G III LL ER Y
Guillemette ! on ne damne pas les gens sans les entendre ! Guillemette! vous m’égorgez!... Guillemette! Guillemette! (11 frappe à coups redoublés. — a part. ) Est-ce qu’elle aurait fermé sa fenêtre de bonne foi ? Elle ne serait donc pas femme !
GUILLEMETTE, passant la tête par un guichet, au milieu de sa porte.
Voyons , qu’avez-vous à dire ? Quand vous m 'écriviez ces maudites lettres , vous en écriviez d’autres à Isabeau. Quand vous m’avez dit que Monocorde était pour Isabeau , vous avez dit à Isabeau que vous m’abandonniez à Monocorde. Est-ce vrai, cela ?
CUILLER V
11 n’y a rien de vrai, sinon que j’ai la tête perdue. Est-ce que vous ne lisez pas dans mes veux que je dis vrai? Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose dans ma voix qui vous prouve que je ne mens pas? Est-ce que votre mari vous a jamais parlé de ce ton-là ? Est-ce que mon amour ressemble à un amour de ménage?... Est-ce que?... mais enfin... c’est le feu... quelles preuves?.., si vous étiez... mais vous voyez bien que je no sais pas ce que je dis ! ouvrez !
GUILLEMETTE, sortant vivemen^et refermant sa porte.
Non! j’aime mieux sortir. Ici, nous sommes moins seuls; il peut passer quelqu'un? mon mari peut revenir...
CUILLER V
Vous me croyez donc bien mauvais? vous avez peur de moi plus que de votre mari?
GUILLEMETTE, étourdiment.
Oh! j’ai peur de moi aussi! vous êtes un terrible homme!
GUI LL ER Y, l’entraînant jusqu'au banc qui est devant sa maison.
Guillemette!
GUILLEMETTE
Non, je ne veux pas vous aimer. Ne vous fâchez point : je n’en aimerai pas d’autres. Je resterai vertueuse toute ma vie, et c’est vous qui en serez cause! '