PA (TE
faire conduire en un lieu où tu ne verras jamais la lumière du soleil, afin d’être en sûreté contre tes flèches. Qu’on le saisisse et qu’on l’enchaîne.
(On attache Tell.)
Comment, seigneur, vous pourriez traiter ainsi un homme qui jouit si visiblement de la protection de Dieu?
GESSLER
Nous verrons si elle le sauvera une seconde fois. Qu’on le conduise sur ma barque, où je vais aller sur-le-champ; je le mènerai moi-même à Kussnacht.
ROSSELMANN.
Vous ne pouvez pas le faire, l’empereur lui-même ne le pourrait pas, cela est contraire à notre lettre de franchise.
GESSLER
Où est-elle? l’empereur l’a-t-il confirmée. Non, il ne l’a pas confirmée. C’est par votre obéissance que vous devez d’abord mériter cette faveur. Vous êtes tous rebelles à l’autorité de l’empereur; vous entretenez un esprit téméraire de révolte. Je vous connais tous... Je vois le fond de vos âmes... Aujourd’hui j’enlève cet homme du milieu de vous; mais vous êtes tous coupables comme lui. Ainsi, que celui qui est sage apprenne à se taire et à obéir.
(Il s'éloigne; Rudenz, Rodolphe le Harras le suivent ; Friesshardt et Leuthold demeurent.)
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HEDWIG, dans un profond désespoir.
C’en est fait ; il a résolu de me perdre moi et toute ma famille.
STAUFFACHER, à T'ell.
Et pourquoi avez-vous excité la rage de ce furieux? TELL.
Peut-on se contenir quand on a éprouvé une telle douleur?
STAUFFACHER
Ah! c’en est fait ; avec vous, nous sommes tous liés et enchaînés.
TOUS LES HABITANTS environnent T'ell.
Avec vous, s’en va notre dernier espoir.
LEUTHOLD s’approche.
Tell, jen suis attristé... mais je dois obéir.
TELL
Adieu.
WALTHER To nE; Guec désespoir éts’attachant à lui. Mon père, men père, mon père chéri!
* os se
TELL, levant les bras au ciel.
Il est là-haut ton père, c’est lui qu’il faut appeler.
(Il presse son fils avec tendresse dans ses bras.) Mon enfant est sauvé; Dieu me secourra.
(Il se dégage rapidement et suit les hommes d’afmes.)
Les paysans restés seu!s entonnent le chœur suivant (ad libitum.)
Dieu de bonté, Dieu tout-puissant.
Du fier tyran confonds la rage.
Daigne protéger le courage
Du défenseur de l’innocent.
De la justice voici l’heure,
Malheur au meurtrier, qu’il meurt.
(Tiré de l’opéra de Guillaume Tell de Rossini.)