‹ Guillaume Raynal, historien du Canada; étude critiqueChapitre 27 sur 68 · Édit. 1783, Neuchâtel et Genève, t. VII, liv. XV, p · texte numérisé non relu

Édit. 1783, Neuchâtel et Genève, t. VII, liv. XV, p

2. « Telle était la misère et la dégradation de la colonie qu'elle ne subsistait que par les aumônes que les missionnaires recevaient d'Europe. » — Id,, p. 170.

3. « Ces peuples avaient toujours la prédilection la plus marquée pour la France. C'était une sorte de retour qu'ils croyaient devoir à la considération qu'on leur avait témoignée en leur envoyant des missionnaires qu'ils regardaient plutôt comme des ambassadeurs du prince que comme des envoyés de Dieu. Les missionnaires, en étudiant la langue des sauvages, en se conformant à leur caractère, à leurs inclinations, en usant de tous les moyens propres à gagner leur confiance, avaient acquis un pouvoir absolu sur leur âme... De l'attachement décidé pour les Français naissait, dans ces nations, l'aversion la plus insurmontable pour les Anglais. » — Id., liv. XVI, pp. 294-295.

des nations catéchisées par les Le Jeune, les Brébeuf, les Lallenient? Dans une demi-douzaine de bourgades, moins de mille u chrétiens domiciliés^ ».

Ce qu'il y a de certain, c'est que Raynal ne passe point sous silence l'œuvre des missionnaires de la Nouvelle-France par une hostilité de parti-pris. Une preuve de son impartialité, une preuve éclatante, c'est qu'il a célébré, sur le ton de l'enthousiasme, les succès de ces mêmes Jésuites au Paraguay^.

Raynal n'exagère pas quand il montre la Nouvelle-France tombée à l'époque de la paix d'Utrecht (( dans un état de faiblesse et de misère inconcevable^ ». On peut parfaitement accepter les chiffres qu'il apporte pour justifier son appréciation pessimiste : une exportation qui ne dépasse pas cent mille écus et une contribution du gouvernement métropolitain qui n'est jamais au-dessus de trois cent cinquante mille livres^. Voire, il est quelque peu généreux quand il attribue au Canada vingt mille habitants en 1713^.

Mais où l'on prend Raynal en faute c'est lorsqu'il recherche les raisons de cette détresse. Tout le mal vient de la guerre, une guerre de vingt-cinq ans^ et de cette malencontreuse tentative de monopoliser la traite qui ruine les principaux de la

1. HocQUART au Ministre, 3 octobre 1733. Arch. col. Canada, Coït. gén. 60, 4733, fol. 37.

2. « Lorsqu'en 1768 les Missions du Paraguay sortirent des main» des Jésuites, elles étaient arrivées à un point de civilisation le plus grand peut-être où l'on puisse conduire les nations nouvelles, et certainement fort supérieur à tout ce qui existait dans le reste du nouvel hémisphère. On y observait les lois. Il y régnait une pohce exacte. Les mœurs y étaient pures. Une heureuse fraternité y unissait les cœurs. Tous les arts de nécessité y étaient perfectionnés et l'on en connaissait quelques-uns d'agréables. JL'abondance y était universelle... » — Edit. 1783, Neuchâtel et Gen. ve, t. IV, liv. XV, p. 153.

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