SCENE III
(La tempête a complètement cessé.)
TELL seul.
C’est par ce chemin creux qu’il doit passer, aucune autre route ne conduit à Kussnacht... C’est ici que je vais accomplir mon deësein... l’occasion est favorable. Le feuillage de ce sureau me cachera à sa vue; de là ma flèche pourra l’atteindre; l’étroitesse du chemin interdit la poursuite... Mets ordre à ta conscience, gouverneur; c’en est fait de toi, ton heure est arrivée.
Je vivais dans la paix et l’innocence; je n’avais jamais dirigé mes traits que contre les animaux des forêts; jamais le meurtre n’avait souillé ma pensée. Tu m’as violemment arraché à mon repos, tu as changé en noir venin le doux lait des pieuses pensées; tu m’as accoutumé aux actions monstrueuses. Celui qui a pris pour but la tête de son enfant peut bien aussi percer le cœur de son ennemi.
Mes pauvres petits enfants innocents, il faut, gouverneur, que je les préserve de ta fureur... Lorsque d’une main tremblante je tendais mon arc... lorsque la main me tremblait... lorsque par un caprice cruel et infernal tu me contraignis de viser la tête de mon enfant; lorsque, sans défense, je me tordais en suppliant devant toi, alors je me suis intérieurement juré par un serment terrible, entendu de Dieu seul, que ton cœur serait le premier but de ma prochaine flèche. Ce que je me suis juré à moimême dans ce moment d’infernale torture est une
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dette sacrée, je veux l’acquitter. Mon pays réclame aujourd’hui la force de mon bras. Conjurés du Rutli, comptez sur moi, c’est le temps de l’action! Et toi, Gessler, tu es mon seigneur, le lieutenant de mon empereur; mais l’empereur ne se serait jamais permis ce que tu as osé... il t’a envoyé dans ce pays pour rendre la justice... une justice sévère, car il est irrité... mais non pour te faire impunément un jeu cruel du meurtre et du carnage. Il y a un Dieu pour venger et punir.
Viens, toi, l’instrument d’amères douleurs, maintenant mon bien le plus cher, mon plus précieux trésor... je vais te donner un but qui était inaccessible aux plus touchantes prières... mais il ne te résistera pas... Et toi, arc fidèle, qui si souven* m’as bien servi dans des jeux joyeux, ne m’abandonne pas dans ce moment sérieux et terrible; cette fois encore seulement, tiens ferme, corde fidèle, qui si souvent donnas des ailes à ma flèche aiguë! Ah! si elle allait s’échapper sans force de ma main, je n’en ai pas une seconde à lancer.
(Des voyageurs passent sur la scène.)
Je vais m’asseoir sur ce banc de pierre, préparé au voyageur pour s’y reposer un moment. — Chacun y passe près de l’autre rapidement et en étranger, sans s'inquiéter de ses peines. — C’est là que passe le marchand soucieux, le pèlerin légèrement équipé, le moine pieux, le brigand farouche, le joyeux ménétrier, le colporteur avec son cheval pesamment chargé qui vient des contrées lointaines, car tout chemin mène au bout du monde. Tous poursuivent leur route pour aller à leurs affaires... et mon affaire, c’est le meurtre!
(I1 s’assied.)
Autrefois, chers enfants, lorsque votre père vous quittait, il y avait grande joie à son retour, car jamais il ne rentrait sans vous apporter quelque chose: tantôt c’était une belle fleur des Alpes, tantôt un oiseau rare ou une corne d’Ammon, comme le voyageur en trouve sur la montagne... Aujourd’hui il est sorti pour chercher une autre proie; il est assis près de ce chemin sauvage, avec des pensées de meurtre; c’est la vie de son ennemi qu’il est venu guetter... — Et cependant, mes chers enfants, c’est encore à vous, à vous seulement qu’il pense aujourd’hui... c’est pour vous défendre, pour protéger votre sainte innocence contre la vengeance du tyran, qu’il apprête son arc pour le meurtre.
(I1 se lève.)
Je guette une noble proie. Le chasseur ne se rebute pas d’errer des jours entiers pendant la rigueur de l’hiver, de risquer sa vie en franchissant les rochers, de gravir des murs de glace auxquels il se colle avec son propre sang... et cela pour atteindre quelque misérable gibier. Il y va ici d’un prix plus précieux, de la vie du mortel ennemi qui veut me perdre, moi et ma patrie.
(On entend dans le lointain une musique joyeuse qui s’approche par degrés.)
J’ai passé ma vie à manier l’arc, à m’exercer à tirer des flèches. Souvent, dans les jeux de village, j'ai atteint le but et obtenu maiïint beau prix. Aujourd’hui je ferai le coup de maître. et je gagnerai ce qu’il y a de meilleur dans toute l’étendue de la montagne.
(On aperçoit une noce sur la hauteur, elle descend dans le chemin creux. On entend un chœur de jeunes paysans.)
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CHŒUR (ad libitum).
Toi que l'oiseau ne suivrait pas, Sur nos accords rèlgle tes pas; Dans nos campagnes Les fils des montagnes Apprendront tes pas.
Toi que l'oiseau ne suivrait pas, Sur nos accords règle tes pas; Toi qui n'es pas De ces climats Vers nos frimas Tu reviendras, etc....
(Tiré de lopéra de Guillaume Tell de Rossini. )
(Tell écoute, appuyé sur son arbalète. Stussi le gardechampêtre l'aborde.)
STUSSI.
C’est le métayer du couvent de Morlischachen qui conduit son cortège de noce: c’est un homme riche; il a bien dix grands troupeaux sur les Alpes; il va chercher maintenant sa fiancée à Imisée, et ce soir il y aura de grandes réjouissances à Kussnacht. Venez avec nous, tous les honnêtes gens sont conviés.
TELL
Je suis un convive trop triste pour une noce.
STUSSI.
Si vous avez quelque chagrin, chassez-le de votre cœur; prenez le temps comme il vient. Il est assez triste à présent ; c’est une raison pous saisir l’occasion de se réjouir. Ici l’on se marie; ailleurs on enterre.
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TELL
Et souvent une chose se passe à côté de l’autre. STUSSI.
Ainsi va le monde. Il y a assez de malheurs partout; un éboulement a eu lieu dans le pays de Glaris et tout un côté du Glarnisch s’est écroulé.
TELL
Les montagnes elles-mêmes chancellent? Il n’y & rien de solide sur cette terre!
STUSSI.
Ailleurs encore il se passe des choses surprenantes. Je viens de voir un homme qui arrive de Bade: il m'a conté qu’un chevalier s’est mis en route pour aller voir le roi. En chemin un essaim d’abeilles s’est attaché à son cheval, et l’a tellement fait souffrir, que l’animal est tombé mort: et le chevalier est arrivé à pied chez le roi.
TELL
Au plus faible même il a été donné un aiguillon.
(Un vieillard arrive avec plusieurs enfants et se place au milieu du chemin creux.)
STUSSI.
On craint que sela n’annonce quelque grand malheur pour le pays, et des actes affreux et contre nature.
mn
TELL
autre. Chaque pas amène des actes semblables, et aucun
prodige n’a besoin de les annoncer.
STUSSI.
urs par-
e Glaris Heureux l’homme qui cultive paisiblement son champ, et qui vit sans que personne l’offense, au milieu des siens.
TELL
Il n’y a L’homme le plus paisible ne peut pas vivre en
repos, s’il plaît à un voisin pervers de le troubler.
(Tell regarde souvent avec une inquiète impatience du côté de la hauteur.)
STUSSI.
Adieu. Vous attendez ici quelqu'un?
abeilles TELL.
C’est ce que je fais.
STUSSI.
Je vous souhaite un heureux retour dans votre famille. Vous êtes d’Uri. Notre gracieux seigneur le gouverneur doit en revenir aujourd’hui même.
UN VOYAGEUR qui arrive.
N’attendez plus le gouverneur aujourd’hui. L’orage a fait déborder les rivières, et tous les ponts ont été emportés par l’inondation.
(Tell se lève.)
LE VIEILLARD S' Avance.
Le gouverneur ne viendra pas?
STUSSI..
Lui voulez-vous quelque chose ?
LE VIEILLARD
Hélas! oui.
STUSSI,
Pourquoi vous placez-vous dans ce chemin creux, devant son passage ?
LE VIEILLARD
Il ne pourra pas se détourner; il sera forcé de m’entendre.
FRIESSHARDT. Îl s’avance promptement par le chemin, et dit à haute voix, du fond du théâtre:
Laissez le chemin libre. Voici monseigneur le gouverneur qui arrive derrière moi.
(Tell se retire.) LE VIEILLARD vivement.
Le gouverneur vient?
(Il se place sur le devant de la scène avec ses enfants. Gessler et Rodolphe le Harras paraissent sur la haüteur.) fe | st E
STUSSI à Friesshardt.
. Comment avez-vous fait pour traverser les torrents, puisque les ponts sont emportés?
FRIESSHARDT.
Nous avons supporté un tel assaut sur le lac, que les rivières ne pouvaient nous effrayer.
. STUSSI.
Vous étiez sur le lac pendant cette terrible tempête?
creux, FRIESSHARDT.
Oui, nous y étions, et de ma vie je ne l’oublierai.
rcé de STUSSI
Ne vous en allez pas; contez-moi tout!
FRIESSHARDT,
Laissez-moi; il faut que j'aille en avant, annoncer l’arrivée du gouverneur au château.
STUSSI.
Si le bateau eût porté d’honnêtes gens, il aurait sombré corps et bien; mais sur ces gens-là, ni le feu ni l’eau ne peuvent rien. (11 regarde autour de lui.) Où donc a passé le chasseur avec qui je parlais?
(Gessler et Rodolphe le Harras entrent.)
GESSLER
Dites ce que vous voudrez, l’empereur est mon maître, et je dois chercher à lui plaire. Il ne m’a pas envoyé dans ce pays pour flatter le peuple et le traiter doucement; il veut qu’on lui obéisse, et la question est de savoir si c’est le paysan qui doit être le maître dans le pays, ou l’empereur.
LE VIEILLARD
Voici le moment favorable, je vais me présenter à lui.
(I1 s’approche avec crainte.) GESSLER.
Je n’ai pas fait placer le chapeau publiquement par jeu, ni pour éprouver les cœurs de ce peuple; je les connais depuis longtemps; je l’ai fait placer pour qu’ils apprennent à courber devant moi la tête, et à ne plus la lever orgueilleusement. Je leur ai planté cette gêne sur le chemin où ils sont forcés de passer chaque jour, pour que leurs yeux en soient frappés, et qu’ils se rappellent leur maître qu’ils oublient.
RODOLPHE
Le peuple a cependant certains droits.
GESSLER
Qu’il n’est pas temps de discuter. De vastes résultats sont en voie de s’accomplir. La maison impériale doit s’accroître, et ce que le père a glorieusement commencé, il faut que le fils l’achève. Ce petit
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peuple est un obstacle dans sa route; et... d’une manière ou d’une autre... il faut qu’il se soumette.
(Ils veulent avancer, le vieillard se jette à genoux devant le gouverneur.)
LE VIEILLARD
Miséricorde, monseigneur, grâce! grâce!
GESSLER
Pourquoi vous placez-vous sur mon chemin, dans cette route? Retirez-vous.
LE VIEILLARD
Mon fils languit en prison, mes petits enfants
manquent de pain. Mon puissant seigneur, ayez compassion. de notre affreuse misère.
RODOLPHE
Qui êtes-vous? qui est votre fils?
LE VIEILLARD
Mon bon seigneur, c’est un pauvre journalier du nom de Rigi, qui va, au bord des précipices, faucher l'herbe sur des rochers escarpés,que le bétail n’oserait pas gravir.
RODOLPHE, au gouverneur.
Par Dieu, la vie misérable et digne de pitié! Je vous en prie, rendez-lui son pauvre fils; quelle que soit la faute dont il a pu se rendre coupable, n’est-
elle pas expiée par l’épouvantable métier qui le nourrit? (Au vieillard.) On vous fera justice... venez au château présenter votre demande... ce n’est pas ici le lieu.
LE VIEILLARD
Non, non, je ne quitterai point cette place que monseigneur ne m’ait rendu mon fils! Voilà déjà six mois qu’il languit dans la tour et attend vainement la sentence du juge.
GESSLER
Vieillard, veux-tu me faire violeuce? Retire-toi.
LE VIEILLARD
Justice, gouverneur! Tu es juge dans ce pays pour tenir la place de l’empereur et de Dieu; remplis ton devoir. Comme tu attends justice du ciel, fais-nous justice.
GESSLER
Arrière, qu’on chasse de mes yeux ce peuple insolent.
LE VIEILLARD le retient par son habit.
Non, non, je n’ai plus rien à perdre, tu ne sortiras pas de ce lieu avant de m’avoir rendu justice; fronce le sourcil, lance-moi des regards menaçants, que m'importe? Notre malheur est sans bornes; nous n’avons plus rien à craindre de ta colère.
GESSLER
Vieillard, retire-toi, ou je vais te fouler aux pieds.
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LE VIEILLARD
Eh bien, passe sur mon corps. (Îl pousse ses enfants à terre, et se précipite avec eux au milieu du chemin.)Me voici avec mes petits enfants. Ecrase ces malheureux orphelins sous tes pieds; ce ne sera pas la pire de tes cruautés.
RODOLPHE
Vieillard, tu es donc insensé?
LE VIEILLARD poursuit avec vivacité.
Aussi bien ne foules-tu pas depuis longtemps sous tes pieds le pays de l’empereur? Ah! je ne suis qu’un vieillard! Si j'étais plus jeune, je trouverais quelque
chose de mieux à faire qu’à me prosterner ici dans la poussière.
(On entend de nouveau sur la hauteur la musique de la noce, mais dans le lointain.)
GESSLER
Où sont mes hommes d’armes? Qu’on arrache ce
vieillard d’ici, ou je cesserais de me contenir, et je ferais... ce que je ne veux pas faire.
RODOLPHE
Vos gardes ne peuvent point passer, le chemin creux est embarrassé par une noce.
GESSLER
Oui, je suis encore pour ce peuple un maître trop indulgent. Les discours ont encore trop de licence,
CS — il n’est pas encore dompté comme il devrait l’être; mais tout ceci changera, je le jure. Je briserai cette inébranlable obstination, je ferai plier cet audacieux esprit de liberté: je veux faire régner sur cette contrée une loi nouvelle. Je veux....{1l lève le pied pour l’appuyer sur la tête du vieillard... Une flèche l’atteint . Il porte la main sur son cœur et chancelle, et d’une voix étouffée, il ajoute:) Dieu, aïe pitié de moi!
RODOLPHE
Monseigneur... (Grand Dieu! qu'est-ce donc?
D'où cela vient-il?
LE VIEILLARD se relève.
Au meurtre!... au meurtre!... il chancelle, il tombe; il est blessé...
RODOLPHE soutient Gessler.
Quel funeste événement!... Dieu!... seigneur
chevalier... invoquez la miséricorde de Dieu; vous êtes un homme mort.
GESSLER
C’est la flèche de Tell.
(I1 tombe dans les bras de Rodolphe le Harras, qui le dépose sur le banc de pierre.)
TELL se montre sur le haut du rocher.
Tu as reconnu d’où partait le coup; n’en soupçonne personne autre. Les chaumières sont délivrées,
t l’être; rai cette idacieux tte coned pour che latncelle, et de moi!
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l’innocence n’a plus rien à craindre de toi, tu ne désoleras plus cette contrée.
(11 disparaît de dessus le rocher. Le peuple se précipite sur la scène.)
STUSSI.
Que se passe-t-il? Qu'est-il arrivé?
LE VIEILLARD
Le gouverneur a été percé d’une flèche.
LE PEUPLE se presse en foule.
Qui est-ce qui a été frappé?
(Pendant qu’une partie de la noce est sur le devant de la scène, le reste est encore derrière sur la hauteur, et la musique continue.)
RODOLPHE LE HARRAS.
Il perd tout son sang. Allez, chercher du secours, poursuivez le meurtrier... Malheureux, il faut donc que tu périsses ainsi! pourquoi ne voulais-tu pas écouter mes avis?
STUSSI.
Par Dieu! Le voilà étendu pâle et inanimé.
PLUSIEURS VOIX
Qui a fait le coup?
RODOLPHE
Ce peuple st donc insensé de faire ainsi de la musique à ur neurtre? Qu’on les fasse taire. (La musique cesse el la foule du peuple s’accroit.) Seigneur gouverneur, parlez si vous le pouvez. N’avezvous rien à me confier? (Gessler fait des signes avec la main qu’il répète avec vivacité parce qu’ils n’ont pas été immédiatement compris.) Où dois-je aller? à Kussnacht?... Je ne vous comprends pas... Oh! ne vous impatientez pas!... Quittez toutes les pensées terrestres; songez seulement à vous réconcilier avec le ciel.
(Toute la noce ertoure le mourant avec une horreur sans compassion.)
STUSSI.
Voyez comme il pâlit. La mort arrive jusqu’à son cœur, ses yeux sont éteints.
LE VIEILLARD élève un de ses enfants dans ses bras.
Regardez, enfants, regardez comment meurt un monstre.
RODOLPHE LE HARRAS.
Insensé, avez-vous donc perdu tout sentiment, de repaître ainsi vos regards de cet affreux spectacle? Secourez-moi; venez à mon aide. Personne ne
m'aidera-t-il à retirer de son sein cette horrible flèche ?
LE PEUPLE se relire.
Nous, toucher celui que Dieu a frappé!
isi de la ire. (La nt.) Sei- , N’avez-
qnes avec ils n'ont aller? à > Oh!
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Treur sans
qu’à son
ses bras.
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ent, de ctacle ?
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RODOLPHE LE HARRAS.
Malédiction sur vous et damnation!
(Il tire son épée.) STUSSL lui arrèle le bras.
Gardez-vous-en, seigneur! votre pouvoir est fini, le tyran de cette contrée est tombé; nous ne supporterons plus aucune violence; nous sommes libres!
TOUS, avec lumulle.
Nous sommes libres!
RODOLPHE LE HARRAS.
En sommes-nous venus là! la terreur et l’obéissance se seraient-elles si rapidement évanouies? (Il s’adresse aux serviteurs armés qui l'entourent.) Vous voyez l’homicide attentat qui s’est accompli ici... Tout secours est superflu... C’est en vain qu’on voudrait poursuivre le meurtrier; d’autres soins nous pressent. Allons à Kussnacht pour conserver à l’empereur sa forteresse! Tous les liens de l’ordre et du devoir viennent d’être rompus, et il n’est personne sur la fidélité de qui l’on puisse s’assurer.
(Il se retire avec sa suite en emportant le cadavre.) WALTHER entre précipilamment.
Mon père arrive, tous les confédérés s’approchent en troupe joyeuse.