‹ Guillaume Raynal, historien du CanadaChapitre 21 sur 62 · Id., p. -12S · texte numérisé non relu

Id., p. -12S

3. « Tous les hommes parlent de la liberté; les sauvages seuls la possèdent. Ce n'est pas simplement la nature entière, c'est l'individu qui est vraiment libre. Lo b«=tntiment de son indépendanct" agit sur toutes ses pensées, sur toutes ses actions. 11 entrerait dans le palais d'nn despote de l'Asie, comme dans la cabane d'un laboureur, sans être ébiuui ni des richesses, ni de la puissance. C'est l'espèce, c'est l'homme, c'est son égal qu'il aime et qu'il respecte. Il ne pourrait que hair sou maître et !•; tuer. ;> — Id.,,liv. XVI, pp. 26*2-26.3.

4. Il vient de raconter le supplice d'un prisonnier de guerre qui reste trois jours an poteau de torture, et il conclut ainsi : « Quel mélange de vertus et de férocité! Tout est grand chêi les peuples nui ne sont pas asservis. C'est le sublime de la nature dans ses horreurs et ses beautés. » — Id., liv. XV. p. 25<S.

5. Tout le cb. IV du liv. XV. édit. 1783, Neuchàtel et Genève, t. VII. pp. l3S-ia3.

6. L'engouement pour les sauvages américains est général parmi les écrivains du xvin* si<"'cle et du commencement du xix' (le Huron de Voltaire, les Abénakis de Saint-Lambert, les Natchez et Atala de Chateaubriand).

7. Édit. 1783, Neuchàtel <■:'. Genève, .t. XV, liv. VII. p. 167. — Raynal a-t-il pris ce chiflre dans Chablevoh : Ui^ioire r/énérale de la Nouvelle France, 1744. in-12, t. I, liv. IV, p. 2i6, ou dans Ch.vmplai.m : Œuvres, édit. Laverdière. t. VI, p. 146? Dans CIiar!evoi\' plutôt. S'il avait ouvert les Voyarjus du grand Sainlomieois, il eût, tout de suife, compris q^iel homme avait été le fondateur de Québec, il lu' eût donne dans son Eisloir» la place qu'il méritait.

de signaler que des protestants français ont aidé les Anglais û prendre Québec. La colonie restituée en 1631, Richelieu la remet encore â une compagnie. Il est vrai qu'il se place à sa tête. Raynal a bien compris que l'événement est capital. Il analyse dans le détail et avec une précision qui ne lui est pas habituelle la charte donnée aux Cent Associés*. Mais il laisse Champlain revenir à Québec et y mourir sans le juger digne d'une nouvelle mention. Il ne s'aperçoit pas davantage que ce sont là les débuts véritables de la colonisation française au Canada. La banlieue de Québec se peuple. Les premiers colons de Montréal débarquent. Il n'en dit rien. Il n'en sait rien peut-être. Ayant à constater qu'à la veille de la guerre de Sept ans. Montréal a quatre mille habitants, il affirmera que la ville est née « de quelques cabanes qui s'étaient comme formées au hasard en 1640- » Le hasard, c'est la Dauversière, Madame de Bullion, Maisonneuve, Lambert Closse, Daulac des Ormeaux, la recrue de 1640 et de 1651, vingt années de bataille contre un ennemi sans pitié, tant d'argent prodigué, tant de sang répandu''^!

On ne saurait se satisfaire du court paragraphe où Raynal traite de la première guerre iroquoisc*. Sans doute, l'historien trouve des traits énergiques pour peindre ce que fut la détresse d'une colonie que, pendant vingt ans, la métropole abandonne à une invasion de barbares. Mais il eût fallu qu'il insistât sur la cruauté de l'envahisseur et sur l'héroïsme de cette poignée de colons qui brisa son élan furieux. Dès le début, et l'on ne comprend pas pourquoi, Raynal se refuse à rendre justice aux Français du Canada.

Le Canada délivré des Iroquois par les campagnes victorieuses de Tracy, Raynal marque bien les heureuses suites

1. Édit. 178:3. Neuchàtel et Genève, t. Vli. liv. XV. pp. 1Ô7-168.

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