Id., loc. cit
l'accusation est bel et bien soutenue par Carleton, successeur de Murray^
Pour les aider à supporter une pareille tyrannie, pour les aider dans tous les efforts qu'ils font pour la secouer, les Canadiens ont heureusement la bienveillance de leurs gouverneurs. Murray qui a été un ennemi sans pitié, un conquérant sans scrupules, n'a pu s'empêcher de concevoir une vive sympathie pour cette petite nation de soldats qu'il a eu tant de peine à vaincre. A son sujet il ne tarit pas d'éloges 2. Murray paye cher sa sympathie pour les Canadiens. Les marchands du Canada le font accuser par les marchands de Londres. Il est rappelé, en 1766, n'a point de peine à se justifier, mais pourtant ne revient pas en Amérique. Son successeur Carleton pense de même, agit de même. Il appuie la pétition de ces seigneurs et propriétaires de fiefs dans l'île de Montréal qui réclament « que tous les sujets de cette province, sans distinction de religion, soient admis à toutes les charges, sur le seul motif du talent et du mérite personnel^ ». En 1770, il va en Angleterre . plaider la cause des nouveaux sujets.
Carleton n'act^use pas à la légère. Il a mené une enquête dçs plus sérieuses, nommé une commission pour étudier l'administration de la justice par les juges de paix. Il y a fait entrer William Hey, le juge en chef, le Suisse Cramahé, Thomas Dunn, Walter Murray, Colin iJrummond. La commission a rédigé un rapport sur les agissements de ces singuliers magistrats * . En voici le passage le plus édifiant :
1. Carleton à lord Hillsborough. Québec, 28 mars 1770. — Archives Canadiennes, Ottawa. Papiers d'État, Q. VIT, p. 7.