‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 80 sur 115 · Ce qui serait littéralement arrivé à Compiègnc · texte numérisé non relu

Ce qui serait littéralement arrivé à Compiègnc

PIECES JUSTIFICATIVKS

pli

ibge

dit

vie

ie nostre Biiurgôngne» ses serviteurs et de son hostel, estans a Meaulx, a Pcrnclonds et ailleurs, ont fait forte guerre a Tenconlre de nos lo) aulx subgecis, disiini qu'il[s] fasoitnt ce au nt>m desdits Anglois. El pareillement, par les bnstars de Vcrgy et du Ncufchastel, Guillaume de Rouchefort, Tintevillc et aultres, qui tous sunt subgecls de nostre dit cousin de Bourgongne, ont esté fais, durans lesdicles abstinences, tous cxplots de guerre a rencontre de nos loyaux subgecls de nostre pals de Champaignc, sans ce qu'ils aient aucunement voulu cesser soubs couleur desdictes abstinences, et pour prière aux gens de notre dit cousin de Bourgongne, ils n'ont voulu ycelles abstinences faire, requeste ou sommacion qui de la part de nos gens ait esté faicle, publier es marches de Champaigne et de Bourgongne, ainsi que appointé avoit esté. Et si a envoyé nostre dit cousin de Bourgongne delfendre que l'on ne mcist en nostre maîn aucunes de nos places, lesquelles ceuîx qui en avoîent la garde, avoient promis y mettre. El au regard des dictes premières abstinences, pieça prinses entre nous et nostre dit cousin de Bourgongne, lesquelles durent encores, vous savez assez comme de la pari d'ycelluy nostre ctnisin elles ont CiXé mal entretenues, et les plainte que souvant vous en avons laites : et quant aucunes places ou aucuns prisonniers ont esté prîns, ycelles priose» ont este advouécs soubs umbre de Perronet Grasset ♦, combien que yccUuy Perronet se soit lousjours nommé serviteur de Dostre dit cousin de Bourgongne, tant es sauf conduits qu'il a donne comme auUrcmenl, et qu*il ait en la compaignie plusieurs hommes Cl subgecls d*rcelluy nostre cousin de Bourgogne. El si ont puis nagucrcs plusieurs hommes, vasseaulx, serviteurs et subgecls de nostre dit cousin de Bourgogne, entre Icsquelx estoit son mareschal de Bourgogne, cuidé prandre nostre ville et cité de Troyes', ce qu*il ne pcvcni ne doivent faire. Et au regard de la dicte place de Larrey, incontincttt qu'elle fut prinse, ung nommé Jehan de Villeoeuve vint par devers nous requérir la reparacion de ce et d*aultre$ chouses dont il faiçoit plainte: auquel Ixîisme dire qu*il feisi avoir seurté et saufconduit pour aucuns de nos conseillers, lesquelx nous y voulions cnvoicî afin de reparer s'aucune chouse y cust este faite de nostre part a rencontre des dictes abstinences. Lequel de Villeneuve, asscs toust après se partit de devers nous et onques puis n'eusmes nouvelles des dits saufconduiis. Et, en tant que touche Chasteauvillain, il est vray que icelluy Chasteauvillain et aullrcs de sa compaignie vindrcnt ung jour courir sus a nos gens : lesquels se deirendircnt et firent tant que la force leur en demoura* Et pourtant prindrcni et détiennent, comme leurs prisonniers, ledit Ghasieauvillain et auUres de Si compaignie. Et ces chouses vous escrtvons voulentiorsi a celle

f. • t.*A»i«io à» Turis • dunt ^cu\ Moroftini i pArt^ e«t donc Mcii un liègt de Tfoye^ n CtftmfNigne. Voici* lu&tifiéc pour U prcmrcre fois, une opcr«tI>~ri boursuiftitonne ittHmit di e«t1t ville, Cl. \«^ ju4«ci«u*« hi^iuciioti* Je M t;erm*iri retcvre*l*onl«- II», Aforotïiiii t. ni. p I7Ç» tjotf t Cène op^Miio» doit donc le pUctt stv*iii le al iivHl

l54 PIÈCES JUSTIFICATIVES

fin que soiez enfermé de la vérité des besoignes. Donné a Jargueau, le xxij jour d'Avril.

c Charles » Maulonk.

Turin. Archivio di Stato. Registre intitalé Tractatus PaeU Franeiœ, n* 8 du paquet 8 des Traités anciens avec la France et leê dauphin*.

Extraits de la « ChronUiae anonymo » ralatlfi aux trftres de Charles vn et Philippe le Bon et à la livraison de Gompiègne.

[Fol. 489, V'] ... En ce tamps se rendy en Tobeissance du roy Charles le cité de Beauvaix et partie du païs de Beauvesis. Et allèrent ses gens par le païs en diverses parties prendre par traictié, et non de force, villes et chasteaulx. Et ce pendant commencherent plusieurs traictiés et parlemens entre les gens dudit roy et de Monseigneur de Bourgogne. Et fu Tarcevesque de Rains, chancellier d'iceluy roy, et plusieurs autres ses ambaxateurs a Arras, devers ledit duc de Bourgongne environ la my aoust. Et finablement furent trieves prises entre iceulx deux princes par le moien des ambaxateurs que le duc de Savoie avoit envoie devers eulx pour le bien de la paix pourcachier. De la manière desquelles triewes ou abstinence de guerre la vérité s'ensieut par la coppie des lectres qui en furent faictes... *.

[Fol. 494, vu]. — Ainsi que dit est par ces lectres, fu le duc de Bourgongne a Paris après le trieves et abstinences de guerre données parle roy Charles, esquelles trieves et abstinence ne volrent point estre les Engloix compris, ains gherrierent et furent gherriés, ce tamps durant, au pais de Normendie très asprement et perdirent et gaingnerent pluisieurs places villes et forteresses qui leur firent moult de travaux et dommages a recouvrer. Et par ainsi le duc de Bourgongne, après ce qu'il eubt empris ledit gouvernement et sur ce conclud en plusieurs grandes matheres touchans la seureté et garde des païs et places a lui commises, s'en retourna a toute sa compaignie, qui estoit grande et noble des gens de Picardie, en ses païs d'Artoix et de Flandres, et la se tint tout Tiver sans plus avant gherreijerr. Et en ce tamps durant furent pluisieurs grans consaulx tenus des ambaxateurs des princes sur le fait de le paix et les triewes et abstinences ralongiés jusques au moix de March ensievant. Mais finablement la paix ne si polt trouver et fallirent les traictiés par ce meisment que le ville de Compiengne fa du tout désobéissant de livrer passage audit duc de Bourgongne en alant et retournant a Paris : ce qui lui estoit [fol. 495, ro] promis avec le Pont Sainte Massence, qui fumis en le main de Regnault de Longheval - du consentement des deux parties. Mais

1. Texte des lettres de Charles Vil données.à Compiègne, le 28 tout 1439; à Senlis, le 18 septembre, celles de Henri VI du i3 octobre relatives aux trêves. On en trouvera le texte dans J. Quicherat, Supplément aux témoignages contemporains sur Jeanne d'Arc, dan* la Revue historique^ t. XiX, mai-juin 1883, p. 76-81.

2. Toutes ces assertions de la Chronique anonyme sont d^une rigoureuse exactitude

P1ÂC£S JUSTIFICATIVES

I Willaurae de Flavy ne volt obéir ad ce, et se liul tou^jours ghemant I a tous lei, luy et sa puissunce, et se garny laJicie vUle de Compien- I ^nc pour le detfernJre contre tous.

Letamps des iriewes durant se devoit tenir le roy Charles, comme il ftst, uultre le rivière de Saine et le Régent en Normendie.

1430 laTsnt avril 23 1 '

A^rlB que Philippe lo Bon fit

ti Beari VI. ton qui

de «on dèkMirqusiiietit à Calaiv, «xpo^ant le programme des opèrailona devaient ei mener la aoutnlselon de me-de-Franoe et do la Picardie, en 1430, commesni dov.^it être dirigé le aiècte de Ckimpiègae et Parle aeootim.

i^.j — .i'jLiins jxii*ii, /ifî^ MniA iii correction d'autres^ des manières qui semblent cstre a tenir après ce ^ue le Roy et sa puissance seront en France pour conduire sa guerre.

Premièrement convient considérer que les adversaires tiennent a présent granî pais et grani quantité de villes et de forteresses* deçà les riviereî* de Loire, d'Y(mne, de Seine, de Marne et d'Oise.

Item que lesdiz adversaires ont bouté leur guerre et leur puissance csdiz pajs deçà lesdictes rivières.

Item que entre les villes et pais que occupent lesdii adversaires est a panser que sur les champs on ne trouvera nulz vivres, ou au moins trcs peu : et toutevoies, poursoustenir sièges et armées sur les champs, il fauU nécessairement estrc pourveur de vivre, sans lesqueU la chose ftc se puet conduire.

Item est bien a considérer Testât de la cité de Paris, qui est le cuer et le chicf principal du Royaume, comment ceuU de la dicte cité se sont grandement et loynument gouvernez^ et la grande resistence que ii2 ont fatctc; comment iccllc cité est environnée desdiai adversaires et par eulx a desja esté par longtemps comme encores est très durement opprimée, par quoy elle est de jour en jour en très grant péril et dangier; mesmcment que Indîtte ciié est m grant chose que d*elle seule elle ne se puet longuement soustenîr, sans raffiuencc des autres villes et pais du royaume, et toutevoies. les choses cstans comme elles sont a présent, la perdiciond*icclle vilk, comme il puet sembler, seroit la perdition du Royaume et par icelle puet estre la salvacion et entretcnement de la seigneurie.

liem et par ainsi semble que briesve provision pour eslargir le pais environ y est nécessaire, et que les faix de guerre que le roy» monseigneur de Bourgongne auront a conduire soient commanciez et conduîï enmnrches de pats et de rivières, ou ils puissent avoir vivres qui les suiTcnt* et soient prins es pais que ils laisseront derrière culx, c'est assavoir de Normandie c: de Picardie.

AMIimûv^ V"- - r. . jj|t,j i^j pitccu ju»tili4.dtivc« pté<:éd«iit«i. CI. P J.

I. Ç# î#rm^ fc pif laJreuc d< « mém^>ire. 5'«mlic part. i\ ne *âO-

i fsii iî éii i; évns nin*\ qu'il f^»ult« 4(i comment^tre supir fou^tû, Afiit-

»j ' M« Crreiaïa Lefévic-l'oatiUft sur ce point 4*mUc9 tnillcfttioaft, Qu*il

N^r< m I Kamme^e lic moa «fTeciucuts reronnsi&s^ticr.

l56 PIÈCES JUSTIFICATIVES

Item que par figure, tout ainsi que le corps de Tome tant comme il a le cuer saing, qui est son membre principal, posé ores que les autres membres malades soient de tele maladie que se elle atouchoit au cuer seroitce la totale destruction de Tome, se le médecin, quia le gouvernement du corps, donne les remèdes telx que la maladie eslongne le cuer, le corps commance a garir et finablement puet venir a santé totale et garison [fol. 12 v*]. Par semblable, se le corps mistique de royaume, dont la ville de Paris est le cuer, est malade et opprimé par guerre jusques au cuer, qui est ladicte ville de Paris, environnée en ses membres de toutes pars par les adversaires, actendu que icelle ville est encore en estât, se briesve provision y est mise, en manière que les adversaires puissent estre aucunement eslongniez et le pays eslargy a l'entour, ledit corps mistique, c'est assavoir la seigneurie du Royaume se pourra soustenir et sauver* .

Item et si pourroit sembler que bien convenable chose seroit que la guerre fust boutée en aucunes marches, sur et oultre la rivière de Loire, affin que par delà les adversaires soient occupez par contrainte et que leur puissance de par deçà en soit plus faible ; mesmement qu'il est a présupposer que le roy^ a envoie aucune armée en Guienne, ou les contes de Foix et d'Armignac, le sire de Lebrei, et autres de celle marche seront occupez et auront assez a faire a garder et deffendre leur pais.

Item et pour ce que, après ce que le roy sera en France, aucuns, vouldront dire et mettre avant que le plus expédient et convenable, si est que le roy a toute sa puissance se traie tout droit a Reims', et mondit seigneur de Bourgongne en sa compaignie, pour icelle ville mettre et réduire en son obéissance et recevoir son sacre* en icelle, pour laquelle cause tous les subgez du Royaume lui seroient plus enclins, et que pendant ce temps, garnisons fussent establies pour garder et tenir en seurté la ville de Paris et autres villes et forteresses et païs obeissans :

A ce puet estre respondu, soubz correction, que la ville de Reims est très forte, puissant cité et très grandement fortiffiée et advitaillée et se elle estoit fournie de gens de défense, il y conviendroit demourer très long temps et a très grosse puissance, considéré Testât, force et grandeur de la dicte ville, a quoy fauldroit emploier très grandes finances et avoir grans provisions de vivres, qui seroit chose très difficile a avoir, considéré les villes, citez et forteresses prouchaines que lesdits adversaires occupent.

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