SCÈNE V
MONOCORDE, GUILLERY, TRUPHÈME.
(Traphème s'avance à petits pas vers sa maison. Guillery, en le suivant des yeux , interpelle à haute voix Monocorde.)
GUILLERY, à Monocorde.
Fi! n’as-tu pas de honte à ton âge? Je comprends qu’un homme de cinquante ans comme le digne M. Tniphème, se laisse prendre à l’odeur des cuisines et à l’appât d'un bon dîner, mais à ton âge !
MONOCORDE
M...oi!
Si maître Foumet t’avait vu, comptant, les plats de ce magnifique dîner, et passant la revue des bouteilles, qu’est-ce qu’il aurait pensé de toi ?
MONOCORDE
M...aitre... F...ournet?
Il plaît à maître Fournet de faire bombance avec les plus honnêtes gens de la ville et la fleur de la bourgeoisie, est-ce que cela nous regarde en rien ?... Il dépense cent écus à un festin somptueux ; ce n’est pas pour que les écoliers s’en aillent régaler leur odorat au soupirail de sa cuisine.
TRUPHÈME, lui frappant sur l'épaule.
Bravo, Guillery!
Ah! c’est vous?... Bonsoir, cousin.
TRUPHÈME .
Es-tu bien sûr que nous soyons cousins ?
Cousins au plus haut degré : au quatorzième !
TRUPHÈME.
Quel est ce grand garçon que tu gourmandais si fort ?
Vous ne le connaissez pas ? c’est le célèbre Monocorde, roi dés écoliers, prince des fainéants, suzerain des coureurs nocturnes, protecteur de la confédération des batteurs de pavé, du reste, paie de tous les vices. 11 a fait de la prison.
GU1LLEKY.
MONOCORDE, d'un air modeste.
Oh! si peu!
TRUPHÉME.
Mais que disica- vous de maître Fournet?
GUILLE R Y
Est-ce que nous parlions de maître Fournet?
TRUPHÉME.
Ne disais-tu pas qu’il avait dépensé trois cents gros écus pour donner à dîner?..,