‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 22 sur 57 · LIVRE II. 4b · texte numérisé non relu

LIVRE II. 4b

son manleau , sur ses cheveux attaches ensemble par les frimas. Cet homme vint droit aux enfans, qui s'arrêtèrent à sa vue, et dune voix altérée :

Mes jeunes amis, leur dit-il, vous voyez un chasseur égaré. J'ai perdu de vue tous mes compagnons; je ne puis retrouver le chemin d'AItorf , où je suis siir que mon absence a déjà répandu l'inquiétude. Pourriez-vous m'y conduire , enfans? Votre zèle et votre secours seront récompensés par moi. La récompense €st dans le service , lui répondit aussitôt Claire; nous savons le chemin d Altorf , et nous aurons autant de plaisir à vous ramener à votre famille que vous en auriez vous-même à nous rendre à nos bons parens. Suivez-nous., vous êtes certain d'être à la ville dans une heure. Le chasseur alors joint les deux enfans -, el , les observant avec attention à la clarté de la lune , il marche en silence auprès d'eux.

Bientôt le chasseur, «"adressant à Gemmi : Jeune homme, dit-il, quels sont vos parens.* où demeurez-vous dans Altorl '■! Je suis le fils d un laboureur, répond Gemmi sans le regarder; mon père n habite point la ville.—- Et dans quels lieux est sa retraite? — Dans les montagnes, au milieu d'un désert, où il

cultive son champ, où il pratique la vertu, tn vertu ! reprend le chasseur avec un sourire ironique; je n'aurais pas cru que ce nom ftit connu de vous à votre âge. C'est le premier nom que j'ai bégayé, répond Gemmi d'un ton de voix ferme. — Vous savez donc ce qu'il signifie? — Je l'espère au moins. . — ■ Expliquez-le-moi. — Trois mots sulliront : la crainte de Dieu , l'amour des humains , et la haine de leurs oppresseurs. — Et quels sont ces oppresseurs? — Les tyrans et leurs satellites. — En Suisse il n'est point de tyrans. Claire ne peut retenir uu cri. Gemmi ne répondit jioiat; et le chasseur, la tète baissée, marcha quelque temps en silence.

Ils approchaient des murs d'Altorl ; déjà l'on voyait reluire les lanci^s des gardes qui veillnienl aux portes. Le somlire inconnu tout à coup demande à Gemmi d'une voix farouche : Comment s'appelle ton |ière .' (Claire, tremblante, serra jiliis foitmioiit la main de Gemmi. Cehii-ei , pour ijiii le mensonge était impossible, hésiic <|nrlrjucs iiistans; enfin, pressé par l'inconini , illc regarde d'un air assuré. INous avons bien voulu, répond-il, vous remettre dans votre route, mais c'est à quoi se bornera la coulianee que vous inspirez.. Vous ne saurez point le nom de mon père; il n'est

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