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brasse en lui disant ces paroles : Ami, commençons, je suis prêt.
Aussitôt, séparément et par des chemins opposes, ils vont porter une à une les armes qu'ils ont en dépôt, a leurs amis de la ville, à leurs amis des villages dont Schwitz est environné ; ils vont remettre dans les mains des ennemis de la tyrannie de quoi la détruire, de quoi se venger. Us rendent grâce aux frimas, à la neige qui obscurcit le jour, qui tombe avec abondance, et rend déserts les chemins qu'ils traversent avec sûreté. Ils vont, reviennent cent fois pour distribuer les armes, qu'ils n'osent porter qu'une à une, ils emploient douze heures entières à cette importante distribution, échauffent, raniment le cœur de chacun de ceux qu'ils viennent armer, prennent son serment devant Dieu, l'instruisent du nouveau crime de Gésier, l'animent à la vengeance, et retrouvent toujours de la voix, toujours de nouvelles forces, pour varier des discours, pour faire de nouveaux pas qui doivent amener la liberté.
Le jour entier s'est consumé dans ces soins. Toutes les armes sont distribuées ; Guillaume n'a gardé que son arc. Verner n'a conserve
qu'une lance. Tous deux, accablés de fatigue, rentrent dans la maison de Verner, prennent un peu de nourriture, raniment leurs forces éteintes, et, sans prendre un instant de repos, pressés par le temps qui s'écoule, par la parole donnée à Melctal, ils se remettent en chemin pour la caverne de Grutti.
Ils marchent au milieu des neiges que l'aquilon ramasse autour d'eux ; ils arrivent sur les bords du lac, cherchent un bateau dans l'obscurité, trouvent une faible barque amarrée par de forts liens, et que les flots impétueux, soulevés par le vent du nord, faisaient battre contre le rivage. Verner, voyant le lac agité, s'arrête, demande à Guillaume si sa science si renommée dans l'art de conduire une barque pourra lutter contre la tempête. Melctal nous attend, lui répond Guillaume, et le sort de notre patrie va dépendre de notre entrevue. Comment oses-tu demander si je pourrais traverser le lac ? J'ignore si la chose est possible, mais je sais qu'il faut la faire. Je compte peu sur mon adresse, mais je compte sur le Dieu du ciel qui veille sur les âmes pures, et qui se plaît à protéger les amans de la liberté.
Il dit, saute dans la barque ; Verner s'é-