‹ Guillestre et ses environs: aperçu historiqueChapitre 44 sur 68 · CHAPITRE XVr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVr

Les escartons de TEmbrunais. — Esearton ou étape de Guillestre* — Communautés données en aide.

La nécessité pour les communautés de se défendre contre les multiples ennemis qui les attaquaient et sur-' tout celle de s'entr'aider lors du passage des gens de guerre, est, croyons-nous, la cause première de cette curieuse fédération des escartons, dont on trouve le» traces écrites en Briançonnais dès le XIV« siècle *).

Avant le traité d'Utreclit (1713), il y avait en Briançonnais cinq escartons, composés chacun d'un certain nombre de communautés : l'escarton de Briançon, ayant 12 communautés; celui du Queyras, 7: celui de Pragela ou Val-Gluson, également 7 ; celui de Château-Dauphin, 4, et celui d'Oulx, 21. En tout, 51 communautés. La réunion de ces cinq petites fédérations formait le grand esearton, dont Briançon était le centre ou le chef-lieu Après le traité d'Utrecht, qui céda au Piémont les vallées situées sur le versant italien des Alpes, il n'y eut plus en

*) Ladoucelte, Hist. des Hautes-Alpes, 1848, p. 67. — OaUlaud, Ephémerides, 1874, p. 112; — D' Gbabrand, Vaudois et Protestants des Alpes, 1886, p. 105-106.

Dçonnais que deux escartons, ceux de Briançon et du ^ras*).

\ a de tout temps immémové », existait en Embru- , une organisation fédéra tive des communautés, exacmt semblable à celle du Briançonnais. Les commués embrunaises formaient trois fédérations, trois rtons, savoir : Guillestre, Embrun et Gliorges. La ion de ces trois groupes, de ces trois petits états ou eils, composait le grand escarton, dont Embrun était lef-Iieu et le centre.

\ fait, inconnu des historiens, est attesté par divers imenls des archives de Guillestre et, en particulier la requête suivante :

uêle au parlement de Grenoble par les consuls z Guillestre pour faire assembler les députés de escarlon, etc.

Grenoble, 16 sept. 1628.

Messeioneurs de Parlement,

ipplient humblement les consuls et communautez de appe et escarton de Guillestre, composé des commuez dud. Guillestre, comme chefs dud. escarton, Chasroux, Freicinières, L'Argentière, St-Grespin, Vars, lier, Chancela, St-Clément, Crévoux, La Roche, Risoul îilhac, en TEmbrunois ;

vous remonstrent que le bailliage est composé de î escartons, qu'on nomme autrement eslappes, qui sont lieux d'Ambrun, Guilhestre et Chorges ; lesquels rions s'assemblent ordinairement à Ambrun, au seul >y ou missive de convocation par les sieurs consuls

lieu, pour résoudre et dellibérer aux affaires dud. iage, selon les occurrances.

> A. Ghabrand, La guerre dans les Alpes^ Grenoble, X. Drevct, in.l2, p. 7-9.

Mais, avant que venir, les consuls, cliefz desd. escartons ou estapes, chascun en droict soy, font signiffier la lettre d'envoy à loutes les dent, lesquelles sont convc et là leur est proposé le suL ils concluent ou députent ai bailliage, ou disent les caui peuvent députer; s'égallis( esgaller enlr'eux ; résolven à résoudre ou à dellibérer, leurs communautez et eslap les absans ; et ainsy, de toul esté usé et pratiqué, notam plaira à la Cour voir par le produisent humblement ori

Et quoyque, par divers a Ion ou estape, soit esté rés naulez présentes pourront r ou ordonner et faire pour U difficille que toutes lesd. co convocations et assemblées pour ne voulloir quelques que lout n'y soit ; disans les uns que les autres à s'y gent lesd. assemblées, sans des trois ou quatre dernié totalle ruyne dud. escarlon Guilhestre, comme chef d'i( qui ont à demander quelque gnent au payement, sauf 1 eslappe.

Ce considéré, Nosseigne Cour maintenir les suplian et ce faisant, leur permettr son commune dud. lieu chastelain du lieu ou prer en leur présence, résoudre 1er les despances nécessaii

absens ; et, pour les sommes qu'y seront esgallés et liquidées, que chacune desd. communautez seront contraintes au paiement des sommes qu'ils se Ireuveront debvoir,par saisie de leurs biens, vente et dellivrauced'iceux,et autres voves de justice dubes et raisonnables. Et ferez bien.

Galland, J. Gourssan, Imbert, commis.

onstré cm Procureur général du Roy.

n Parlement le xvj septembre 1628. — Rollan.

lesd. supplians auront baillé estât des choses ulent escalier, nous conclurrons.

MUSY*).

pier (Arch, com, de Guillestre, CG. 18, p. 119).

3 on vient de le voir, les escartons en Embrunais nt souvent aussi étapes, et cela, parce que les IX des escartonSy Guillestre, Embrun et Chorges, gaiement le lieu de retape où logeaient ordinai- 9s troupes de passage.

s M. l'abbé Gaillaud, « on trouve dans les archînçonnaises un acte du 13 février 1344 », dans répartition des contributions entre les commuest désignée par le mot excartonamentum ou mamentum, escartonament. On appelait escart part de chaque communauté. Plus tard, on entenxarton, non seulement l'union des communautés, îore les circonscriptions territoriales de ces ».

luve pareillement trace de cette organisation en lis dès Tannée 1390. En vertu d'une concession le, l'archevêque d'Embrun demandait alors aux 3iutés embrunaises un secours, un don gratuit im caritativum). Les consuls et les syndics des

)s Miuy, fils de Simon, maître des Comptes en Dauphioé l était, en 1628, procureur général au parlement de Grenoble ensuite Premier Président à la Cour des Aides de Vienna t, Dict. hist. du Dauphiné, I86i, t. II, col. 210). lérides, 1874, p. 112.

communautés, réunis à Eml opposition à cette demande, s'occuper spécialement de V chastel secourrés à VauUn

Le 8 févr. 1468 (n. st.), lei épiscopaux de TEmbrunais affaires des communautés »

Jean Albert, notaire de Var suis de Guillestre, au nom d rembourser cette dette (p.

d'après Tusage, proportioni que communauté. La quot forme son escart.

C'est encore dans ce sens à Guillestre, qu'il est nécess consulaires, « sans quoy il général » (p. 437'), et, le sera mis au net, « affin Vescart des debtes de la coi

La transaction du 22 févr santé pour l'histoire des e de TEmbrunais, « Chasteau La Roche, St-Crespin, Vars Crévoulx », qui formaient, escarlons de TEmbrunais, leurs feicœ respectifs, suiT leurs charges communes, syndics des communautés, s « leurs anciens eœquartom dent préjudiquer ». Les feu 1539, avaient été fixés d'ii reconnut bientôt qu'il s'étai y avaift lieu d'opérer plus répartir plus équitablement Voici, en regard, les feux d et après les modifications di

Feux on 1539 En 1511

Gliâteauroux 11 feux 1/2 11 feux

Sl-GIémeut 2 — i» 2 —

Risoul 2—1/2 2 — 1/2

Vars 4 — » 4 —

Ceillac 3 — » 2 — 1/2

St-Grépin (et Eygliers) 4 — » 4 — »

Totaux .... 39 feux. 37 feux 1/3

^ les communautés qui contribuenl h Véiape de > et forment son escarton sont à peu près les ae celles que nous venons d'énumérer (p. 107'). Maugiron, lieutenant général en Dauphiné, de consuls (cosses), qui ont assisté aux comptes du pays, règle minulieusement les fournitures ue étape devra livrer aux troupes de passage

3, la perquèation ou répartition des dépenses )ar les communautés de YescariOYn\Q Guillestre, assage de la compagnie des gens de guerre du de Bassac, est faite « à raison de Vescarlon », , outre les communautés énumérées plus haut, celles de Freyssinières, de Réolier et de l'Arp. 108*). Gette circonstance mérite d'être remarelle prouve que les escarlons ou étapes de lis étaient différents de ce que Ton appelait teaux archiépiscopaux », et s'étendaient à la 3s communautés qui dépendaient de la princiarchevèque et sur celles qui relevaient du Roiîomme Réolier.

ons retrouvé naguère, parmi les minutes des )taires de Guillestre, le registre des délibéra- Vestappe de Guillestre », de 1591 à 1626, visé

— ^it —

très probablement dans la requête adressée au Parlement par les consuls, le 16 sept. 1628. Ce registre est précieux à plus d'un point de vue ; il permet de saisir sur le vif le fonctionnement de l'un des trois escartons de l'Embruuais. On le trouvera analysé aux Ai D'autres délibérations concernant V Guillestre, existent également dans 1 rations communales de 1616 à 16;^3 (j

Dès le 13 août 1628, la commune avait été détachée de Tétape de Guil cette dernière communauté se ren< du maréchal de Gréquy, pour protes nous eussions les aydes de nostrc (p. 119'). Cette protestation parait ^^ succès, car le 25 nov. 1645, dans uni par rintendant, Châteauroux figur nautés des Hauts-Châteaux, en proc( des tailles de l'élection de Gap (p. 13

L'union des « communautés du ] maintient, ainsi, durant tout le cour Cette union se manifeste en maintes seulement les exemples suivants. L communautés de Técarton de Guiliesl le Briançonnais et les vallées de Ba ras », réclament une diminution d diminution dont jouissaient les vallé disent-elles, parce que elles ont i temps, très prélieuses à l'Ëtat, tant ] par le zèle constant et efOcace de l leurs bons services, en temps de gue

Peu après, le 29 oct. 1775, ces i s'unirent pour répartir entre elles le qui leur étaient réclamées pour le nison de Mont-Dauphin (p. 79).

Comme on le voit, les commun Yécarton ou étape de Guillestre i traiter les questions qui les intére façon spéciale ; le plus souvent, il c

du passage des troupes ; d'autrefois, pour des raisons particulières, par exemple, pour obtenir une diminution du sel, question capitale pour ces communaujvage des bestiaux nécessite une grande conde sel ; pour la répartition des bois nécessai- ►upes, etc.

•taines circonstances, dit le D' Ghabrand*), d'étape ne pouvant suffire à tout, obtenaient c'est-à-dire que d'autres communautés, d'aus étaient désignés par l'autorité, pour contrioportion de leurs feux, à la fourniture des s, soit en nature, soit en argent. Ordinairemmunautés étaient obligées d'emprunter pour vances, et ne pouvaient rentrer dans leurs bout de plusieurs années, avec des difficultés e. C'était pour ces communautés une véritable line ».

tre cent autres, un cas où Guillestre reçut le n grand nombre de communautés de TEmbru-

i 1646 '^diusï Estât des communautez données *estape de Guillestre pour le passage de 2.000 ' 4.000 hommes de pied,

*es

de-Rame]

du s^ de Fretsi Chancela »..

.figure pour

6 feux 1/2

9 dans le* Alpes, p. 5-6.

« Chancela et Freissiniè-

res

La Roche

Geillac

St-Apollinaire

Réalon

Puy-Sanière

Espinasses

Roussel

Théus et Remollon

Valserres

En cette circonstance, cliaque feu dut foui 93 livres 6 onces ; en vin, 24 pots, mesure en chair ou viande, 80 livres ; en foin, 5 qi vres, et en argent, pour Tutancile, 5 1. 6 s.

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