‹ Guillaume Tell.Nouv.édChapitre 29 sur 38 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

ta main y va y ton fib est en sûrtté : pardonne-iDoi si ma tendresse a voulu te méconnaître un instant» Je treniblaib pour loi , pour toi seul y et je quittais y pour t« sauter ie bien «[tii m'est le plus cher au monde ^ le nom , le doux nom de ton fils. O mon père ! pardonne-moi > mon père.> mon père chéri y laissennoi répéter cent fois ce nom que je m'étais interdit. Rassure^toi y tu ne me tueras point ', une Toix secrète me le prédit* Qu'on me conduise , qu'oto me conduise ! et toi y Glaire ^ Tli-t'en y tnaîsgarde^oid'ikistruire ma mère»

Gemmi se jette al<Nrs dans Je sein de Guillaume y qui le reçoit 9 qui l'embrasse , qui le presse contre son cœur ; il Teut lui parler , il ne peut que l'inonder de ses larmes \ il ne peut que répéter d'jinevoix tremblante ^étoufiée : Non^ mon fils, non y mon efaer fils! Claire est toiiaJ)ée évanouie^ les soldats l'emportent dans le palais ^ et l'infiexîbteGes* 1er » sans être ému de ce spectacle y répète ion ordre terri* hle y ofire pour la dernière foii à Guillaume le choix af^ freux de voir périr son fils ou de se soumettre \ l'^reuvci Guillaume l'écoute la tète baissée i demeure quelqpies instms .sans répondre , tenant toujours Gemmi dans ses br .s ; puis relevant tout à coup la tête y et regardant le gouverneur avec des yeux rouges de pleurs y étincelanê d'indignation : J'obéirai y répond-il ; que l'on me conduise à la place.

Le père et le fils , se tenant par la main y sont aussilôl environnéade gardes* Zb^ descendent enseinUe du palais sous la conduite de Sarnem. Tout lé peuple y informé déjà de Taffimix spectacle qu'on va loi donner > se précipite ▼er^ la place» Presque tous gémissent au fondde lcarlbie>

mais aucun d'eux n'ose exprimer le sentiment de la pitié. Leurs regards timides cherchent Guillaume ; ils le découvrent au milieu de» lances , marchant à côté de Gemmi qui le regarde en souriant. Les larmes viennent dans les jreux en regardant le visage du père : mais la terreur retient ces larmes ; Gésier les punirait comme un crime. Tous les jeux se reportent à terre; un morne silence règne dans le peuple ; il gémit , il souffre et se tait.

L'espace est déjà mesuré par le farouche Samem ; une double haie de soldats ferme de trois cotés cet espace. Le peuple se presse derrière eux : Gemmi y debout à l'extrémité^ considère tous ces apprêts d'un œil tranquille et serein. Gésier, loin derrière Tell, se tient au milieu de sa garde, observant d'un air inquiet le silence morne du peuple ; et Guillaume^ entouré de lances , demeure immobile , les yeux vers la terre. On lui présente son arc avec une seule flèche; après en avoir essayé la pointe , il la brise, la rejette et demande son carquois : on le lui apporte; il le vide à ses pieds , cherche , choisit parmi tous ses traits , demeure long-temps baissé , saisit un instant favorable, et cache une (lèche sous ses vêtemens; il en tient une autre à la main , c'est celle qui doit' lui servir. Samem fait enlever les autres , et Guillaume, avec lenteur > bande la corde de son grand arc.

Il regarde son fils, s'arrête, lève les yeux vers le ciel , jette son arc et sa flèche , et demande à parier à Gemmi. Quatre soldats le mènent vers lui:Hon ffls, dit^il, j'ar besoin de venir t'embrasser encore, de te répéter ce que je t'ai dit. Sois immobile , mon fils ; pose un'genou en terre, ta seras plu^sûr^ ce me semble,. de ne point faire

de moai^êmelit : 4JU plieras Bîeu..^ ttum fiby de prot^pr^ti

inalhettreat&4)è»e. Ah i ne le prie que pour loi , que •mon

iôéeuss vioine pas t'ilten^ir^ affaiblir. peBit*'étDe.ceitiâIe

courage que j!adiiMre sans d^imiter* O mon enfant! tmir,

je ne .pitis rn^ tn(»itver aussi grand que toi. Soutiens ,

soutiens cette ienneté dont je voudrais tefdomnerdl^SEem*-

.pk. Qui , demeure lainsij!» mon en&nt^ te vcnlà ^eomme

jerte veux..,. Goranie je te veuxl malhetiieux que je^suis !

et ^foosie soii^Brez, ô mon Dieu t.... Ètao^.^ Oâoume

la'tSte.w.% Tunesais)pasy tuvie peux prévoir 3'eÉist ^ue

produira sur toiicette prâite, cerler IrîUant dirige «ontiie

ton .freikt* Détourne la lêtei^ imon fiJs , et ne ii>ere{g[apde

pas. Non , non , lui répond l'es^nt , ne crmgnez riai ,

je yeux v<ous regarder , :)e ne verrû point la flèche , je ne

veirai que mon pèfB. Ah ! mon oher fils, s'écrie Tell y ne

me parle pas , ne me parle pas ! ta voix , ton accent

■m'oterais ma force. Tais^toi , prie Dieu ^ 'ne-rettuuepa».

Guillaume l'embrasse en disasittsesniots, veutlequit»ter f l'embrasse encore , répète ces éeroEières paroles > pote la pomme sur sa tête, et se retournant brusquement , re^ gagne sa place à pas préci[»tés.

Là., il reprend sMxi arc^ sa flèche, Teposle «es ^vLx vers ce but si cher.^ essaie deux fois de lever son avc^, et dcuxCbks ses mains palcÉrnelles le laissent tretooilier. Ënfin^ rappellant toiM son aditesse, t6utc aa ioi»e, lont soà courage il essuie Ic^ larmes qiù viennent teu^onirs obscurcir sa vue ; il invoque le Tout-Puissant , qui -du haut du ciel veille sur les pières ; et , roîdiasant son bras qui tremble , il for^cc, aoooutuine soti oail « ne l'egasder que la pomme^ Profitant de ce seul inslafit, aussi ra|iide que la

pensée^ oh il panrient à oublier son fils , il vise , tire , lance son trait ^ et la pomme emportée vole avec lui.

La place retentit de cris de joie; Gemmi vole embrasser son père. Celui-ci /pâle ; inmiobile^ épuise de l'effi>rt qu'il a &it , ne lui rend point ses caresses. D le regarde avec des yeux éteints, il ne peut parler, il entend à peine tout ce que lui dit son fils , il cbanceUe , est: prgt à tomber ; il tombe dans les bras de Gemmi , qui se bâte de le secourir , et qui découvre là flèche cachée sous son vêtement.

Déjà . Gésier était . près de lui , Gésier s'empare de la flèche. Guillaume, reprend ses sens et détourne prompte^ • ment la vue à l'aspect du cruel Gésier» Archer sans pareil, lui dit celui-ci , j'acquitterai ma promesse > je te paierai le prix de ta rare habileté; mais auparavant, réponds-moi : que voulais-tu faire de cette flèche que tu dérobais à mes yeux ?.Une seule t'était nécessaire ; pourquoi gardais-tu celle-ci? — Pour te percer le cœur, tyran, si ma malheureuse main avait tranché les jours de mon fils. A ce mot , qu'un père n'a pu retenir, le gouverneur effirayé rentre au milieu de ses satellites. U révoque sa promesse, il ordonne au cruel Samem de faire aussitôt enchaîner Guillaume , et de le conduire dans le fort. On obéit ; on Tient Parracher aux embrassemens de Gemmi , qui veut en vain accompagner son père ; les gardes repoussent Gemmi. Le peuple murmure , s'émeut ; Gésier se hâte de se retirer dans son palais, fait prendre les armes à toutes ses troupes. Des pelotons nombreux d'Autrichiens parcourent toute la ville , forcent les habitans effrayés de se cacher dans leurs -maisons. La teneur règne dans Altorf , et les bourreaux, déjà prêts ^ attendent de nouvelles victimes.

FIN nu THOISIEME LIVRE.

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