mai 1772, id., t. XLVIII. j
8 GUILL.\L':iJE RAYNAL
bien Voltaire t'ait amende honorable à Raynal. Il reconnaît qu'il y a de « très i3onnes choses » dans VHisloire philosophique '. Un autre ami de Raynal, c'est l'abbé Morellet. Il nous représente le philosophe comme « un bon homme aisé à vivre, ne montrant rien de l'amour-propre dont les hommes de lettres sont férus et ne blessant celui de personne- ».
Tout le mal c[u'on peut dire de Raynal se trouve réuni dans une brochure qui est publiée en 4791, sans nom d'auteur, sous le titre de Raynal démasqué'-^.
Raynal y est durement traité. C'est un vaniteux, c'est un avare. Il doit sa réputation, sa fortune à ses intrigues. On l'accuse de s'être fait entremetteur pour le compte des grands, d'avoir fait fructifier son argent dans le commerce des nègres.
On aperçoit vite que cette critique sans merci s'inspire de la haine politique. Raynal qui a « vieilli » et qui « subit l'intluence de son amiMalouet^ » s'est effrayé du progrès rapide d'une révolution qu'il a appelée de tous ses vœux. Il a adressé à l'Assemblée nationale une lettre où il l'accuse d'avoir donné au royaume une constitution qui ne peut mener qu'à l'anarchie. La lettre fait scandale. Raynal est traité de renégat. De toutes parts on lui riposte^, et le Raynal démasqué est la plus violente et, sans doute aussi, la plus calomnieuse de ces ripostes.
Il y a pourtant un reproche dont on ne parvient pas â libérer Raynal. Manifestement il a exploité le travail d'autrui. Et c'est ainsi que les contemporains font honneur à Di-
1. Voltaire à Catlierine II, 1'^'' octobre J772. Œuvres cnmvlt'les:, édit. Garnicr, Corresp., t. XVIIÎ, p. 182.