‹ Guillaume de franc-parleur; ou, Observations sur les moeurs et les usages français au commencement du XIXe siècleChapitre 19 sur 31 · M"'* DE LA MES^ ARDIÈUE · texte numérisé non relu

M"'* DE LA MES^ ARDIÈUE

Et moi aussi, je les ai vus avec un bien grand plaisir, Tannée dernière, ces pauvres princes!...

On riait de Tà-propos , lorsque ^1""= d Wmblemont entra. Elle était vêtue très- simplement ; mais elle portait sur son chapeau un gros bouquet de violette, qui parut scandaliser beaucoup M-"^ deFonval.

M""^ GUILLAUME

Vous voilà enfin , ma chère Adèle ! Comment se porte le général ?

M"^ d'amblemoîït.

Fort bien , ma bonne amie ; mais très-occupé , comme vous pouvez croire : il part après demain pour Yalenciennes , oii j'irai le joindre , si la guerre recommence.

jjme jjj. cOURVILLE.

Vous avez bien du courage , Madame; pour moi , je n'entends jamais parler de guerre sans frémir.

M'"* d'à M BLE M ON T.

Vous y avez perdu sans doute quelqu'un qui vous était cher ?

M""^ DE COURVILLE

Ma jolie maison de Montfermeil , que ces maudits Cosaques m'ont pillée de fond encomble. J'ai été obligée d'y faire remettre pour vingt mille francs de glaces ; et pourtant j'avais une sauve-garde du général Sacken.

M™* d'à MB LE MON T.

On se console de ces malheurs -là , quand on est digne d'en éprouver d'autres.

On vint annoncer que le souper était servi , et l'on se mit à table. Quelque habitude que j'aie d'observer , et quelque fidèle que soit ma mémoire , je ne puis me flatter d'avoir retenu la dixième partie des saillies , des futilités , des choses gaies , sérieuses , folles ou raisonnables qui se sont dites dans une conversation de trois heures entre sept femmes d'humeurs , d'inclinations et d'opinions si différentes : je me souviens seulement que le souper finit par une rupture.

M"" DUBRETON.

Laissons la politique , et parlons de choses plus sérieuses. Savez-vous , M™* de Courville , que vous ^yez là une garniture d'un goût ex-

UN SOUPER DE FEMMES. 2o3

quis ? C'est de chez M"' Germont , n'est-il pas vrai ? Décidément , je quitterai Leroi.

M"'^ DE COURVILLE

Il est toujours le premier homme de son siècle pour les chapeaux , témoin celui de M""* d'Amblemont ; c'est un amour.

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