Guillaume Poyet, 1473-1548
Le chancelier Poyet, par le rôle important qu'il joua dans l'histoire de quelques années du règne de François V, par la singularité de sa vie, où des revers irréparables suivirent de si près une élévation rapide, aurait dû, semble-t-il, tenter la curiosité des biographes. Cependant, le ministre de François F'' n'a été l'objet d'aucune étude approfondie. Duchesne dans son Histoire des Chanceliers, le P. Anselme dans son Histoire généalogique (tome VI), lui consacrent de courtes notices. ^Histoire du Chancelier Poyet par le Chancelier sans gages, etc., parue à Londres en 1776 (B. N. Ln'^ 16.629), n'est que le recueil de quelques pièces du procès de Poyet, reliées par des commentaires déclamatoires et si ridicules que nous en conseillons la lecture à ceux qui voudraient se divertir. Depuis, la matière n'a été épuisée ni par l'article de M. Bourcier publié par la Revue de l'Anjou en 1855, ni par l'opuscule de M. A. Parrot : Messire Guillaume Poyet, paru à Angers en 1869 (B. N. Ln'^ 23.207), ouvrage où les notices, délayées, de Duchesne et du P. Anselme sont suivies d'un commentaire confus, uniquement phraséologique, des ordonnances du chancelier, où les sources
manuscrites sont complètement ignorées et même la plupart des sources imprimées inconnues. Plus substantielle et plus exacte est la notice de M. Gélestin Port dans son Dictionnaire de Maine-et-Loire, malgré sa brièveté imposée par le cadre de l'ouvrage. Devons-nous citer aussi Alex. Dumas, source inattendue que le hasard de nos lectures nous a fait découvrir, qui présente dans Ascanio un Poyet de fantaisie?
Nos sources sont pour la plupart manuscrites et inédites. Au premier rang, il faut placer la collection des Registres du Parlement. La série des Plaidoiries, tant des matinées (X'=^ 4852 à 4896) que des après-dinées (X'=' 8338 à 8347) nous a permis de juger le talent oratoire de Poyet'. — Dans la série du Conseil (X''^ 1537 à 1552) nous avons puisé des renseignements sur les charges que Poyet eut à remplir comme avocat du Roi et président au Parlement de Paris, sur ses relations avec ses anciens collègues quand il fut devenu Chancelier. — Le registre X"^ 8613, les registres X'=' 9284 à 9287 nous ont fourni, l'un le texte des ordonnances qu'il publia, les autres celui des coutumes qu'il fit réformer à son passage à la Chancellerie.
Les comptes sont toujours une source exacte et précise : Ceux que nous avons trouvés aux Archives nationales dans les cartons J. 960, 961 et 962 ou à la Bibliothèque nationale dans les mss. fr. 15.628 à 15.632, 3044 et Clairambault 1215, nous ont appris les dons que Poyet dut à la générosité du Roi et renseigné sur les ambassades qu'il eut à remplir, les trêves ou les traités qu'il négocia.
Par les lettres on peut jeter quelque lumière sur le caractère de l'homme. Malheureusement elles sont peu nombreuses, disséminées dans Ribier, Lettres et Mémoires
• A la B. N., le mss. fr. 4614 et le mss. fr. nouv. acq. 6528 nous ont fourni, réunies, les plaidoiries, éparses dans les registres originaux, de deux des plus imi)()rtunts procès où Poyet intervint : le procès de la succession de Suzanne de Bourbon et le procès de Guillaume Briconnet.
d'Estat, aux Archives dans le carton J. 966, à la Bibliothèque dans les mss. fr. 482, 4050, 12.765, 20.508 et Clair. 312; quelques-unes, conservées au British Muséum, ont été analysées dans la collection des Letters and Papers; d'autres enfin, qui sont plutôt des actes administratifs, figurent aux registres du Parlement. — Si les lettres émanées de Poyet sont peu nombreuses, celles où il est question de lui le sont davantage. Nous avons dépouillé consciencieusement les volumes 332 à 338 de la collection Clairambault qui réunissent les copies des lettres les plus intéressantes de cette époque et, guidé par les excellentes références du livre de M. Décrue, Anne de Montmorency, nous avons fait dans les registres originaux quelques tâtonnements qui ont souvent abouti à des trouvailles.
A la Bibliothèque nationale, la collection Dupuy nous a été particulièrement précieuse : ainsi au vol. 17 nous avons trouvé les remontrances de Poyet au Parlement de Rouen; au vol. 79 l'inventaire des papiers saisis chez lui lors de son arrestation ; au vol. 736 quelques libelles qui circulèrent contre le chancelier; au vol. 846 la liste d'une partie de ses biens fonciers. Citons enfin les diverses séries du Cabinet des titres et, aux Archives, les cartons J. 963 à 968, J. 672 et 669, K. 1484, et les Mémoriaux de la Chambre des Comptes, P. 68^, 69, 266, 2537.
Poyet ayant été jugé par une commission extraordinaire, les pièces de son procès ne figurent pas aux registres du Parlement; mais il en reste de nombreuses copies dont toutes les bibliothèques de Paris possèdent plusieurs exemplaires. Toutes sont disposées sans beaucoup d'ordre et se répètent les unes les autres. Nous avons fait usage des deux registres des Archives U. 797 et 798 qui sont des copies du xvii'^ siècle.
Au même rang que ces sources manuscrites, il faut citer des ouvrages imprimés qui ne sont autre chose que
des recueils de documents. Tels sont, entre autres : Le Recueil des lois et ordonnances^ etc., d'Isambert (t. XII), les Letters and Papers dont les tables sont si complètes et si exactes, les Registres des délibérations du Bureau de la Ville (de Paris), édités par Tuetey, la Correspondance de Marillac et de Castillon, publiée par le Ministère des Affaires étrangères, V Inventaire des Archives communales d Angers, par M. G. Port. Enfin le Catalogue des actes de François P% publié par les soins de l'Académie des Sciences morales, bien que actuellement dépourvu de tables, a facilité nos recherches.
Parmi les ouvrages, écrits par des contemporains de Poyet et que nous avons consultés, citons la Chronique de François P', le Journal d\m Bourgeois de Paris, les Lettres de Marguerite de Navarre, les Commentaires de Montluc, les Mémoires de du Bellay, le Discours de la Court, de Ghappuys (B. N. Réserve, Y« 1334), les Lettres de Sadolet, les Relations des Ambassadeurs vénitiens^ de Paradin : V Histoire de nostre temps (Lyon, 1550. B. N. La^o 2), de Le Féron : le De rébus gestis Gallorum (B. N. W- 27).
Parmi les travaux modernes qui nous ont servi, nous retiendrons surtout : Delachenal, Histoire des Avocats au Parlement de Paris, et F. Aubert : Histoire du Parlement de Paris. Enfin, mieux que dans les Histoire de François P% de Varillas (La Haye, 1684. B. N. Lb^» 4), et de Gaillard (Paris, 1766. B. N. Lb^^ 6), nous avons trouvé dans la thèse si documentée de M. Décrue, Anne de Montmorency (Paris, 1885 in-8°), un tableau général de l'époque qu'il nous fallait connaître pour placer plus exactement notre personnage dans le milieu où il vécut.