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son !
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S tou-
RUODI.
Voici un homme qui accourt en toute hâte.
WERNI.
Je le connais, c’est Baumgarten de Alzellen.
(Conrad Baumgarten se précipite vers eux, hors d'haleine.) BAUMGARTEN.
Au nom de Dieu, batelier, votre bateau!
RUODI.
Eh quoi! qui vous presse tant ?
BAUMGARTEN
5, Détachez le bateau, vous me sauverez la vie; passez-
KUONI.
Ami, qu’avez-vous ?
WERNI.
Qui donc vous poursuit ?
BAUMGARTEN au pêcheur.
Vite, vite, ils sont déjà sur mes talons; les cavaliers du gouverneur me poursuivent; je suis un homme mort s’ils me saisissent.
PE 7 Den RUODI.
Pourquoi ces cavaliers vous poursuivent-ils?
BAUMGARTEN
Délivrez-moi d’abord, puis je vous le dirai.
WERNI.
Vous êtes taché de sang; qu’est-il arrivé?
BAUMGARTEN
Le gouverneur impérial qui demeure sur le Rossberg...
KUONI.
Wolfenschiessen! est-ce lui qui vous fait poursuivre ? 2 w=. BAUMGARTEN. “
Celui-là r’est plus à craindre, je l’ai tué.
TOUS, reculant.
Que Dieu vous fasse grâce! qu’avez-vous fait? BAUMGARTEN.
Ce que tout brave homme eût fait à ma place; j'ai
usé de mon droit contre celui qui attentait à ma propriété et à ma vie.
WERNI.
Vous avez bien fait;
personne ne peut vous en blâmer.
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KUONI.
Le scélérat! il n’a que ce qu’il mérite; il y a longtemps que les gens d’Unterwald lui devaient cette récompense.
BAUMGARTEN
La chose s’est ébruitée; on me poursuit, et tandis que nous parlons, le temps s'écoule:
(Le tonnerre commence à se faire entendre.) KUONI.
Aîlons, batelier, passe ce brave homme sur l’autre bord.
RUODI.
C’est impossible! Un orage terrible va éclater; il faut attendre.
‘ BAUMGARTEN
Grand Dieu! je ne puis attendre; chaque instant de retard est la mort.
KUONI, au pêcheur.
Essaye, avec l’aide de Dieu; on doit aider son prochain; il peut en arriver autant à chacun de now. .
(Le tonnerre et le bruit de l’orage continue
RUODI.
L’ouragan est déchaîné; vous voyez comme les vagues sont hautes; je ne pourrais pas gouverner contre les flots et la tempête.
À An he
F … BAUMGARTEN (oinbe à genoux.
2 ..* Que Dieu vous soit en aide, ‘egmme vous aurez pitié de moi!
+ «® ‘ > ‘ \ WERNI. L Il y va de la vie; sois compatissant, batelier. ñ ; ne À n] 1 L - KUONI. k Sn 0
C’est un père de famille; il a femme et enfants.
RUODI. -
Eh quoi! J’ai aussi une vie à perdre; j'ai comme lui % femme et enfants. Voyez comme les vagues sè brisent avec fureur, comme elles se gonflent et tour- ‘ billonnent, et comme les eaux sont remuées jusque #4 dans les abîmes du lac. Je voudrais sauver ce brave homme; mais cela est impossible, vous le voyez vousmêmes. ét
€ Ce
BAUMGARTEN
Il me faut donc tomber dans les mains des ennemis; et le rivage qui me servirait d’asile.est là devant mes yeux! Il est là; mes regards y atteignent ; le son de ma voix y parvient; un bateau ést ici qui m’y porterait! et il faut que je demeure sans secours et sans espoir! Le
KUONI.
Qui vient vers nous?
WERNI.
C’est Tell de Burglen.
sr PE | à
TELL, avec une arbalète.
4 s. F - ] Ne, L aurez * Quel est l’hommfe-qui demande ici du secours? È 4 KUONI. Le LA $
C’est un homme d’Alzellen qui a défendu sa vie “et qui a frappé Walfenschiessen, le gouverneur im- «14! périal du châtèau de Rossberg; les cavaliers du gou-
| verneur sont sur ses pas, il supplie le batelier de le nts. + passer sur l’autre bord; mais celui-ci a peur de la "7 tempête et ne veut pas partir.
Le Ex NS RUODI.
ne lui “RP es sè ? Tell, qui sait aussi manier la rame, vous dira tour- #£s comme-moi si l’on peut risquer le passage. (Le bruit usque 8 .du longenge et la tempête du lac augmentent encore.) rave * Faut-il que je me jette dans la gueule du loup? Il n’y vous- . fn. a pas un homme sensé qui le voulût Rd e fi, fe £ 4. {+ il TELL. À. L RER 1 Un brâve homme ne songe jamais qu'en dernier at-là | lieu à lui-même.-Aie foi en Dieu et SeCOUTS l’opprimé. nr # RUODI.
qui “NA ours
Il egf facile de donner des conseils lorsqu’on e8t en sûreté dans le port. Mais la barque est là, le lac: est devant vous. Essayez. *
F 7 TELL. k ns
Les flots peuvent bien être miséricordieux, mais “ *E: À" le gouverneur. Essaye, batelier.
PEL. Ve LE CHASSEUR ET LE BERGER.
Sauve-le! sauve-le! sauve-le!
RUODI.
Quand ce serait mon frère ou mon propre enfant, la chose est impossible. C’est aujourd’hui saint Simon et saint Jude, le lac ne s’apaisera pas, il veut une victime.
TELL
Avec d’inutiles paroles, rien ne se fera; l'heure s’écoule, il faut secourir cet homme. Parle, batelier, veux-tu le passer?
RUODI.
Non, pas moi.
TELL
Eh bien donc, au nom de Dieu! donne-moi ton bateau; je veux essayer ce que pourra faire mon faible bras. f. ,
KUONI. bis
Ah! généreux Tell.
BAUMGARTEN
. Jus êtes mon sauveur, mon ange tutélaire.