‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 17 sur 57 · LIVRE II. 3J · texte numérisé non relu

LIVRE II. 3J

portait toujours dans ses chasses lointaints. Cette peau , serrée contre son corps par une large ceinture , vient envelopper sa tête , où les dents de l'animal tombent et luisent sur son front : ses jambes sont à demi couvertes par des brodequins d'ourson. Un carquois de cuir, plein de flèches brillantes, est attaché sur son épaule ; et dans ses mains est cet arc terrible qui jamais ne se tendit en vain. Appuyé sur ce grand arc , regardant Edmée d'un œil tranquille :

Ma femme , dit-il , je vous quitte ; je vais partir à l'instant ; je laisse en V;OS mains notre hôte , le père de mon ami , le vieillard qu« je respecte , que je chéris comme mon père ; ne vous occupez que de lui seul. Veillez près de lui pendant son sommeil. Soyez attentive la nuit et le jour à secourir , à soulager , à prévoir ses moindres douleurs. Acquittez à toui les instans ce que nous devons au malheur, à la vieillesse, à l'amitié. Bientôt vous me reverrez; deux jours suffisent à ma course. N infoi-mez personne de mon absence , et que la porte de ma maison soit fermée jusqu'à mon retour.

11 dit , sort de îa chaumière , prend un sentier différent de celui qu'a suivi Gemmi, et précipite ses pas.

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Cependant Claire et Gcmmi descendaient ensemble la montagne pour aller gagner les étroits sentiers qui mènent en Underwald. Ils font un circuit au-dessus d'Altorf , vont frapper à la chaumière d'un pécheur ami de Tel! , et lui demandent de les passer de l'autre côté du lac. Le bon pêcheur, empressé d'être utile à des enfans , court détacher son bateau , leur tend la main, les reçoit; et, saisissant les deux rames , il frappe l'onde ti-anspai-ente à coups éijaux et rapides. Descendus à la rive opposée , les deux enfans rendent grâce au pêcheur, et montent les roches arides qui de toutes parts enferment le lac. Claire veut porter à son tour le fardeau que porte Gemmi. Elle Ini dispute cette douce charge, que Gemmi ne veut point céder. Enfin ils se la partagent; et tous deux, réiinissantlenrs mains sur l'anse de la corbeille , ils gravissent ainsi les sentiers en se parlant , en se regardant avec douleur, avec tendresse, en s'arrctant quelquefois sous prétexte de i-oprendre haleine , mais en effet pour se parler., pour se regarder de plus près.

La lune a déjà di-.paru. Déjà l'aurore, si tardive dans cette froide saison , vient dorer la cime des neiges, lorsque les jeunes vovaijj'urs arrivent au pied du I''aigcl. Ils njontent.

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