Id.. liv. XVI, p
En défalquant ce qu'il consacre à la Floride* et à la Louisiane-, il reste à Raynal cent vingt pages pour traiter de l'histoire du Canada^. Cela pourrait suffire à donner un bon abrégé.
Raynal passe vite sur la période des découvertes. En quelques lignes, il expédie la politique coloniale de ,François I*% l'entrée de Jacques Cartier dans le Saint-Laurent*. Quand il en vient à ce premier abandon qui est. si manifestement, la conséquence des guerres religieuses, il se contente de l'expliquer par un manque de persévérance ^. Mais les Normands, les Bretons, les Basques n'ont pas cessé de faire la pèche dans les parages de Terre-Neuve. Ils vont servir.de pilotes « aux aventuriers qui, depuis 1598, tentèrent de fonder des colonies dans ces contrées désertes^ ». De ces « aventuriers >), Raynal n'en nomme qu'un, et c'est, il est vrai, le plus grand, Samuel Champlain. On pouvait espérer que l'historien, qui a si longuement parlé des fondateurs des colonies portugaises, espagnoles, anglaises'', aurait apprécié à sa valeur le père de la Nouvelle-France. L'explorateur infatigable, le conquérant pacifique, et surtout cet ami si sincère des indigènes, qui les tient pour les égaux des Français, méritait bien du philosophe et du philanthrope le môme éloge que Penn - ou Las Casas*^. Raynal donne la date de la fondation de Québec"' et passe. S'il revient à Champlain, ce sera pour lui reprocher de ne pas avoir reconcilié l'Iroquois
1. Édit. 1783, Neucliàtel et Genève, t. VU, liv. XV, pp. 124-125.