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coutumes, boni usus et bone et c( bonnes coutumes y> sont ment de l'organisation des co non seulement de Guilleslre i les autres comprises dans la A leur avènement sur le troc les nouveaux princes et seigi de leur siège qu'après avoir pecter et d'observer fldèleme privilèges de leurs sujets*).
Dès le XIIl« siècle, pour le r liberté pour s'assembler et tr munauté. Ils élisent leurs coi dics pour traiter certaines représenter la communauté d ils s'imposent proportionnell chacun d'eux, et sans dislincti aQn de subvenir aux charges
Les consuls représentent 1; trent le? finances, à charge gestion à la fin de leur année
diclorum statutorum capilulo script de hiis que in formam public! instrui tionibus debeat recipere turonum, et esse, el sic volumus iuvifojlal:
quinquaginta dictioaibus recipiaut n pro rata, si plures eut pauciores dici iostrumento. In quorum testimooiun apponi sigillum. Datum Ëbreduni, < Domioi miU* trecentesimo ti'icesimo
Orîg. parch« de 11 lig. 1/2. Rcsti peodu, sur double queue, le sceau d
*) A A. 5; Foroier, 111,313-321.
*) Serments de RosUin d'Aucesuc Jarenle, du 1" nov. 1548 (AA. 9), el
3) Le 17 déc. 1332, à Ouiilestre, û laume de Réotier (Reorterii), est conlribuer à toutes les charges mur de ses biens (p. 307). De même, le dit A$$oul^ de Vars (p« 12), etc«
les biens communaux, forêts et montagnes pastorales. Ifs nomment les officiers communaux, sergents majors, commandants de la « milice bourgeoise » (p. 426-27*), champiers, gardes-terres. Ils rendent des ordonnances ou arrêtés et les font exécuter, soUs peine de bans ou amendes. En cas de confiit avec Tarchevêque, prince et seigneur de TEmbrunais, ils en appellent au Pape*). ' Ce que disait naguère du Briançonnais M. le commandant Perreau *), s'applique très exactement à Guillestre et, eu général à toutes les communautés de la principauté d'Embrun : « Par un constraste piquant, dans le temps mêmes où grandissaient ces puissances féodales, dauphins ou comtes, quelques-unes des vallées les plus reculées des Alpes offraient le spectacle d'une autonomie et d une liberté presque absolues. Là, s'était conservée et améliorée encore, au profit des communautés, c'est-à-dire des communes, la tradition des municipes romains et des fédérations gauloises. Protégés contre les coups de force par les obstacles de leur sol tourmenté, les habitants réussirent à faire avorter toutes les tentatives de féodalité locale. Quant aux seigneurs de premier rang, ils devaient se résoudre eux-mêmes à composer avec les montagnards. Par des chartes précises et des traités solennels, ils reconnurent leur organisation politique, confirmèrent leur franchises et leur accordèrent même des concessions*domaniales. Un détail servira à caractériser le régime particulier de ces hautes vallées. Comme le reste de l'Europe, elles ont été parsemées de châteaux forts par le moyen âge. Mais, ici, le château n'était pas le manoir d'un baron ou de quelque autre membre secondaire de la hiérarchie féodale ; c'était un fort, dans Tacception moderne du mot, avec sa garnison soldée, avec son gouverneur 3)... En règle générale, dans les pays de
*) Cest ainsi qu'ils portent appel aa pape Clément VII, le 38 août 1380, contre Antoine Cayre, commissaire archiépiscopal (p. 308'-9).
•) Épopée des Alpes. Paris, Berger-Levrcault, 1903, in-8*, p. 153 et gulv.
>) Voy. ce qac noas avons dit, ci-dessus (p. zxix-xxxi), des châteaux de l'Embrunaii et, en particulier, de celui de Ghiillestre.
montagnes, le régime féodal n*a jamais atteint un développement aussi complet et aussi oppressif que dans les plaines. L'affranchissement des cantons suisses est la démonstration historique la plus complète de cette vérité. Dans les Alpes Occidentales, des obtenues par les habitants du Vallée de Barcelonneite, du Mi Briançonnais, partie intégrante mais h cette nomenclature, on pc païUé de VEmbrunais, qui, d'ap lestre, ne le cédait à nulle autre étendues dont elle jouissait.
Dans la Principauté d'Embrun dans le Briançonnais, «c les pri inconnus », dit encore M. Perreî elles-mêmes, par extinction ou par disparaître presque complèt€ habitants étaient en possessior chasse et le port d'armes*), que ailleurs avec un soin jaloux. Toi de réunion et de suffrage sans a qui résultaient de leur propre vo
IL — Curieuse manière d
DES CONSUi
Les consuls de Guillestre étai( Ils étaient renouvelés chaque anj les deux consuls de Risoul. Le n a varié assez fréquemment.
A une époque ancienne, la nom lieu d'une façon assez compliqué vaut Tart. !«' de la charte du 12
*) Voir, ci-dessus, ce qui a été dit à pr (p.xxxm).Cf. aussi U40 (p. 348), 1641 (p. S 1748 (p. 224).
>) Perreau, op. cit., p. 153-154.
consuls devait se faire au Serre de Rlsoul, prés de la PierreVerie (p. 148), quartier limitrophe, entre Guillestre et Risoul et à peu près à mi-chemin de ces deux communautés. Dès que le jour de Télection était arrivé, le crieur public convoquait les habitants des deux communautés*) et leur prescrivait de se rendre au Sen^e, sous peine d'une amende de 5 sols. Là, eu présence du baile de l'archevêque, s'il lui plaisait de se rendre à la réunion, les anciens consuls désignaient un certaim nombre dliabilants et faisaient jurera chacun d'eux qu'ils ne refuseraient pas le consulat, s'ils étaient élus. Puis, le baile et les nobles des deux communautés se retiraient à part et choisissaient pour consuls deux probes cultivateurs (duos pi^obos seu gag^ialores). Ceux-ci, à leur tour, choisissaient deux consuls parmi les nobles, et, de plus» un certain nombre de conseillers (ordinairement au nombre de 12). Les quatre consuls^ ainsi désignés (deux pour Guillestre et deux pour Risoul), juraient entre les mains du baile, agissant au nom de Tarchevêque et des nobles, ses pariers, de bien remplir les fonctions consulaires ; les conseillers juraient pareillement de bien conseiller les consuls, et, tous ensemble, de ne rien entreprendre, durant le nouveau consulat, au détriment de Tarchevèque et de ses pariers *).
*) Celle convocation des habilanls des deux communautés, en une seule assemblée, peut s^cxpliquor par le fait que, dès une époque reculée, leurs intérêts el leurs bien communaux étaient indivis. Ils le sont même encore en partie aujourd'hui. Au XII« siècle, Guillestre, Risoul el GeiUac. formaient un mandement unique. (Voir p. 1.)
S) In primis, convenerunt et concordaverunl idem dom* archiepiscopus el Hugo Polilli, de Guilhestra, el Johanues Roslagni, de Risolis,... quod eliganlur cousulcs anno quolibet, per hune modum. Primo, fiel preconizalio per hec verba : a Mandatum est dominorum consulum quod omnis homo vadal ad Serre inconlineuti >, sub banno quinque solidorum. Et, poslquam homines diclarum univeraitalum ibidem fuerinl congregati, in modum qui sequitur procedatur. Consules enim veleres, in presentta bajuli dom^ archiepiscopi supradicii, si sibi requisito placueril intéresse, exiganl a toi hominibus quoi eis placuerinl, el recipiant juramenlum quod, si contigetil ipsos vel ipsorum aliquos in consules dictorum locorum eligi, quod non refulabunt officiom consulatas. Deiode, dictut
Plus tard, le mode d'élection d*uDe façon vraiment originale France. Gomme précédemment, Risoul et en présence des liab nautés, le premier dimanche a Baptiste (24 juin). Les habitantî ciens consuls, assistés de leurs à Guillestre, par voler, entre les lieutenant, et désignent ainsi le [ suivante. Puis, ils se rendent au de leur côté, les habitants de Ris fait un pareil choix. Là, le pr Risoul nomme les nouveaux c vice versa, le premier consul am les nouveaux consuls de Risoi temps, lesd. communautés de ont pratiqué ». Gela résulte expre verbaux d'élections consulaires ( Voici, à titre de spécimen, celui
bajulns, una cam nobilibus dictorum lo eliget cum eisdem duos probos seu ga gagnatores eligant duos uobtles in consi tores pro suo arbitrio voluntatis et pro qttidem consules ibidem electi jurabuni arcbiepiscopi, recipieutis juramentum noi pareriorum suorum, quateous eos tan g bene et legaliter ezercere. Et dicti cons tur, electi, jurabuut legaliter consulere riot diciis locis. Jura bu nt etiam dicti coc que consules ordinabuut et facient, et qi coDSulatu durante, auctoritate dom^ arcb:
rum suorum, in quantum ipsos parerios 1 ipso offlcio quomodolibet exercebunt, ni locis, propterea usurpa ndo vel acquirere per quod juridictio supradicti dom^ archi nuetur in aliquo, ultra casus infra ezprei etc. (Fomiep, llï, p. 265-166, n» 1).
Election des consuls de Guillestre et de Risoul au Serre de Risoul le i''^ juillet 1003.
L'an 1663 et le l»»* jour de julliiet, à Guilhestre, et dans la maison comuue, ce sont assamblés, par-devant nous, Jacq. Assaud, lieutenant de chastelain au présent lieu, s^* Franc. Court et Sperit Gaultier, consulz modernes, s" Jn Devilla, Gaspard Robert, Jean Laurens, François Albert, s' Jean-Baptiste Albert, François Barnéaud, Ant. Pascal, André Richan, Ant. Roubert, leurs conseillers; s^^ Guil. Court, médecin, Spérit Gaultier, feu Claude, Ant. Romany, M« Noé Gondre, notaire, Spérit Caffarel, François Caffarel, Ant. Brun, feu Tlioma, André Court, Pierre Court, feu Luc, M* Jaeq. Court, appotieaire, Jean Richan, Jean David, marchand, Jean Barnéaud, François Brun, feu Claude, Jean.Argénsse, feu Albert, Ant. Berrard, Michel Brun, Pierre Odoul, Michel Maurel, Jean Faure, Pierre David, Jean David d'André, Claude Jeanne, Anibal Pontz, Ant. Brun, feu Jean, Pierre Moretton, faisantz la plus majeur et saine partie des habitantz que sont présentement aud. lieu.
Auxquelz assamblés, leur a esté proposé par Torgane dud. s' Franc. Court, que ce jourd'huy, premier dimanche apprès la feste de St Jean-Baptiste, jour accoustumé de procedder à nouvelle création de consulz pour servir Tannée suivante, et, à ces fins, a prié les susnommés de concidérer meurement à lad^ nomination, et de donner leurs suffrages, un par un, entre les mains de nous dit lieutenant de chastelain. A quoy satisfaisant, et apprès avoir receu leur suffrage, Tun apprès l'autre, par pluralité de voix, ont nommé pour premier consul de la personne du SI* Jean Devilla.
Et, apprès avoir proceddé à lad* nomination, lesd. consulz Court et Gaultier nous auroi[n]t requis s'acheminer au mas du Serre-de-Rlsoul, lieu limitroffe d*entre Guilhestre et Risoul ; à quoy nous serions offert, accompagniés des conseillers sy dessus noumés ; où estant arrivés
et assamblés, avec M» Jouvenal Rescutel, chaslelain Risoul, probe François Eymar, consul, et autres coi 1ers dud. Risoul, à la manière accoustumée; et i prié lesd. de Risoul de noumer et de donner de co auxd. de Guilhiestre, led. François Eymar, consul, a nommé pour consulz de Tannée prochaine des perse des s" Jean Devilla et François Gallandre.
Et, ensuitte, lesd. de Risoul ayant prié lesd. de Ihestre de leur nommer de consulz, led. s^ François ( auroit nommé pour consulz aud. lieu de Risoul des sonnes de probes Honnora Maurel, feu Sébastia Jacq. Garnier, feu Jacq., ainsin que de tout temps communautés de Guilhiestre et de Risoul ont pratiqu
Desquelles nominations en ont demandé actes à m chaslelain et lient, de chaslelain, le chescun resf vement, que leur avons conceddé, pour leur serv valloir en ce que de raison. Et ensuitte desd. nominal lesd. s" Court et Gaultier nous auroit requis leur prester serment en tel cas requis et nécessère, et, i fins, aurions requis led. s»" Devilla voulloir prester ment de exercer lad« charge. Lequel s^ Devilla a resp qu'il percisle à ses déclarations sy-devant faictes, q que les susnommés assamblés ont contrevenu aux a et règlements de la Cour, attandu qu'il est comU d*ailhieurs, qu'il est deschargé par les ordonnance Roy pour avoir 6 enfantz ; en oultre, qu'il est lioncle < femme dud. s»* Court; et du tout il eu a demandé act( ces déclarations. De plus, nous serions transportés led. s»* Callandre, auquel avons faict mesme réquisilii injonction; lequel s"" Callandre a aussy refusé, poui raisons qu'il desduira en temps et lieu, et il en a a demandé actes. Et lesd. s^* Court et Gaultier ont per en la susd^ nomination, et n'en ont aussy demandé a que leur avons respectivement concédés au chascuu, eur servir et valloir en ce que de raison. Et ce i les sçachantz desd. consulz, avec nous, soubzsignés ce requis. F. Court, F. Eymar. Et ainsin a esté par chaslelain et lieuteaaiH de chastelain procédé p^ i soubzsignés.
Ansîn signiés à l'original: Jouvenal Rescutel, chaslelaiû. Assaud, lieutenant de cliastelain.
Extrait par moy, Assaud, lieutenant de cliastelain.
Arch. com. de Guillestre, CG. 40, p. 148.
En 1727, se produisent de nouvelles modifications dans la manière d'élire les consuls. Les deux consuls sortants de Guillestre et leurs douze conseillers dressent une liste de huit habitants parmi les plus allivrés au cadastre ou les plus intelligents de la communauté, savoir: quatre pour « le premier chaperon » et quatre pour le second, et c'est dans ces deux groupes que rassemblée générale des habitans choisit les deux consuls nouveaux; elle en prend un dans chaque groupe. Huit jours après cette élection, les anciens et les nouveaux consuls, dans une nouvelle assemblée générale, présentent une liste de 24 habitants, choisis également par eux parmi les plus allivrés et les plus intelligents. L'assemblée nomme 12 d'entre eux pour conseillers de la future année consulaire (p. 356). Ce nouveau mode de procéder est suivi pendant la fin du XVIIl* siècle, en 1740 par exemple (p. 216').
IIL — Époque des élections consulaires.
L'époque des élections a pareillement subi diverses variations. Ordinairement, les élections ont lieu le jour même de la fête de St Jean-Baptiste (24 juin). C'est ce que Ton atteste le 16déc. 1381 (p. 104'). Ainsi l'année consulaire s'étendait d'une fête de St Jean-Baptiste à l'autre*). — Au XVII* siècle, Téleclion des consuls, comme on la déjà fait observer, a lieu « le dimanche après la St-Jean- Baptisle )).0n pourra en trouver maints exemples, en 1631 (p: 148), en i07:J (p. 151), en 1693 (p. KiO). Durant cette périDde, les électeurs confirment quelquefois les consuls
*) En 1472/3, par cxccjjlion, l'élcclion consulaire a lieu io 28 janvier (p. 13M4).
en place ou « modernes » pour une s eu 1674 (p. 154). — Au XVII1« siècle dans la date des élections consulair lieu le dimanche après le 24 juin ( Baptiste, mais le dimanche après la fèi géliste (27 décembre), et cela afin Tannée courante avec Tannée consula quelques années, à adopter celte dei maintenir l'union avec Risoul (p. 53'la vieille tradition des habitants des de se réunir au Serre des Consuls est et l'élection des consuls se fait ainsi, de Tannée, jusqu'en 1777 au moins (p.
1778 (p. 80), on propose de faire T « le dimanche après la Toussaint », pratiquera jusqu'à la Révolution.
Le jour de Téleclion des consuls un grand repas, auquel prenaient pa lieutenant, les consuls et conseillers, a Ce repas était payé par la communau En 1678, le repas donné au « change) coûte 24 1. (p. 153'). En 1699, le repa « suivant Tancienne coutume » (p. 330
Les consuls, dont les fonctions étaie honorés de diverses dislinclions partie à i*église une place priviligiée. Un « au-dessous de l'autel du Rosaire « Il ne pouvait recevoir « tout au ph sonnes », dit-on le 13 févr. 1762. Aussi agrandi et transporté en face de la chî Outre les consuls, il devait recevoii Tarchevéque » et « les officier* muni( plus, lors des événements solennels et tances le demandaient, les consuls po qui leur était spécial : le chaperon, do écarlate. Ce signe dislinctif des cons Fition, pour la première fojs, à Grilles Cf. p. 207).
Quoique gratuites, les fonctions consulaires n'étaient pas une sinécure, et il arriva quelquefois que les habitants ne les acceptèrent que contraints et forcés*). Dans d'autres circonstances, afin d'obliger la communauté à remplir les obligations, vraies ou fausses, qu'on prétendait d'elle, les consuls étaient bel et bien emprisonnés. En 1632, le consul Deville est a mis en prison, à Embrun, faute de pouvoir payer les capitennes, de la contribution que nous leur devons » (p. 435). En 1649, les colonels des régiments logés à Guillestre, afin de contraindre les habitants à leur fournir des vivres, conduisent « le consul Bérard prisonier à Ambrun « (p. 140'), et, peu après, Pierre Grossan, son collègue (p. 141).
N'oublions pas de rappeler que, lors de la peste de de 1030, plusieurs consuls de Guillestre périrent victimes de leur dévouement. Citons avec honneur les noms des consuls Esprit Clary, Pierre Callandre, Esprit Dalmas, Jacques Robert (p. 125-6, 321 '-2).