‹ Guillaume Tell, opéra en quatre actesChapitre 6 sur 49 · DUO. * GUILLAUME · texte numérisé non relu

DUO. * GUILLAUME

Où vas-tu? quel transport l'agite ï L'approche d'ua ami n'arrête point ta fuite ?

ARNOLD

Non.

Pourquoi trembies-tu ?

ARNOLD, à part.

De feindre aurai-je le courage ?

Hau!.

Sous le fardeau de l'esclavage Quel grand cœur n*est pas abattu ?

Je comprendrais des maux que je partage ; Arnold ne m'a pas répondu !

arnold, à part.

Suis-je assez malheureux !

Malheureux? quel mystèie?

Pourquoi le taire ?

ARNOLD

Qu'espères-ln ?

Rendre à ton cœur la fonce et la vertu. arnold à pari.

Ah ! Mathiîde, idolk de mon âme !

Il faut donc vaincre nia flamme ï

Guillaume, observant Arnold.

Je saurai lire dans son cœur.

0 ma pairie, Mon cœur te sacrifie Et mon amour et mon bonheur !

Guillaume à part.

Il rougit de son erreur ; En servant la tyrannie S'il fut traître à sa patrie, &on remords du moins expie Un moment de déshonneur.

Haut.

Pour nous plus de crainte servile, Soyons hommes, et nous vaincrons.

ARNOLD

Et comment venger nos affronts?

Tout pouvoir injuste est fragile.

ARNOLD

Contre des maîtres étrangers Quels sont nos appuis ?

Guillaume, Les dangers ; Il n'en est qu'un pour nous, pour eux il en est mille aunold, montrant la maison qui renferme la femme ci le fils de Guillaume.

Songe aux biens que lu perds !

Qu'importe !

ARNOLD

Quelle gloire espérer des revers ?

Je ne sais trop ce que c'est que la gloire3 Mais je connais le poids des fers.

AEÊTOLD.

Ton espe'ranee...

Est la victoire ;

ARNOLD

Nous serions libres !...

C'est mon vœu,

ARNOLD

Mais oô combattre ?

Dans ce lie».

Je le l'ai dit : plus de crainte servile.

ARNOLD

Vaincus, quel sera noire asile?

La tombe.

ARNOLD

Et noire vengeur ?

GUILLAUME. Dieu l

arnold, à part. Ah ! Malhilde, idole de mon âme î I! faut donc vaincre ma flamme ?

Je vais lire dans son cœur.

ARNOLD

0 ma patrie !

Mon cœur te sacrifie Et mon amour et mon bonheur.

ïl rougit de son erreur.

En servant la tyrannie, S'il fut traître à sa patrie, Son remords du moins expiç,

~- 10 — Un moment de déshonneur.

ARNOLD

Du combat, quand sonnera l'heure, Ami, je serai prêt...

Le cor se fait entendre, et Arnold cherche a s'éloigner.

Demeure.

ARNOLD

0 contre-temps fatal !

Melcthal ! Melclhal l

Le cor résonne de nouveau.

Qu'cntends-je?

C'est Gésier! quoi ! tandis qu'il nous brave, Youdrais-lu, volontaire esclave D'un regard dédaigneux implorer la faveur?

ARNOLD

Quel sévère langage ï J'our moi c'est un outrage.

Je veux sur son passage.

Braver l'insolent oppresseur

Point d'entreprise téméraire ; A ta patrie : il faudra la venger, arnold. à part.

Mon père î mon pays ! ma tendresse ! Que faire ?

Il hésite, il pâlit ! quel est donc ce mystère ? arnold, à part.

O ciel ! lu sais si Mathilde m'est chère, Mais à la vertu je me rends.

Haut.

Haine et malheur à nos tyrans !

Entends au loin les chants de Thyménée ;

N'attristons pas la fête des pasteurs.

A leurs plaisirs ne mêlons pas de pleurs ;

Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brusse!

Et que, du moins une journée, Un peuple échappe à ses malheurs.

ARNOLD

A ses regards cachons nos pleurs.

O ciel ! tu sais si Mathilde m'est chère ; Mais à la vertu je me rends.

Haine et malheur à nos tvrans l

De mon secret il est dépositaire, Mais il combattra dans nos rangs ; Haine et malheur à nos tyrans I

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