‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 48 sur 57 · LIVRE .IV · texte numérisé non relu

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c'est de devenir soldat , c'est de rentrer dans cette égalité, charme pur et doux des cœurs républicains. Dans une républic|ue , amis , nous sommes tous utiles. Malheur à l'homme qui se croit nécessaire ! malheur au peuple (jui ne le punit pas de cette seu^e pensée !

Assemblez-vous pour peser, dans la» méditation de la sagesse, et vos intérêts et vos nouveaux desseins; que chacun puisse, selon les lois, penser, exprimer, conseiller tout ce qu'il croit utile à la patrie; que cette liberté soit donnée à tout citojen âgé de vingt ans. Aussitôt qu'on aime son pa^s, on a le droit de s'occuper de lui , de lui donner le tribut de sa force et de ses lumières. Nommez un landamme ; que ce nom antique , respecté de nos aïeux , le soit davantage par nous ; que le conseil le dirige, et qu'il contienne le conseil. Faites des lois ; sans lois , que deviendrezvous? La liberté n'est que l'esclavage des lois sages. Gardez vos mœurs ; qu'elles deviennent même plus austères : sans vertus , point de liberté. Le républicain s'est placé , par ce nom , entre les anges et les hommes ; qu'il soit donc meilleur, qu'il soit donc plus g'rand que tous les hommes dont il est entouré.

Pour moi, citoyens, je ne veux, je ne demande, je n'accepte de vous que le nom da

loo GUILLAUME TELL. LIVRE IV.

votre frère, que le di'oit de combattre dans vos rangs. Attendez-vous à de nouveaux combats j attendez -vous que l'empereur voudra reprendre le sceptre que nous venons de briser. Préparez- vous à soutenir ses efforts; pi-épavez-vous aux batailles ; ne comptez que sur Dieu et sur vos bras : appelez pourtant à la liberté les autres Cantons de la Suisse. Ou je me trompe , ou leurs cœurs répondront à votre voix : alors , à force de travaux , de vertus et de courage , vous fonderez une république qui deviendra l'admiration et l'effroi de l'Europe entière. Alors les rois brigueront le nom de vos alliés, et se croiront invincibles lorsqu'ils auront des Suisses pour les défendre. Alors , eu jouissant de la gloire et des armes et de la sagesse, vous lui préféi-ere/. pourtant la gloire d'être libres et lieureux.

Il dit, tout le peuple applaudit : le peuple &ur-le-chik<np procède à l'élection de ses magisti'ats, Tell, Verner, Mclctal , redevenus simples citoyens, reçoivent pour leur récompense une couronne decbêne. Ils rentrent, se confondent au milieu du peuph-, qui résista pendant deux cents ans à tous les efforts de l'Empire, et fonda sa liberté sur ses victoires.

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