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cette vente de l'eau-de-vie aux indigènes qui « est le présent le plus funeste que l'ancien monde a fait au nouveau ^ ».
C'est le moment de relever une omission de Raynal qui ne se laisse pas facilement expliquer. Raynal ne cesse pas de traiter avec équité les missionnaires du Canada. Il reconnaît que, pendant la première guerre iroquoise, ils contribuent à sauver la colonie^, et aussi quel service ils rendent à la France en la faisant aimer des sauvages 3. Mais de l'œuvre principale des Jésuites, des Sulpiciens et des Récollets, de la conversion des indigènes américains, Raynal ne veui rien dire.
Ainsi pendant trois quarts de siècle ce qui, sur le Canada, attire le plus l'attention de la France, de l'Europe catholique, c'est l'apostolat qu'y poursuivent les Jésuites. Sur la réalité des résultats qu'ils obtiennent on polémique avec acharnement. Champlain, Richelieu, Louis XIV, peut-être même Colbert, se persuadent qu'ils pourront à la fois convertir les sauvages et les franciser. Frontenac, les Récollets, les Jansénistes les accusent de dissimuler par les bulletins de victoire de leurs Relations une irréparable défaite. Et c'est Frontenac, les Récollets et les Jansénistes qui ont raison. Tout cela ne compte pas pour un historien du Canada. Raynal avait pourtant la partie belle contre les convertisseurs des tribus américaines, il avait beau jeu à montrer l'inanité de ce grand effort. Que reste-t-il, au milieu du xvm® siècle,