‹ Guillaume Tell [microforme]Chapitre 28 sur 37 · WALTHER TELL · texte numérisé non relu

WALTHER TELL

M’attacher! Non, je ne veux pas qu’on m’attache. Je me tiendrai tranquille comme un agneau, je ne

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respirerai seulement pas; mais si vous me liez, je ne pourrai pas, je me débattrai dans mes liens.

RODOLPHE LE HARRAS.

Laisse-toi seulement bander les veux, mon enfant. WALTHER TELL.

Pourquoi me bander les yeux? Pensez-vous que je craigne une flèche lancée par la main de mon père? Je l’attendrai tranquillement, sans baisser la paupière. Allons, père, montre-lui que tu es un archer! il ne le croit pas, il pense que nous sommes perdus. En dépit de cet homme cruel, tire sur la pomme et touche-la.

(Il va sous le tilleul; on place la pomme sur sa tête.) MELCHTHAL, AUX paysans.

Eh quoi! ce crime s’accomplira sous nos yeux! Ah! pourquoi avons-nous prêté ce serment!

STAUFFACHER

Tout serait inutile; nous sommes sans armes, et voyez de quelle forêt de lances nous sommes entourés.

MELCHTHAL.

Ah! si nous avions agi sur-le-champ! Dieu pardonne à ceux aui ont proposé des délais!

GESSLER, @ T'ell.

Allons, hâte-toi. Ce n’est pas impunément qu’on porte des armes: il est dangereux de porter des ins-

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truments de mort. La flèche peut revenir frapper celui qui la lance. Ce droit que le paysan s’arroge insolemment, offense le maître souverain du pays. Personne ne doit être armé que celui qui commande. S’il vous convient de porter des arcs et des flèches, je saurai, moi, vous marquer le but.

TELL saisit l’arbalèle el y place la flèehe Ecartez-vous, place!

STAUFFACHER

Quoi, Tell, vous voulez... Non, jamais... vous frémissez,. votre main tremble; vos genoux fléchissent.

TELL, laissant relomber l’arbulète.

Tout semble s’agiter devant mes yeux.

PLUSIEURS VOIX

Dieu du ciel!

TELL, Au gouverneur.

Epargnez-moi ce supplice. Voilà mon cœur, ordonnez à vos soldats de me donner la mort.

(Il présente sa poitrine.)

GESSLER

Je ne veux pas de ta vie, je veux que tu lances ta flèche; tu es capable de tout. Tell, rien ne saurait t’épouvanter; tu manies la rame aussi habilement

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frapper que l’arc. Il n’est point de tempête qui t’effraye, s aTTOge quand tu as quelqu'un à sauver: maintenant, libéu pays. rateur, délivre-toi à ton tour, toi qui sauves tout le imande. monde.

flèches,

(Tell demeure livré à une lutte affreuse, ses mains tremblent. Tantôt ses yeux se tournent vers le gouverneur, tantôt ils s'élèvent vers le ciel. Tout à coup il prend dans son carquois une seconde fièche, et la cache dans son sein. Le gouverneur remarque tous ses mouvements.)

WALTHER TELL, sous le tilleul.

vous Père, tire, je n’ai pas peur.

ux flé-

TELL, Il le faut.

(11 contient son émotion et s'apprête à tirer.)

RUDENZ, qui pendant ce temps-là a paru se contraindre et se faire violence, s’avançant.

Seigneur gouverneur, vous ne pousserez pas ceci plus avant, vous ne le ferez pas... c’était seulement une épreuve... Vous avez atteint votre but... Poussée trop loin, la rigueur manque sa juste fin,* et l’arc trop tendu se brise.

GESSLER

Taisez-vous, vous répondrez lorsqu'on vous interrogera.

RUDENZ.

Non, je parlerai, je le dois! L’honneur de l’empereur m'est sacré. Un pareil régime doit provoquer

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