‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 47 sur 57 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Guillaume, au milieu des morts , des mourans , montait toujours d'un air intrépide; mais tout à coup , alarmé du grand nombre de soldats qu'il perd, il s'arrête, appelle Melctal, et, se reprochant d'avoir trop écouté les conseils de la seule valeur en faisant une attaque unique, il l'exhorte, il lui commande de se retirer du combat , d'emmener avec lui ses braves, et d'aller attaxjuer le côté de l'est, tandis que Verner et lui-même redoubleront de fureur pour empêcher l'ennemi d'apercevoir ce mouvement. Melctal obéit; Guillaume et Verner redonnent un nouveau signal, poussent des cris plus forts encore , et Sarnem et Ses satellites , occupés du nouvel assaut , réunissent tous leurs efforts pour résister à Guillaume. Pendant ce temps , Melctal et les siens volent, arrivent à la porte de l'est, mal défentlue par un faible poste. Melctal la frappe de sa hache ; Melctal fait apporter du feu : la porte brûle , et Melctal s'élance ; Melctal pénètre dans le fort avec ses amis d'Underwald. Tout cède , toutcfuit , tout meurt. Sarnem , occupé de résister à Tell , entend les cris des fuyards , distingue ceux des vainqueurs. Il veut courir au-devant d'eux, il' se retourne, et Melctal paraît : Melctal , rapide comme la foudre, lui porte un coup de sa hache, par-

yS GUILLAUME TELL.

tage en deux son front odieux , et, s'avançant aux créneaux , tend les mains efi crie victoire. Guillaume le joint aussitôt; le drapeau d'Uri flotte et brille au-dessus du fort redoutable. Guillaume, Melctal et Verner, debout sur un monceau de morts, adressent à Dieu des actions de grâces, et répondent aux acclamalions du peuple qu'ils ont délivré.

Bientôt le fort est débarrassé des cadavres dont il est rempli; les troupes des trois Cantons environnent, pressent leurs chefs, les portent au milieu des habitans d'Altorf , qui , rassemblés sur la place , accourent de toutes parts pour voir leurs libérateurs, ytoni- condev à leur génie, ii leur courage, à leurs lalens, la défense de la liberté. Mais Guillaume leur demande silence, Guillaume leur adresse ce discours :

Citoyens , vous êtes libres ; mais cette liberté précieuse est peut-être plus difficile à conserver qu'à conquérir. Pour l'un le cimrage suflît, pour l'autre il faut des vertus austères, constantes, iuébraulal)les. Garde/.-vousde l'ivresse de la victoire, gardez- vous surtout de l'idolâtrie pour ceux qui la remportèrent avec vous. Vous parlez déjà rie nous iàire vos chefs, tandis que la réeomjiensc rjue je prétends de mes travaux, la seule (jue mon cœur envie,

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