‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 18 sur 57 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

iis clicrchent des yeux s'ils ne decouvririmt point quelque ohevriev , quelque pâtre qui puisse leur indiquer la solitaire caverne où Melctal s'est allé cacher. Rien ne paraît dans ces rocs déserts. C'est en vain que les deux enfans promènent au loin leur vue; ils ne découvrent que des glaces, ils n'aperçoivent que des chamois suspendus sur les précipices , et fuyant avec la rapidité de l'oiseau des airs aussitôt qu'ils sont regardes.

Enlin , vers la huitième heure , une légère filmée sortant du milieu des rocs fixe les yeux de Gemmi , qui la fait remarquer à Claire : tous deux volent vers cette fumée , franchissent des torrens glacés , traversent un bois de sapins , et parviennent à une caverne , où , dès l'entrée , ils aperçoivent au fond une flamme pétillante. Un homme était assis devant ce foyer, qu'il ranimait par des branches sèches, Au premier bruit qu'il entend , cet homme retourne la tête, se lève, saisit sa hache, et vient , en la tenant levée , au-devant des jeunes voyageurs. Que demandez-vous ? leur ditil avec un accent de colère. Nous sonunes vos enfans , mon père , répond Claire en courant à lui; c'est Gemmi, c'est votre fille, qui viennent vous porter des vivres , et vous serrer dans leurs bras.

Elle dit, s'élance au cou de Melctal, qui, jetant loin de lui sa hache, pousse un cri de joie , reçoit sa fille , la presse cuntre son cœur, la couvre de ses baisers. Aussitôt, courant à Gemmi , qui le regardait en silence, il l'embrasse , le baigne de larmes , le confond avec Claire dans ses br.is , prononce le nom de son père , celui de Tell son ami , précipite ses questions, et les interrompt par les tendies caresses qu'il partage aux deux enfans. Enlîn , les ramenant près du foyer, il les fait asseoir à ses deux cotés , et les écoute en essuyant ses larmes.

Claire l'instruit avec précaution du motil qui les amène, des ordres sacrés qu'elle vient porter de la part du vieillard Henri ; bientôt la voix de Claire s éteint, elle vent, elle ne peut dire le malheur affreux qu'elle pleure, le crime horrible de Gésier; trois fois elle commence ce récit, trois fois elle est forcée de l'interrompre. Gemmi vient à son secours. O Melctal ! lui dit-il , vois nos humes , elles t'annoncent de nouveaux malheurs. Mon père m'a chargé de te les apprendre; mon père m'a dit que son ami les entendrait avec constance , qu'il aurait pitié de sa fille Claire , et qu'il contiendrait sa douleur. Alors le jeune enfant raconte comment Geslcr. l'exécrable Gésier

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