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avaient mis entre l'homme de condition et rhomme en condition. Le système d'égalité commençait à s'établir , et menaçait l'autorité royale. Mon maître , profond politique , crut devoir faire son thème en deux façons : il allait , avec une partie de ses gens , faire sa cour à Versailles , et m'envoyait avec l'autre dans les faubourgs : il avait tour-à-tour à dîner Mirabeau et l'abbé Maury. Cette habile manœuvre n'eut pourtant pas le succès qu'il devait en attendre. Dans la journée du 6 octobre, un de ses domestiques fut tué dans la bagarre par les gardes-du-corps , et lui-même se vit au moment d'être lanterné dans l'avenue de Paris , par un groupe du faubourg Saint-Antoine dont je faisais partie.
* » Dès -lors M. le vicomte ne balança plus sur ce qu'il avait à faire , il émigra , et je me dispensai de le suivre : je m'en sus bon gré en apprenant, deux ans après, qu'il se trouvait réduit à vivre du produit des darioles , des talmouses qu'il fabriquait dans une petite ville de la Prusse orientale.
» Je passai q'ie'.ques semaines à pérorer dans les groupes du Palais-Royal ; mais je ne tardai
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pas à m'apercevoir que ce métier-là ne nourrissait pas son homme. J'en faisais un jour Tobservalion en présence du journaliste Gorsas , qui venait d'applaudir à la motion en plein vent que j'avais faite : il me proposa de me mettre à ses ^ages; j'acceptai une proposition qui servait en mênie tems mes goûts et mes besoins. J'entrai chez le propriétaire-rédacteur du Courrier des Départemens ^ non pas en qualité de domestique ( dénomination injurieuse à la dignité de l'homme ) , mais avec le titre de garçon de bureau. Ma principale occupation était de porter à l'imprimerie la copie du journal ; ce qui me donnait le moyen d'y glisser de tems en tems de petits articles de ma façon : dans ce nombre , je dois citer cette Réclamation sur le départ de MESDAMES, qui fit tant de bruit dans le monde , et que je terminais par cette exclamation que l'histoire a déjà recueillie :
" Citoyens ! laissez-les partir; mais retenez ces bagages qui appartiennent au peuple : ce sont nos i'étemens . ce sont nos chemises qu elles emportejit.
" A ce mot de chemises , si convenable et si. naturel , l'aristocratie furieuse répondit par une chanson impertinente sur un air de pont-neuf,
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dans laquelle après avoir demandé qu'on rendît les chemises à Gorsns , on élevait des doutes sur le nombre , sur la qualité , sur la couleur . de celles qu'il pouvait avoir. Le ridicule , à cette époque, était encore une arme ; mon patron en fut atteint; il s'en prit à moi et me mit à la porte. Je le regrettai beaucoup ; c'était au fond le meilleur homme du monde.
» Je fis pendant quelques mois le métier de remplaçant dans la section de Brutus ^ où je rencontrai un ancien chantre du chapitre de M. Duménil , que les circonstances avaient forcé à changer de rôle : il jouait la comédie en province, dans l'emploi de basse-taille, et venait à Paris pour réclamer la protection de Collotd'Herbois , son ancien camarade. Le Selon de ()3 le reçut avec une dignité comique dont il eut le malheur de rire ; dès le soir même, un bon mandat d'arrêt réprima sa gaîté.
» J'avais accompagné mon ami dans sa visite ; mais j'avais si bien gardé mon sérieux que l'équitable Collot, qui punissait et récompensait avec le même discernement , crut devoir me placer auprès d'un de ses amis , qu'il envoyait en mission dans le départemeut des Bouches- du-Rhône.
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» En arrivant à Marseille, nous nous logeâmes dans le plus bel hôtel de la rue de Roine. Afin de n'avoir rien à démêler avec le propriétaire, on avait pris le parti de le faire arrêter la veille. Nous menions une vie fort douce. Je tutoyais mon maître ; il me faisait asseoir à sa table ; mais, faute d'argent , il ne pavait pas mes gages. J'imaginai de me faire un petit revenu de ma sensibilité, et d'accepter cent louis qu'on m'offrait pour une mise en liberté que je fis signer de confiance au représentant. 3iallieureuseraeut il eut connaissance de mon petit commerce. La vertu républicaine ne transigeait [)as avec ce genre de délit : mon maître me chassa, et je ne dus qu'à la sollicitation de la belle M""* L***, qui faisait les honneurs de sa maison, de navoir pas été guillotiné comma fauteur de put et Cobourg.
» Je suivis un commissaire des guerres qui partait pour l'armée des Pyrénées-Orientales. Celuici , beaucoup moins scrupuleux , aurait en peu de tems fait sa fortune et la mienne , si le eénéral Dugommier, qui traitait un peu trop légèrement les affaires de finances, ne Teût fait fusiller sans forme de procès pour avoir vendu à son profit
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cent mille rations de fourrage extraites d'un magasin porté par mégarde sur les états comme ayant été brûié à l'approche de l'ennemi. Le pauvre commissaire des guerres fut bien vengé quelques jours après : le général fut tué par un obus.
» J'avais été impliqué dans cette maudite affaire. La commission chargée d'examiner ma conduite prétendait avoir découvert que j'avais accepté vingt- cinq louis pour une signature dont j'avais émargé l'état, réputé frauduleux. Des juges de mauvaise humeur s'obstinèrent à voir wvvfnux dans un acte de pure complaisance , et je ne sais jusqu'où m'aurait conduit le détachement chargé de l'exécution de la sentence injuste qui avait été portée contre moi , si la Providence ne nous eût fait rencontrer , à quelques lieues de Tours , une colonne de l'armée vendéenne : mes gardes prirent la fuite , et je me réfugiai dans les rangs de mes libérateurs , que je crus devoir intéresser plus vivement à mon sort en m'offrant à leurs yeux comme une victime de la cause auguste qu'ils défendaient. « Je revins à Paris après le 9 thermidor. J'y vivais sans argent, sans certificat, et ne sa-
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chant plus où donner de la tète, l'n jour que j'étais allé , pour la troisième fois , me faire inscrire au bureau des Petite s- Affiche s , j'y rencontrai une jeune dame dont la taille élégante , les manières vives et le ton un peu cavalier attirèrent mon attention : elle parlait au rédacteur des annonces, qui écrivait sous sa dictée :
'< On demande, disait-elle, pour servir en " qualité de valet de chambre auprès d'une per- »' sonne seule , un homme de 3o à 35 ans , d'une » grande taille, d'un extérieur agréable, qui M puisse au besoin tenir lieu de secrétaire, et qui » soit en état de courir la poste. Je tiens à toutes » ces considérations, continua-t-elle; une seule » de moins et l'on ne peut me convenir. »
» J'avais entendu très-distinctement ce que cette dame avait dit, et je trouvais dans ses discours une sorte de franchise qui rassurait ma timidité. Je m'approchai d'elle d'un air moitié respectueux et moitié délibéré : « Si mon extérieur ne déplaisait pas trop à madame, lui dis-je de la meilleure grâce qui! me fut possible , j'oserais me prévaloir à st?^ yeux de toutes les qualités qu'elle exige; j'ai
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trente-quatre ans, 5 pieds G pouces; je défierais à cheval le plus infatigable courrier du commerce, et j'ai étudié pour être journaliste. » La dame me regarda en souriant, me fit un petit signe de tête tout-à-fait encourageant, et m'ordonna de venir prendre sa réponse le lendemain à son hôtel.
» Je ne manquai pas de m'y rendre; il était deux heures, elle n'était point encore levée, et cinq ou six hommes de ses amis les plus intimes , qui se rassemblaient chez elle tous les matins, causaient familièrement au chevet de son lit. Je les vis sortir l'un après l'autre , et je reconnus dans le nombre plusieurs chefs d'un parti redoutable, même après sa défaite, ■ que l'on désignait sous le nom àe queue de Robespierre. Aussitôt que madame fut seule , elle sonna ses femmes , et donna l'ordre" qu'on me fit entrer. Je fus d'abord ébloui de la recherche et de l'élégance d'une chambre à coucher où les glaces et les fleurs combinaient en cent façons leur agréable prestige. M"'* Darvis (c'est le nom de celle que je fus autorisé , dès ce jour , à appeler ma maîtresse ) agréa mes services avec une grâce toute particulière , oij mon amour-
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propre puisa des espérances que l'avenir ne tarda pas à réaliser.
» J'appris dès le soir même de mon arrivée ( en causant avec la première femme de chambre, qui déjà me traitait avec une prévoyante cousidération ) l'histoire , ou plutôt les aventures de M""* Darvis. Fille d'un homme de (fualilé ^ elle avait été mariée à quatorze ans avec l'héritier à peu près imbécille d'une des premières maisons de finance de la capitale. A seize elle avait pris le parti de se soustraire à l'autorité conjugale , et de suivre dans les camps un jeune officier de Tarmée du INord. Celui-ci , à l'époque de la défection de Dumourier, s'était réfugié sur les bords du lac de Constance. La tendre Victorine avait promis de le suivre : quelques jours après , elle était en route; mais le diable, qui se mêlait seul alors des affaires de France, et qui se délassait des fureurs qu'il inspirait à une partie de ses habitans , par les folies et les sottises qu'il faisait faire à l'autre , amena sur le chemin de M'"" Darvis un certain A. D. , député en mission , qui ne trouva rien de mieux que de la faire arrêter pour avoir le tems de lui déclarer
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son amour, et qui ne lui rendit sa liberté que que lorsqu'il eut perdu la sienne.
» Cette liaison décida des principes politiques de M^^ Darvis, que la pente naturelle de son caractère entraîuait vers tous les genres d'exagéralion. Son [lalriotisme devint une fureur ; et tout en condamnant les mesures qu'employaient les révolutionnaires pour fonder violemment la république, on la vit h U — , à N — , à A — , pérorer dans les clubs , présider à d'odieuses fêtes , et pousser l'extravagance jusqu'à se faire adorer dans un temple sous le nom et sous la figure de la Déesse de la Raison.
( Je supprime la fin d'un paragraphe que des convenances de plus d'une nature ne permettent pas de rendre publique. )
Le double rôle que je jouais dans cette maison, et que je remplissais plus mal de jour en jour, ne flattait ni ma paresse, ni mon ambition , ni même ma vanité , depuis que je savais à quoi m'en tenir sur mon bonheur ; je n'avais pas moins d'envie de demander mon congé qu'on n'en avait de me l'offrir.
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»> Parmi les affidés de M""" Darvis se trouvait
un citoyen N qui avait été pour moi depuis
quelques semaines l'objet d'une remarque assez sini^ulière ; je le voyais sortir de la maison le matin et je ne l'y voyais jamais rentrer. Un jour il vint m'éveiller lui-même, et, d'un air où se peignaient 1 impatience et l'inquiétude, il m'ordonna de mettre le cheval au cabriolet et de le suivre : j'aurais hésité plus long-tems à obéir si je n'avais craint l'usage qu'il pouvait faire d'une canne qu'il avait à la main et qu'il agitait avec violence. INous descendîmes, il rentra un moment chez madame, et tandis que j'attelais le cheval je vis arriver quatre gendarmes ;
M. N parla bas à leur chef, monta dans le
cabriolet, me fit monter derrière, et prit le chemin du Luxembourg , où je ne fus pas médiocrement surpris d'apprendre qu'il faisait son entrée en qualité de dire» teur. Il crut me devoir une récompense, et quelques jours après je fus nommé huissier du palais directorial. Pour cette fois je crus ma fortane faite avec des gens qui avaient si bien fait la leur. Je suivis l'exemple de Petit-Jean :
Ou n'entrait point chez nous sans graisser le marteau.
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» M. N — , chargé du département des fournitures , avait organisé ce ministère d'une façon toute nouvelle; et pour y trouver plus sûrement plaisir et profit , il avait choisi pour ] adjoints et pour employés des femmes aimables ( au nombre desquelles se trouvait madame Darvis ) qui traitaient les affaires avec un aban- jj don , avec une facilité qu'on n'est point accoutumé à trouver dans les bureaux. Je ne négligeai point les avantages que je pouvais tirer , de ma position ; je dressai un tarif de toutes ■ les faveurs qu'on pouvait obtenir par mon canal: tant pour remettre une pétition au directeur ; tant pour un accusé de réception, tant pour parler à M""^ S...., à M"" A...., à M""' R..:., je me fis allouer un pot-de-vin raisonnable sur tous les marchés; et Je fis si bien, en un mot , qu'en moins de six mois je me trouvais avoir amassé une centaine de mille francs en mandats, que je né croyais pourtant pas aussi solides que
des lingots,
» Les affaires ne nuisaient point aux plaisirs ; les mêmes dames , dont la matinée était employée si utilement , se réunissaient le soir
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dans les apparlemens du directeur, et Dieu sait de quels repas délicieux, de quelles douces orgies les nuits entières étaient témoins! Comme j'écris pour l'instruction de mes enfans *, je crois utile et convenable de leur mettre sous les yeux un tableau dont la vérité doit faire supporter la licence, et des portraits au nombre desquels j'ai plus d'une raison de croire qu'il s'en trouve quelques-uns de famille
(J'ai d'autres principes que M. Julien sur réducalion des enfans, et je pense, tout Franc- Parleur que je suis , qu'il y a encore plus de vérités bonnes à leur taire, que de vérités bonnes à leur dire ; en conséquence , je saute une vingtaine de feuillets de son manuscrit , et je reprends le cours de sa narration, ) "^
» . . .. Tout s'usait. vite sous le directoire , les affections, le crédit, la puissance. Mon maître se dégoûta de mes services ; et mon règne , qui passa plus >T[te encore que le sien ,
* Je ne serais pas éloigné de croire que M. Julien , dans ce passage , a voulu faire une allusion épigrammalique aux Mémoires de M***
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ne survécut pas à son attacliement pour ]^|me Darvis : il me congédia. Pour comble de disgrâce, j'avais placé mon petit pécule dans une opération que dirigeait mon ancienne maîtresse ; elle lit banqueroute, et je perdis en un jour le fruit d'une année de travail. Cette dame , qui avait trouvé le moyen de se débarrasser d'un amant qui l'obsédait depuis trois mois, en le faisant nommer aide-de-camp d'un officier-général employé dans l'expédition d'Egypte, profita doublement de l'occasion, en me déterminant à suivre ce dernier sur les bords du Mil. Le général, son aide-de-camp et moi , nous payâmes tous trois nos créanciers en leur déléguant une partie des revenr.s du paehalick dont nous allions prendre possession en Syrie.
j> Nous partîmes
( Les connaissances géograpliiques et militaires de M. Julien ne jettent pas un grand intérêt sur les détails de son voyage : hâtonsnous donc d'aborder avec lui sur la terre antique des Pharaons. )
« Mon général fut une des premières victimes de cette mémorable campagne ; il fut tué aux
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porles d'Alexandrie, et me légua par testament au général Menou, qui me promut au grade d'intendant de sa maison , à notre arrivée aa Caire.
» Mon nouveau maître , dont le dévouement à Bonaparte n'était point arrêté par de vaines considérations, et qui Tentendait chaque jour répéter dans ses proclamations , que Dieu est Dieu et^^cjue Mahomet est son prophète, prit la chose au pied de la lettre , troqua son chapeau contre un turban, et se fit Turc autant qu'il lui fut possible,,£n épousant , en pleine mosquée, la filk d'un étuviste de Damiette , à laquelle il donna pjiiir compagnes uae douzaine d'odalisques dont il composa son harem.
» Le général Abdhala, qui m'aimait beaucoup, désirait me conserver la place que j'occupais dans la maison , sans ■«fé/oger au usages étahlis parles musulmans, dont il venait d'embrasser la croyance. Un jour il me fit venir dans la salle des bains, et là, entre la pipe et le sorbet, accroupi, à la manière des Turcs, sur des coussins de cachemire , après m'avoir parlé de l'attachement qu'il avait pour moi, du désir quil avait de faire ma fortune, et du traitement
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qu'il me réservait, si je consentais à me fixer pour toujours auprès de sa personne , il me fit , en termes plus clairs , une des plus drôles de propositions qu'un homme ait jamais faite à un autre. J'y répondis par un refus positif ; il insista, et finit par me dire qu'il trouverait bien le moyen de vaincre ma sotte obstination, et de me rendre heureux malgré moi. Cette promesse , ou plutôt cette menace, m'effraya au point que, sans en attendre l'effet, je me sauvai avec un membre de l'Institut d'Egypte, à bord de la frégate qui devait ramener en France César et sa fortune. J'arrivai tout entier à Fréjus, où nous débarquâmes
» Le baron de M , auprès de qui Rustan
le mameluck m'avait placé , était fort avant dans les bonnes grâces de l'Empereur, bien qu'il lui eût rendu un service signalé dans la journée du i8 brumaire : la protection chez les princes est le sublime de la reconnaissance. Nul animal créé ne peut manquer à son instinct ; le baron, à qui la fortune a donné ce qu'il fallait pour s'asseoir commodément chez lui, a passé sa yic debout derrière le fauteuil des
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autres; la dépendance est son élément. En fait de maître , il ne fait acception de personne , et satisfait, pourvu qu'il serve , il ne tient pas à la couleur, mais à la richesse de la livrée. Le domestique avait tous les défauts d'un maître , et le maître tous les vices d'un laquais; il était difficile que je lui convinsse ; cependant il me traitait avec beaucoup de bonté. Pouvait-il manquer d'égards pour un homme recommandé par le mameluck de l'Empereur ?
» Le 20 mars au matin , monsieur le baron reçut des nouvelles de Fontainebleau , qui le décidèrent à partir pour rejoindre les ministres à Blois. Nous sortîmes par la barrière dEnfer, tandis qu'on se battait à Belleville, en criant : Vive l'Empereur! de toutes les forces de nos poumons. Nous nous arrêtâmes prudemment à la troisième poste sur la route d'Orléans , où nous fûmes informés pendant la nuit du grand événement de la journée. Cette nouvelle changea nos dispositions : nous reprîmes à la pointe du jour le chemin de Paris, oii nous rentrâmes par la barrière des Champs-Elysées , l'écharpe blanche au bras, une énorme cocarde blanche