I.J., pp
GUILLAUME' HAVNAL
les profesdious les plus Qiodestes; il ne p^jut pas être chirurgien, pas même apothicaire'. Il est parqué dans une caste inférieure qui fournit des marchands et des laboureurs.
Tout est aux mains des quatre ou cinq cents Anglais et Ecossais"-' qui foi-ment le premier convoi de Timmigration anglo-saxonne sur les bords du Saint-Laurent. Et ce qui rend intolérable cet état d'infériorité, où sont rejetés les descendants des défricheurs du sol, c'est l'indignité de ces . nouveaux venus qui, par droit de conquête, deviennent leurs maîtres. Laissons-les juger par Murray. « Ce sont pour la plupart des hommes de basse éducation et les plus immoraux qu'il ait jamais vus'^. » Il y a pis. Parmi ces gens qui valent si peu, ce sont ceux précisément qui valent encore le moins, ceux qui ne peuvent réussir par le travail honnête, qui sollicitent le plus àprement les fonctions judiciaires, et qui, par l'abstention des autres, les obtiennent. Ces singuliers magistrats, dont une moitié a fait banqueroute, cherchent naturellement à se refaire aux dépens du public. Un de leurs pi-océdés favoris c'est d'augmenter le chiffre de leurs émoluments en multipliant les procès. Ils envoient dans les paroisses « des huissiers avec des citations en blanc à l'affût de toute querelle ou discorde légère parmi les habitants, les poussant à la suivre, les forçant en quelque sorte à plaider pour ce qu'ils auraient aisément réglé à l'amiable, leur faisant supporter des frais extravagants». On pourrait croire que le réquisitoire est de mauvaise fui, que les griefs sont, outre mesure, grossis par les rancunes patriotiques de quelque Français du Canada. Non pas. Du premier au dernier mot,
1. Pétition des liabitants traiiçais, sans date, probablement du ITGÔ. — Archives Canadiennes, Ottawa. Collection Haldiaiand, B. VJII. p. l'21.
2. Quatre cent cinquante méprisables cantiniers et trafifiuants. — .Murray à lord Slitïlbnrne. 20 août 166*3. — Archives Canadiennes. Ottawa. Collection Haldimand. B. VIII. p. 1.