SCENE I
d li- (Même décor qu'au premier acte.)
RUDENZ, WALTHER FURST, STAUFFACHER, MELCHTHAL.
RUDENZ.
Oui! je le jure, j’ai rompu pour toujours tous les 1.) liens étrangers, je suis revenu à mon peuple, je suis et veux être de toute mon âme un citoyen de la Suisse. Stauffacher et vous, Melchthal, donnez-moi votre main. Oh! n’hésitez pas, ne vous détournez pas, recevez mon serment et mes promesses.
Donnez-lui votre main, son cœur, qui revient à nous, mérite notre confiance.
MELCHTHAL.
Vous avez montré du mépris aux paysans; parlez, que devons-nous attendre de vous?
RUDENZ.
Oubliez l'erreur de ma jeunesse. l /
(Le ciel s’assombrit.)
MELCHTHAL.
Voici ma main, noble seigneur; la parole d’un
paysan est aussi une parole sacrée. Que seraient les chevaliers sans nous? Nous sommes d’une classe plus ancienne que la vôtre.
RUDENZ.
Je l’honore, et mon épée la protègera.
Seigneur, le bras qui dompte et féconde le dur sein de la terre, peut aussi protéger la poitrine de l’homme.
RUDENZ.
Eh bien, vous me défendrez et je vous défendrai; nous serons forts l’un par l’autre. Mais à quoi bon les paroles, tant que notre patrie est la proie de la tyrannie étrangère? Quand notre sol sera délivré de ses ennemis, alors nous réglerons en paix nos droits. (IT se tait un moment.) Vous vous taisez, vous n’avez rien à me dire? Eh quoi! n’ai-je pas mérité que vous ayez confiance en moi? me faut-il pénétrer malgré vous dans le secret de votre alliance? Vous avez tenu conseil, vous avez prêté serment au Rutli, je le sais: je n’ignore rien de ce que vous avez résolu, et, bien que je ne l’aie pas appris de vous, votre secret est pour moi comme un dépôt sacré. Jamais, croyezmoi, je n’ai été l’ennemi de mon pays, jamais je n'aurais rien fait contre vous... Cependant vous avez tort de différer, le temps presse; il faut une | exécution; Tell a déjà été la victime de vos
ais.
STAUFFACHER
Nous avons juré d’attendre la fête de Noël.
nt les RUDENZ.
e plus
Je n'étais pas avec vous, je n’ai rien juré; différez, moi je vais agir.
Quoi! vous voudriez?
RUDENZ.
> le E / Je me compte parmi les chefs du pays, et mon éslai remier devoir est de délivrer Tell.
(Tonnerre lointain.) à WALTHER FURST.
ndrai; oi bon Que voulez-vous entreprendre?
de la vré de RUDENZ.
droits.
n'avez Le sais-je? Hélas! dans l’obscurité qui enveloppe proue son sort, dans les affreuses angoisses de mon incernalgré titude, je ne puis m’attacher à rien de fixe; une seule £ tenu chose est claire dans mon âme, c’est que nous ne SAIS ; pourrons le retrouver que sous les débris de la tyran- , bien nie, et que nous devons forcer toutes les forteresses et est pour pouvoir pénétrer dans sa prison.
ovez-
ais Je MELCHTHAL.
vous
une
Venez, conduisez-nous; nous vous suivrons. Poure vos quoi différer jusqu’à demain ce qui peut être tenté dès aujourd’hui? Quand. nous avons fait le serment du Rutli, Tell était encore libre, et l’acte horrible n’avait pas encore eu lieu. Le temps nous a imposé de nouveaux devoirs, et qui serait assez lâche pour pouvoir encore hésiter maintenant?
RUDENZ, à Walther Furst el à Slauffacher.
Vous l’entendez? Armez-vous et tenez-vous prêts à agir. Des signaux de feu “ont s’allumer sur les montagnes: c’est notre signal de guerre, et quand vous verrez briller les bienheureuses flammes, précipitez-vous sur l’ennemi avec la rapidité de la foudre, et dinde l'édifice de la tyrannie. ?
n: PALO'AZÆ } (Le lac est agité et le bruit des vagues est mêlé de tonnerre et d’éclairs.)
À Gubatalont Ü
à A do its (Ils s’en vont.)