nrn^e: et lut vaus^Kt mteulx^ aprei ce que \\ 4 mère lai etttt |cte U teste contre i» paroy... • {Chrûftique ée P. Co€kom [>iire, p, ^02.)

ire« commune d'OtirvîlIe, Hef»rU pAf !e» Anglais au mnisd^noAt t^y^*

tkrrr: Hon, p. 3t t et note 3.» Environ 1« my Aojisl fu iâ fottercwe de Tor^y

i Nt-' tdiie aut EngloiJt ei n y drmoura iti*i» « leiidre que la ville de L011-

rienet ^.vki pdn d'aotrea pb.cs dont L* HirecaUtit le i^^appUaine gênerai « Bïbl. QAU,fr.,

»3ûi&» fol. 5oi. r*.

t. r: ' «lard fut re/rii au moi* de {uin 1430 p4r les Anfilai*^ Ckroni^uedt /*,

t«efu : note 1. Ija \iHe ^taii a«»i<?B*e depuis le moi* de février,

3» f .r . ^' ..„,, . \c9 fT^\\<;9h, (:ttnnti<jut Je P* Cochon

p*y** ce, r.|,p.3a*33.

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