M"'* DE LA MES^ ARDIÈUE
Et moi aussi, je les ai vus avec un bien grand plaisir, Tannée dernière, ces pauvres princes!...
On riait de Tà-propos , lorsque ^1""= d Wmblemont entra. Elle était vêtue très- simplement ; mais elle portait sur son chapeau un gros bouquet de violette, qui parut scandaliser beaucoup M-"^ deFonval.
M""^ GUILLAUME
Vous voilà enfin , ma chère Adèle ! Comment se porte le général ?
M"^ d'amblemoîït.
Fort bien , ma bonne amie ; mais très-occupé , comme vous pouvez croire : il part après demain pour Yalenciennes , oii j'irai le joindre , si la guerre recommence.
jjme jjj. cOURVILLE.
Vous avez bien du courage , Madame; pour moi , je n'entends jamais parler de guerre sans frémir.
M'"* d'à M BLE M ON T.
Vous y avez perdu sans doute quelqu'un qui vous était cher ?
M""^ DE COURVILLE
Ma jolie maison de Montfermeil , que ces maudits Cosaques m'ont pillée de fond encomble. J'ai été obligée d'y faire remettre pour vingt mille francs de glaces ; et pourtant j'avais une sauve-garde du général Sacken.
M™* d'à MB LE MON T.
On se console de ces malheurs -là , quand on est digne d'en éprouver d'autres.
On vint annoncer que le souper était servi , et l'on se mit à table. Quelque habitude que j'aie d'observer , et quelque fidèle que soit ma mémoire , je ne puis me flatter d'avoir retenu la dixième partie des saillies , des futilités , des choses gaies , sérieuses , folles ou raisonnables qui se sont dites dans une conversation de trois heures entre sept femmes d'humeurs , d'inclinations et d'opinions si différentes : je me souviens seulement que le souper finit par une rupture.
M"" DUBRETON.
Laissons la politique , et parlons de choses plus sérieuses. Savez-vous , M™* de Courville , que vous ^yez là une garniture d'un goût ex-
UN SOUPER DE FEMMES. 2o3
quis ? C'est de chez M"' Germont , n'est-il pas vrai ? Décidément , je quitterai Leroi.
M"'^ DE COURVILLE
Il est toujours le premier homme de son siècle pour les chapeaux , témoin celui de M""* d'Amblemont ; c'est un amour.