‹ Guillaume Tell, ou La Suisse libreChapitre 15 sur 52 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

les bras étendus, je tombe dans ceux de Claire, de Claire qui m'avait suivi, et que les cruels satellites retenaient a la première enceinte. Je me sens presser dans son sein, je suis inondé de ses larmes ; j'entends, à travers ses cris de douleur, ce mot, ce nom si doux à mon âme : Mon père ! mon père ! c'est moi. Je m'efforce d'arrêter ses cris, je la calme, je lui dérobe ma douleur, et lui demande de me conduire chez mon ami, l'ami de mon fils. Nous sommes en chemin, répond-elle, mon cœur me l'a dit avant vous. Nous arrivons, ô mon cher Guillaume ! hélas ! je ne puis plus te voir : mais je te sens auprès de moi, mais je tiens ta main dans la mienne ; elle palpite au récit de mes maux : mon fils est sauvé, mon ami me reste, ah ! je n'ai pas tout perdu.

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