DU TERRIER
En leur coupant bras et jambes , n'est -11 pas vrai? — Elle était au moins bien impolitique cette manie de tourmenter cette masse inerte d'honnêtes gens dont se composent en tout pays les trois quarts de la nation, et qui n'ont d'autre tort que d'attacher au mot patrie un sens un peu étroit : doit-on leur faire un crime de penser que le règne le plus glorieux est celui où ils dorment tranquilles ; de ne connaître de force militaire que celle de la gendarmerie qui les préserve des voleurs ; d'administration , que celle de la police qui veille à l'éclairage des rues , et d'état florissant pour le commerce que celui qui leur procure le sucre à vingt-cinq sous et le café à trente :*
CLÉNORD.
Je ne verrais pourtant pas de mal à faire entendre à M. Moussinot et à toute la classe yé-
îiérable qu'il représente , que la gloire nationale est, dans un grand Etat, la seule base de la prospérité publique ; laquelle , en dernière analyse , se compose de toutes les prospérités particulières. Je ne désespère pas de lui faire entendre qu'un bon traité de commerce ne s'obtient jamais que par la victoire ; que les colonies ne prospèrent qu'à l'aide d'une marine ; que la paix, pour être solide, pour être durable, veut être conquise ; qu'une grande nation , pour être heureuse, doit être respectée, et que Tidée de bonheur, chez les Français , ne s'alliera jamais avec la certitude , je dirai même avec l'apparence de l'humiliation.
DUTERRIER.
Ajoutez que la révolution, en dédommagement de tous les maux qu'elle a causés , nous a laissé le besoin impérieux d'une liberté sage et d'un gouvernement qui nous en assure le bienfait ; nulle puissance humaine ne peut désormais régner sur la France que sous la garantie d'une constitution libérale, conforme aux vœux de la nation et aux lumières du siècle, dont rien ne peut arrêter les progrès.
FRÉMINVILLE
Et tout cela ne peut s'obtenir qu'avec Na-