‹ Guillaume Raynal, historien du CanadaChapitre 18 sur 62 · Id., liv. XVI, p · texte numérisé non relu

Id., liv. XVI, p

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fient Richelieu et Colbert : u La France semblait appelée dans l'Amérique septentrionale par la conformité du sol et du climat^ ». Bien mieux, et ce qui doit être d'une propagande efficace à une époque où J.- J. Rousseau a rendu à l'âme française « la sensibilité devant le spectacle de la nature- », il célèbre en un couplet enthousiaste la beauté de la Nouvelle- France. «Tout, dans cette région intacte du Nouveau-Monde, portait l'empreinte du grand et du sublime. La nature y déployait un luxe de fécondité, une magnificence et une majesté qui commandaient la vénération; mille grâces sauvages qui surpassaient infiniment les beautés artificielles de nos climats. C'est là qu'un peintre, un poète auraient senti leur imagination s'exalter, s'échauffer et se remplir de ces idées qui deviennent ineffaçables dans la mémoire des hommes ^ ». Raynal annonce Chateaubriand.

Sur un seul point la description géographique que Raynal donne du Canada n'est pas satisfaisante. Raynal n'apprécie pas à sa juste valeur cette incomparable voie de pénétration qu'est le Saint-Laurent. Il ne montre pas assez ce qu'est ce fleuve, large, profond, majestueux, qui, d'Anticosti à la Chine, ouvre le pays sur une étendue de deux cents lieues. Il exagère les difficultés de la navigation entre Québec et Montréal^. Il omet enfin de nous montrer comment les Français de la Nouvelle-France, qui ont si vite appris à tourner l'obstacle, en apparence infranchissable, des rapides, des sauts, des cataractes, en viennent à utiliser, sans interruption, du golfe de Terre-Neuve au golfe du Mexique et au pied des Montagnes Rocheuses, le plus gigantesque réseau de routes d'eau douce qui soit au monde.

1. Édit. 1783, Xeiichàtcl et Conève, t. VII, liv. XVl, p. 203.

2. L'expression est de Raynal qui reproche aux Français du Canada de ne point éprouver cette sensibilité. — Id., p. 269.

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