MoRELLET. Mémoires, ch. ix, p
3. « Il était précieux à notre Société parce qu'il savait très bien les nouvelles à cause de ses liaisons avec M. de Puisieux et M. de Saint-Séverin. ». Id.. loc. cit.
4. « Si la reconnaissance des peuples est le prix des services rendus à Thumanité, quel mortel en est plus digne que celui dont je célèbre la mémoire! Tous les instants de sa vie furent consacrés au culte de la justice et de la liberté. » Eloge philosophique et politique de Guillaume- Thomas Raynal. Paris, an IV (1796) p. 2.
HISTORIEN du: CANADA 7
du Raynal démasqué, « il se présente chargé de quatrevingts ans d'imposture et de charlatanisme^ ».
Raynal a d'illustres patrons : Rousseau, ce Rousseau qui est si prompt à mal interpréter les actes, les paroles, les intentions, a célébré sa délicatesse, son honnêteté, sa chaleur d'amitié^. Le témoignage de Voltaire n'est pas moins favorable. On ne peut imaginer de certificat plus élogieux que cette lettre du 21 avril 1750 adressée à M. Dorget, où il lui propose l'abbé Raynal comme correspondant du roi de Prusse : « L'abbé Raynal... est un homme d'un âge mùr, très sage, très instruit, d'une probité reconnue et qui est bienvenu partout. Personne dans Paris n'est plus au fait que lui de la littérature, depuis les in-folios des Bénédictins jusqu'aux brochures du comte de Caylus; il est capable de rendre un compte très exact de tout, et vous trouverez souvent ses extraits beaucoup meilleurs que les livres dont il parlera. » Et Voltaire termine en assurant que son candidat est, de toutes façons, digne d'une telle correspondance *\ Mais n'est-ce pas là un certificat de complaisance ?
En 1750, Raynal en est toujours k ses débuts, et ces débuts n'ont rien de particulièrement brillant. Puis, Voltaire veut empêcher Frédéric II d'employer Fréron, et rien que cela suffirait à expliquer qu'il plaidât, avec cette vivacité, en faveur de l'historien du Parlement d'Angleterre et du Stathoudérat. Lorsque, vingt ans plus tard, Raynal donne son oeuvre maîtresse. Voltaire ne met aucun empressement à la lire. Il ne Ta pas encore lue en 1772, au bout de deux ans. Il ne se décide à le faire que sur la parole de Condorcet. Voire, il avoue son inquiétude à son futur biographe. Il a bien peur « que ce soit un réchauffé avec de la déclamation* >^ Aussi