‹ Guillaume Tell.Nouv.édChapitre 28 sur 38 · LIVRE ni · texte numérisé non relu

LIVRE ni

des succès mutiles à ma patrie. Cette vaine gloire est loin de valoir la mort que je vais soufirir en prononçant le nom de liberté.

^ A Finstant même y Samem revient conduisant Claire et Gemmi. Dès que Tell aperçoit son fils > il pousse un cri, s'élance vers lui: G Gemmi ^ dit-il; o mon fils! je peux t'embrasser encore! et dans quels lieux.. •»•• pourquoi.. ••• comment ?.. •• Non y non y vous n'êtes point mon père y lui répond aussitôt Gemmi ^ qui voit le péril dt Guillaume y qui sait le sort que Gésier prépare à ses mal^ heureux parens; non y je ne vous connais point ; ma br mille n'est point ici. Guillaume, étonné , demeure im*mobile y- les bras ouverts , étendus ; il ne peut comprendre pourquoi son fils se refuse à ses embrassemens et ose le méconnaître. Claire augmente sa surprise en confirmant ce qu'a dit Gemmi y en répétant avec lui que Guillaume n'est point leur père. Xe cœur de Tell en murmure y il commence à s'en offenser; et Gésier , dont les yeux farou- . ches observent tous leurs mouvemens, Gésier y qui vient de pénétrer le mystère qu'il voulait connaître y jouit à la fois de la crainte , de la surprise , des douleurs et du père etdesen^s.

Une horrible joie se peint sw son firont^ ses r^rds brillent d'un feu sombre. On ne m'abose pdoit y dit-il ; Guillaume, voilà ton fils , et ce fils m'a offensé; ma patiaice y depuis long-temps y a souffert ici tes outrages : afin.de trouver une peine qui fut ^ale2i ta témérité y je vais la prononcer y écoute :

Je- veux y même en te poniasant , rendre hommage à ce talentrare que vante fcosi hcureax pays^ je veux (ffiea

contemplaiit n» justice le people d'Aitorf «knîre toto adresse: on va te nendie ton arc ; on placera ton fils de* vant toi , à la distance de cent pas ; une pomme sera sur sa tête , et dènendra le bot de ta ttbdae. Si ta nuttn ] sûre de ws coups , enièTe avec le trait la pomme , je vous fais grâce à tous deux , et je vous rends la liberté; si ta refnses cette épreuve , ton fils, à tes yenit, ra mourir. Bar*bare, lui répond Tell , qoel démon sotti de l'enfer peat t'inspùrer cette affreuse idée? Diect juste , ^i nous entendez, soaffiîrc2-Toas cet faoxribk excès du génie de la cruauté? Non , je n'accepte point l'épreuve; non , je ne m'expose point à devenir le meurtrier de num fils ; je te deai!|iide la mort , je l'implore de tes bourreaux ; ils sont tous ici ; tout ce qui t'entoure a trempé cent feis ses mains dans le sang. Qu'ils tournent leurs gkives sur mol , (pi'ik ies dirigent sur mon cœur : je te le demande , fsf t'en eonjure; mais que je meure innocent , mais que je meure bomme et père. Écoute, Cesler , tes gardes nombreux , Pexempledetoutun peuple, la certitude, la vue du supplice , n'ont pu me faire flécbir devant toi ; j^at préféré la mort & cette bassesse; bé bien, pour obtenir cette mort, pour écbapper à l'aSreux danger de percer moi-même le cœur de mon fils , je vais plier le genou devant toi , promets-moi le trépas , Gésier , et je m'abaisse devant ton. orgueil.

Non, s'écrie aussitôt Gemmi , dont la voix touchante ^eut de pitié les satellites qui l'environnent , non , ne vous rendez point à ses vœux , f accepte , j'accepte l'ëpreuv^. 'Quoi qu'il arrive , tu Pas promis , mon père sera délivré ^ rassure-toi , mon digne pire ; va , le cid guidera

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