‹ Guillestre et ses environs: aperçu historiqueChapitre 1 sur 68 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Mandement, escarton» canton de Guillestr — Limites de la commune de Guillestre.

Montagnes et cours d'eau. — Le bourg < les hameaux. — Population.

La bulle du pape Gélase II, du 20 décembre 1118, est plus ancien document connu où se rencontre le nom i Guillestre. Par cette bulle, Gélase II confirme à l'abba; bénédictine de St-André de Villeneuve, près d'Avigno les églises de Guillestre, de Risoul et de Geillac : archiepiscopalu Ebredunensiy ecclesias Sancte Mar de Ouillestra et de Castro Risols et de Valle Ciliaci*). G trois communautés formaient précisément la circonscri tion territoriale connue sous le nom de mandement ( Guillestre, dont les forets et les montagnes pastoral étaient communes et sont restées indivises jusqu'à not époque'),

Les formes ordinaires du nom de Guillestre sont Gu lestra ou Guilhestra. Ce n'est que très éxceptionnell

*) Bibl. Nation. Mss. latin 13916, f<> 126 vo. Cf. Fornier, Hist. géru des Alpes, t. I, 1890, p. 676, note.

*) Je n'ai rencontré nulle pari la preuve que la commune de Vais jamais fait partie du mandement de Guillestre, auquel on Tattribue qu quefois.

tnent qu^on rencontre Chiilhestra (1358), Quiliesire

(1512), etc.

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Ouillestre (2.496"»), sont les points culminants delà limite vers TEst ; — le torrent de Riousec ou Riouvert, vers le Nord, sépare Guillestre du Château-Queyras-Ville-Vieille ; — le Ouily depuis le petit hameau de La Chapelue, jusque près du torrent de Furfande, le sépare d'Arvieux, et, depuis Furfande jusqu'à la Burance, d'Eygliers et de Mont-Dauphin; — la Durance sépare Guillestre de Réotier et de St-GIément ; — enfin, une ligne ondulée, partant de la Moulinière de St-Glément (Mulinieria de Vultissa), et suivant d*abord la route nationale, puis partie de Tancien chemin du Plan-de-Fazy, et se dirigeant ensuite vers le torrent de Chagne, jusqu'auprès de la station préhistorique de Panacc/^^, et de là, s'élevant vers la Croix-de- Florins, sert de séparation avec Risoul.

Par suite de cette délimination, le territoire de Guillestre est d'une forme très irrégulière : il s'étend, en réalité, tout entier sur la rive gauche du Guil inférieur et sur une petite fraction de la rive gauche de la Durance, ayant une longueur d'environ 17 kilomètres, sur 3 de large.

L'altitude de ce territoire est des plus variées : tandis qu'elle est de 890™ au niveau de la Durance et au Plan-de- Fazy, elle atteint 3.261™ à la Groix-de-Florins. Le bourg de Guillestre est à 975»» d'altitude.

Au moyen âge, le Guil portait le même nom que Guillestre ; il s'appelait, en 1290, Aqua Ouillestre*) ; en 1331, Aqua de Quillestra (AA. 1) ; en 1469, Aqua Ouilhestre ifiO. 187, f» 310), etc. On le trouve pourtant, au XV« siècle, désigné sous les noms de Guiione (1414), Guillus et Guillius (Arch. de Ville -Vieille). Par exception, en 1431, il est dit Aqua de Cadracio, Mais la forme Aqua Guillestre ou Guilhestre semble être la plus ancienne et la plus ordinaire.

Le bourg de Guillestre est construit sur la rive droite du torrent de Rioubel ou Rifbel, in Rivo Bello (1329), affluent principal de Chagne, qui descend de Vars, et avec

*) Valbonnais, Uist. du Davphiné, 172î, t. II, p. 54, n* 51.

lequel il se confond un peu au-dessous de Guillestre. Ce hourg a sensiblement la forme d'un grand ovale, incliné vers Rioubel et coupé diagonalement par la rue principale ou Grande-Rue, jadis Rue Droite, carreria RecUi (1409), à l'entrée de laquelle était la porte de la Gondamine ou deSt-Sébastien et qui, à Topposé, se terminait par la porte du Queyras ou de Ste-Gatherine. Au centre du bourg, et vers le milieu de la Grande-Rue, se trouve i« ^\r.^^ — i«^,-..«i^ autrefois place du Consulat. Au midi un point culminant, s'élève Téglise ancienne de N.-D. d'Aquilon, reconset dominée par un beau clocher, formé i trois étages et d'une flèche octogoquatre clochetons, du plus gracieux

précédée d'un vaste porche ou réal, colonnes en marbre rose reposant sur et sur deux piédestaux sculptés. La noyer est ornée de panneaux à entreune serrure d'un travail très curieux*).

se, s'élève la fontaine monumentale [0, en l'honneur du général Albert, à mé le jour (1771-1822) et dont on a patriotique.

Rioubel, se trouve le quartier primitif Qu sous le nom de Ville-Vieille ; il le ViUlla Vitole, mentionné, en 739, du patrice Abbon. Une rue, très en l'église et aboutissant à la porte de

Note sur les anciennes églises du dioc. d'Em- 'étud. des Hautes-Alpes, 1884, p. 152-182, où se la reconstructioa de Téglise de Guillestre, du le Plan de cette église, dressé par M. Mathieu

et 161).

llestre, souvenir d'un territorial^ dans Bull. ic uae'vue do la façade do Téglise de Guillestre Is do la porte de rôglise (serrure, plaque, nœud,

V Hôpital ou du St-Esprit, partage le quartier de Ville- Vieille en deux parties presque égales.

Du côté opposé à ce quartier, était situé celui qu'on appelait Ville-Neuve, en 1390. 11 est traversé en grande partie par une rue, dite de la Petite Fontaini sant à la porte de Fontloube, de Barcelonne Coni, aux abords de la route du col de Vars.

A la fin du XIV® siècle, Guîllestre était encor ouverte et, par suite, exposée aux attaques de mis. Il fut entouré, en 1392-98, de barris ou flanqués, de loin en loin, de tours rondes oi dont plusieurs existent encore, quoique décc sauf une, de leur partie supérieure, par les I en 1692. La porle de la Condamine n'a été dén début du X1X« siècle ; celles de Ste-Gatherine, ( du St-Esprit, sont presque intactes et telles qu'e élevées au XIV« siècle.

En dehors des remparts de Guillestre, exis existent encore divers faubourgs :

Fo-NTLOUBE, le long de la roule de Vars, à Rioubel : ad Fontem Loham (1444), ad Fonte7n (1469), de Font-Loubo (1613).

ViLLAR-RoBERT, le loug de Tancienne route di Villarium Robert i (1365), Villario Roberto (14 à l'opposé, le long de Rioubel et de Gliagne : L mine (1469), Condemina (1482), etc. ;

Les hameaux ou écarts principaux de Guil!

allant du Nord au Sud, sont :

1° Bramousse, dans la combe ou gorge du ( 10 kilom. de Guillestre : forestum de Bramoi Bi^amossa (1415), Braniossia (1444), Bramo Bramorcia {ih^O), Bramorsia{iôl2)y Bre7nous, Ce village se partage en deux sections : Les Ci in Chag7iardo (iAU), ChaffiTiartiiOil)^... et L ad Pontetam Braniossiœ [\AA^), Ponleto (1583] partie de la paroisse du Veyer, dont l'église < rive droite du Guil, au pied des escarpements si

est perché le village des Escoyères, dont nous reparlerons plus loin.

2» Le Pont-la-Pierre, ou Maison-du-Roi, et anciennement Malefosse (1460), au confluent du Guil et du Cristillan, torrent de Geillac, inter Ruppes (1386) ; in Ruppis (iAAA^: Pûntem Lavidis C1529V. Ip. Pont: dp. la PpurndâA :

dans le cadastre de Guillestre de 1830, sous le nom, assez drolatique, de « Grandes-Maisons » ; actuellement, il n'y existe aucune maison, ni grande, ni petite.

70 Les Michelats, à droite du torrent de Rioubel, ne se composent que de deux ou trois maisons.

8* Peyre-Haute et Peyre-Basse, entre les torrents ( Rioubel et de Chagne, près de la route de Vars : Fore tum de Pero vers 1429 (Valbonnais, II, p. 15) ; foresto t Petra (1569); foresto de Petra (v. 1568); Petra Basi (v. 1558) ; Peyro (1664).

9* MoREissE ou Maureisse, maison isolée sur la rou de Vars, Moreysam (1444); m Maureyssia (v. 1568 Maureysso et Moreysso (1602); Moreyssia juœta via\ Varci (1566) ; Maureisse (1812).

Le Martinet, à droite du torrent de Chagne, en av de Guillestre, où sont des usines importantes et où fi édifiée, en 1737, une chapelle en Thonneur de St-Martî]

10" Le Villar, à gauche du torrent de Chagne et c l'ancienne route de Guillestre au Pian-de-Fazy : Villar (1469) ; le Villar (1529).

11° Le Plan-de-Fazy, dans la plaine située entre Chî gne, le Guil et la Durance, souvent appelée la Plaine i Barben (du nom d'un village voisin, com« de Risoul in piano de Berbeno, alias de Barbenoc (1310), de Bei berio (v. 1429), plan de Fazy (1698), et près duquel s trouvent des bains thermaux très renommés.

Ainsi qu'il est facile d'en juger par ce qui précèdi l'étymologie des hameaux, écarts et lieux-dits de Ouille tre est grandement facilitée par l'étude des anciens cada très et leurs annexes (GC. 2, et 184-91), et même par ] plan cadastral de 1830. Ce dernier, dressé par Allée, gé( mètre en chef. Martel et Guiramand, géomètres de i classe, est partagé en neuf sections: A. Riowoert ; 1 Bramousse ; G. Chalp-Dessus et Pont-la-Pien^e ; I ChalP'Dessous et La Rochette; E. Le Bourg ; F. Peyt^e G. Le Mélézet ; H. Serre-du-Pin et Le Villar ; I. l Plan-de-Fazy.

Le total de la population de Guillestre avant la Révoli

on n'est pas exactement connu. Si Ton en juge par quelques documents du XIV* siècle, la population était alors assez considérable. En 1301, environ 145 chefs de famille assistent dans l'église à une assemblée communale (BB. 1, p. 11), ce qui représente une population de près de 800 âmes. La construction des remparts, en 1392 (BB. 3. p. 12), donnant au bourg de Guillestre exactement la superficie qu'il a encore de nos jours, permet de croire que la population était alors à peu près ce qu'elle est aujourd'hui. En 1414, Antoine Borel lègue par testament à la confrérie du St-Esprit, pour un repas, auquel toute la population pouvait prendre part, 20 moutons, 21 setiers de froment, 3 quintaux de fromage, etc. (G G. 4, p. 359), ce qui suppose un nombre d'habitants assez élevé. Môme résultat, si Ton étudie, au point de vue de la population, le cadastre de 1469 (GG. 186, p. 445) et ceux qui lui font suite.

La peste de 1630 et le passage continuel des armées au XVII® siècle, produisirent une diminution de la population. C'est ce qu'attestent les plaintes que les consuls font entendre dans un grand nombre de documents.

La révocation de l'édit de Nantes contribua encore, en 1685-90, au départ de quelques familles, dont on trouve les noms dans un document de 1708 environ (FF. 18, p. 405). La plupart de ces familles, d'origine étrangère, s'étaient fixées à Guillestre au début du XVII* siècle.

Le 4 déc. 1708, il y avait à Guillestre 196 familles (GG. 10, p. 381), soit 980 personnes environ.

Suivant les réponses faites, en 1789, à la Commission intermédiaire des États du Dauphiné,par la communauté, Guillestre, à cette date, avait 900 habitants. Mais le recensement de l'an 7 (sept. 1798-sept. 1799) accuse un total de 1.034 habitants. Dès lors, la population tend b aug jusqu'en 1841, pour diminuer ensuite progressi Voici, d'après les recéncemenls officiels, les varia la population de Guillestre au cours du XIX* siècl

l'^ Période d'accroissement :

Années: 1801; 1806; 1817; 1820;

Habitants: d.071; iA67; 1,287; 1.303; i,G7'J; 1.754; i.759.

2*» Période de diminution :

Années: 1846; 1851; 1856; 1801; 1866; 1876; 1881; 1886; 1891; 1896; 1<

Habitants: 1.742; 1.739; 1.000 ; 1.400; 1.509, 1.179; 1491; 1.450; 1.103; 1.361; 1.3

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