II. Prieuré de N.-D. de Calme ou de La
Le prieuré de N.-D. de Calme ou de La Chai la dépendance de la prévôté d'Oulx, dans la ^ Doire. Ainsi qu*en fait foi le Fouillé àe 1516, i
*) Aujourd'hui St-Andr corné», de St-GiUes(Gard) .
sur le territoire de Guillestre et non sur celui d'Eygliers ou de Mont-Dauphin*). Son «église, construite probablement à la fin du XI<^ siècle et avant le milieu du XII«, était sous le vocable de Notre-Dame. C'est ce qu'attestent les bulles-privilèges des papes Eugène III, du 14 mai 1148, ecclesiam Sancte Marie de Calme ; d'Adrien IV, de 1158, ecclesiam Sanctœ Mariœ de Calme ; d'Alexandre III, de iH2, ecclesiam Sancte Marie de Calme ; de Lucius III, de 1183, ecclesiam Sanctœ Mariœ de Calme^), et de nombreux documents des archives de Guillestre, signalés ci-après.
La prévôté d'Oulx avait reçu, en 1168, de Charles, évèque de Turin (1 165-68), l'église de St-Pons de Démonte, située au-delà du col de Larche, dans la vallée de Stura*), Peu après, le prévôt Nicolas (1164-1175 c.) et le chapitre d'Oulx soumirent cette église au prieuré de N.-D. de Calme*), à qui désormais elle dut payer une redevance annuelle de 3 sous, le dimanche de la Septuagésime*).
Le 4 déc. 1240, un acte intéressant fut passé, près de la maison de N.-D. de Calme, dans les vignes (apud domum in Calmîs, in vinea prop3 domum de Calmis), entre l'archevêque Aymar de Bernin (1236, f 1*^5) et noble Guillaume d'Entreveunes, au sujet de la seigneurie de Châteauroux. Étaient présents un grand nombre de seigneurs et de grands personnages des environs: Guillaume Hugues, courrier archiépiscopal. Gui Agnel, de St-Crépin, chevalier, Radulphe, chanoine d'Embrun, Uaymond, prieur de Guillestre, Martin, chapelain de l'archevêque, Odon de Rame, Pierre Rodulphe, de Châteauroux, Giraud de St-Crépin, Rostain Raymond, de Savine, et plusieurs autres*).
*) Gela ressort ôgalemeDt des chartes du 30 sept. 1365 a ia Calma, iu territorio de Guillestra o (p. 293'), du 28 mars lil4 (p. 359), etc.
») Ulo. eccl. ohart, Turin, 1753, iQ-f% pp. 6. 9, 11, U.
3) Ule, eccl. ohart, n» 202, p. 168.
*j Que la charte appelle N.-D. de Guillestre, « ecclesiœ sanctœ Mariœ de Guillestra », expression très caractéristique et di^^nc d'être remarquée»
8) Ibid., n»215,p. 179.
») Foruier III, p. 328-329.
En 1342, il y avait au prieuré de N.-D. de Calme un prieur et trois chanoines *).
Le 28 mars 1414, Antoine Borel, hôtelier de Guillestre, dans son testament, entre autres dispositions fort intéressantes, lègue à N.-D. de Calme, L Calma, une livre d*huile (p. 359).
Le 3 juin 1434, Hugues Garnier, le vi dans son testament, fait également à le legs d'une livre d'huile*).
En 1516, le prieuré de Calme était 6 florins, tandis que le prieuré de N.-I Guillestre était taxé 40 florins. On peu l'importance relative des deux prieurés
D'après ce même document, le sacris Calme, était tenu de payer 1 sol 10 d( Son bénéfice était visiblement de minii 25 juil. 1329, Guillaume, Guibert (Qui N.-D. de Calme (sacristae Beatae Mi acheta de Hugues de Mandagot, prév 55), 13 muids, soit 208 seliers, de seigh venant des dimes de Vallouise (de \ Briançonnais, au prix de 4 lournois d'ari
Les propriétés du prieuré de Calme lionnées aux divers cadastres de Guill 1549 et autres documents qui leur ser est vrai que les premiers sont incomph la fin. Mais cela peut être un indice valeur des immeubles du prieuré.
Le 10 mars 15G9, lors de la répari d'or au soleil a de rante, à laquelle a < le diocèse d'Aipbrun pour sa cotte-pa vante de 50.000 escus de rante » à pay vèque Guillaume d'Avauçon fut comp le prieur de Guillestre, pour 2; « le
c Prioratus Sanctœ Marise de Calma, in di( beos priorem et canonicos très » (Ulc. eccl, chat
*) ParchemÎD servant de couverture aux minut Ouillestro (aux Arcb. des Hautes- Alpes, E. 100).
et le secrestain », pour 1, et le prévôt d'Oulx, pour 10 (G. 282, p. 201). — Au rôle des décimes de 1570, « le prieur de La Ghalp » figure dans la paroisse de Bochet ou Eygliers (nous dirons bientôt pourquoi); il est taxé 6 florins (G. 62, p. 45). Dans celui de 1609, a le prioré de La Ghalp », mis dans la paroisse de Guillestre, est taxé également 6 florins, et «c le secrestaing de La Ghalp », 1 sol 10 deniers i/2 (G. 05, p. 50). En 1736, sur un total de 7.053 livres 1 sol de décimes à payer par le diocèse d'Embrun, « le prioré de Guillestre » figure pour 145 1. et le chanoine Laurent Rame, à cause de son « prioré de La Ghalp », pour 20 1. (G. 70. p. 53). Enfin, en 1773. sur un total de 12. 571 1. de décimes dues par le clergé diocésain d*Ëmbrun, le prieuré de Guillestre est taxé 210 1. et celui de La Ghalp, 59 (G. 74, p. 56).
L'histoire de ce dernier prieuré sera, du reste, toujours difficile à faire, faute de documents précis. On connaît à peine quelques-uns de ses prieurs.
Prieurs de N. D. de Calme ou de La Chalp.
PoNs, Ponlius, prior de La Ca/m, qui, en 1168, accompagne Raymond, archevêque d'Embrun (1168-76), à Briançon, où il est présent avec Radulphe de La Salle, archiprêlre. Gui de Varz, Aynard de Rame, Jourdain de Veene, Pierre Arnaud, de Briançon, et autres, au don fait, à la prévôté d'Oulx, des églises de St-Michel de Gervières et de St-Pancrace *).
Hugues DE Vars, qui est prieur de Galme, le 23 oct. 1173, Ugo de Varz, prior de Cal7neia (sic). Il est témoin dans le difiérend qui existait alors au sujet des dîmes de Vallouise (de Valle Puta) entre le prévôt d'Oulx et l'archevêque d'Embrun*).
Guillaume de Ghamps (de Campis), prieur de Galme
*) Ulo, eccl, char t., p. 7, note 18, et u<» 138, p. 159. Cf. Oioffredo, Storia délie Aipi Mark., dans M. P. H., p. 239. •) Ulc. eccL chart,, p. 52.
GooQle
(prior de Calmis), qui, le 23 mar Bàlie-Neuve, non loin de Gap, de co prieur de St-Pierre du Bourg-lès-Va tence arbitrale, importante au sujet connais, litigieuses entre la prévôt Chabert, archevêque d*Embrun (121
Marcellin Raymond, prieur de Cal
Laurent Rame, chanoine d'Ëmbru:
1735 et 1736, était pourvu du « pr (G. 70, p. 53).
En 1790, un acte reçu par ^ notaire d'Eygliers, relate la pris « prieuré simple et séculier de N Barthélémy Peyras-Bourcier, prêtre fonde de pouvoirs de Georges Bernj prévôt d'Oulx, vicaire général de r<
Gaspar Laugier, chanoine d'En cevait, le 11 avril 1791, une pensic prieuré de La Charpe » (L. 826).
Suivant le curé Albert, a le priei La Chalp, dont le prieuré est fond Guillestre », possédait quelques dro St-Marlin-de-Queyrières*).
Gomme nous l'avons vu ci-dessus, Calme était bâti sur le territoire de son nom à la plaine comprise entre le Gnil et la Durance, prolongemen ou du Plan-de-Fazy. Cette plaine route d'Embrun à Briançon, le « g qui, dit un document du 6 sept. 14 nouveau récemment, ywoj/rt regale novo factum (p. 342). La route fra loin du monastère de Calme, sur u
<) Ibid., n» 69. p. 70.
«) Livre carré d'Embrun, fo 246.
') Note.i^mss. de M. Oigooux, curé d'Aigui i* 7, cf. Mgr Depéry, //txt. hagiol, du dioc. *) Uist, du dtoc. d'Embrun, 1783, t. I, p.
circonstance, s'est appelé longtemps le Pont de Sainte- Marie, pont souvent emporté par le Guil et souvent aussi reconstruit ou réparé « à commun frais des quatre communautés de Guillestre, Risoul, Eygliers et St-Crépin » (oct. 1058, p. 437). C'est ce qui a lieu le 17 oct. 1030 (p. 131), le 9 juin 1631 (p. 127), le 3 août 1642 (p. 135*), le 5 sept. 1647 (p. 137), le 5 août 1671 (p. 325'), le 14 oct. 1682 (p. 329'), le 6 févr. 1692 (p. 161'), le 1«' avril 1702 (p. 179^, le 5 nov. 1705 (p. 183'), le 25 mai 1728 (p. 206'), le 19 juin 1746(p. 222')» le 24 juin 1765 (p. 242), le l«'août 1781 (p. 258), etc.
Après sa reconstruction en marbre rose, le pont de Ste-Marie prit le nom de Pont Rouge, 8 juil. 1740 (p. 217), 1748 (p. 227 . Il était protégé par les digues de Ste-Marie ou du pont Houge (p. 217, et 07). Près de ce pont, existait le « port Ste-Marie », où se formaient les radeaux qui devaient conduire en Provence les bois destinés à la marine (25 nov. 1667, p. 23). De tous ces documents il ressort jusqu'à l'évidence que le monastère ou prieuré de N.-D. de Calme se trouvait aux environs de ce pont, sans qu'il soit possible d'en indiquer l'emplacement précis.
Chapelle et procession de St-Guillaume.
Suivant une tradition locale, dont Mgr Depcry s'est fait l'écho, le prieuré de N.-D. de Calme aurait été détruit, au XIl« siècle, par une inondation de la Durance*), et plus probablement des torrents de Chagne, du Guil et de la Durance réunis. Cette destruction avait été prédite par un pauvre berger, appelé Guillaume, manchot de naissance. Afln de justifler sa prédiction, il se présenta, un jour, devant le prieur incrédule, avec une main reçue
*) Le a pont de la rivière du Guil, proche la priorë (sic) do Ste-Marie do La Chalp », fuit par Pierre Bourg, secrétaire de Sl-Crépin, coùtn, le 22 déc. 1687, la somme de 2.850 1. (p. 160).
•) Depéry, Hist, hagioL du dioc. de Gap, 1852, p. 503-528. — Voyex aus^i le récit du P. Marcellin Former (I, 262-263); U ne fixe aucune date précise sur Tëpoque de celte iooudation^
miraculeusement du Ciel. Le prieur, convaincu par ce prodige, abandonna le|prieuré primitif, édifié sur la rive gauche du Guil,et en construisit un nouveau sur la rive droite de la rivière, au pied du rocher de Bouchet ou de Mille Aures, sur lequel s'est élevé Mont-Dauphin^). Si les legs faits en 1414 et en 1434, doivent église de N.-D. de Calme, il seml détruit le prieuré et son église ] milieu du XV* siècle.
Quoiqu'il en soit, le pieux berg monastère, en serait devenu a { Après sa mort, il fut honoré con nom, le prieuré s'est appelé Sa ou chapelle de St-Quillaume fut b nage fréquenté, surtout par les voisines.
Dès le XVII« siècle, chaque année les habitants de Guillestre se re SJ^-Guillaume et, à cette occasion, repas à « M" les prostrés, consei trace de cet usage, dans les ar 1622 (p. 113). En 1631, la dépei est de 12 1. 12 s. Alors la livre de pot de vin de sols (p. 131*), E encore de 12 1. « Le repast de site rachat de 30 livres de pain, 40 livres de mouton, un chevreau de la procession, cette année, fu accident : Honorât Jehan se noya corps est emporté » 50 pas au-des du Queyras » {Quadriqiiadrensis
Semblables processions, repas peu près chaque année : en 1650 (
*) La cure actuelle d'Eygliers, daos le de Bocheto (dans Forniei-, III, p. 440). C qu^elle reçoit dans le rôle des dëcinoes Anthoni de Bocheto^ 1529 (p. SIS*); B Autboiae de Bochot », 1621 (p. 422*).
en 1699 (p. 177'), en 1710 (p. 189'), en 1716 (p. 196), en 1722 (p. 20r), en 1737 (p. 215), en 1741 (p. 217), en 1762 (p. 236), etc. En 1668, on ajoute 30 sols, donnés en « aumosne à Thermitte establi à StGuilliaiime » (p. 149). En 1699, outre les prêtres, le châtelain, les consuls, le conseil et les chantres, au repas figurent les Capucins chargés de faire la prédication d'usage (p. 330). En 1749, M. Fantin honore le repas de sa présence (p. 224' *).
La Révolution n'a pas interrompu la fête traditionnelle de St-Guillaume et, de nos jours, elle se célèbre comme aux XVII* et XVIII* siècles.