‹ Guillaume Tell, opéra en quatre actesChapitre 21 sur 49 · ARNOLD, GUILLAUME, WALTER FURST · texte numérisé non relu

ARNOLD, GUILLAUME, WALTER FURST

Tu n'étais pas le seul en ces lieux ?

ARNOLD

Eh birn ?

Nous craignons de troubler un si doux entretien.

ARNOLD

Je ne m'informe pas de vos desseins.

WALTEfi.

Peut -être Puis qu'un autre dois-lu chercher à les connaître.

Non ; qu'importe à Melclhal s'il déserte nos rangs, S'il aspire en secret à servir nos tyrans ?

ARNOLD

Qui le t'a dit?

Ton trouble, et Malhilde et sa fuite !

ARNOLD

On m'épie, et c'est toi ?

Moi-même ; ta conduite A jeté le soupçon dans ce cœur alarmé.

ARNOLD

Mais si j'aime?

WALTER

Grand Dieu î

ARNOLD

Mais si j'étais aimé,

Tes soupçons

Seraient vrais,

ARNOLD

Mon a mou i

WALTEU.

ARNOLD

Est impie.

Malhilde?

Klie est notre eanemie.

WALTER

Panai nos oppresseurs elle a reçu la vie.

GUILLAUME et WALTER.

El Meletbal lâchement embrasse ses genoux î

ARNOLD

Mais de quel droit votre aveugle furie?...

Nos droits? un mol te les apprendra tous i Sais-tu bien ce que c'est que d'aimer sa pairie ?

ARNOLD

Vous parlez de pairie, il n'en est plus pour nous.

Je quitte ce rivage Qu'habilent la discorde, et la haine el la peur,

Dignes filles de l'esclavage ; Je cours dans les combats reconquérir l'honneur.

Quand l'Helvélie est un champ de supplices

Où l'on moissonne nos enfans ; Que de Gésier les armes soient complices,

Meurs pour nos bourreaux triomphans ï

Si je meurs c'est pour la victoire.

WALTER

J'ai vu se débattre el tomber la victime.

ARNOLD

Grand Dieu ! que faire ?

GUILLÀUMB.

Ton devoir.

AfcffOLD.

11 faut mourir !

Il faut vivre.

ARNOLD

Eli Lien ! contre Gésier servez mon désespoir. Dans Altorf voulez-vous me suivre ?

llodèrc les transports où ton amc se livre.

WALTER

Re^te, el venge à la fois ton père cl ton pavs.

ARNOLD

Atlievez donc !

La nuit, à nos desseins propice, Nous entoure déjà d'une ombre protectrice. Tu vas voir dans ces lieux, que Gésier croit soumis Surgir de tous côtés de généreux amis :

Ils comprendront tes larmes Au soc de la charue ils empruntent des armes

Pour conquérir un digne sort,

Ou l'indépendance ou la mort !

GUILLAUME, ARNOLD WALTEtt.

Ou l'indépendance ou la mort !

Ils se donnent la main.

Embrasons^nous d'un saint délire !

La liberté pour nous conspire ;

Des cieux mon

^ . , père nous inspire,

Des cieux ton r r

Vengeons-le, ne le pleurons plus.

Pour son pays quand il expire,

Son beau destin semble nous dire ;

C'était aux palmes du martyre

A couronner tant de vertus!

Des profondeurs du bois immense, Un bruit confus semble sortir, Ecoutons !

Écoutons !

Silence !

WALTER

j'entends de pas nombreux la forêt retentir.

ARNOLD

Le bruitapprocbe...

Qui s'avance ?

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