CHAPITRE XVII
Mesures, poids et monnaies en ui TEmbrunais, du XIII» au XIX' s
Les fournitures étiumérées ci-dessus, rioi ajouter ici une note sur les mesures, poids anciennement en usage à Guillestre et dans et sur leur rapport avec le système métrique
Cette note, croyons-nous, rendra plus f profitable la lecture de l'Inventaire. Foui outre les divers renseignements fournis par nous avons utilisé un intéressant mémoir intitulé : Instt^uclions sur l'arpentage ou des terres suivant les cadastres d'Embru:
lestre (in-4** de 33 feuillets, papier), composé
Tabbé Dalmas'). Feu M. Tintendant militaire A. de La Valelle voulut bien me le communiquer en 1882; j'ignore quel est son sort actuel').
1° Mesures de longueur.
Les mesures usitées à Guillestre étaient la toise, la canne, le pas, le pied, le pouce, la ligne et le point.
La toise de roi ou de Paris (1 m. 9484) se divisait en 6 pieds ; le pied, en 12 pouces ; le pouce, en 12 lignes, et la ligne, en 12 points. Par conséquent :
La ioise de roi étant de 19n»489
Le pied, ou l/6« de la toise, équivalait à 0"»3247
Le pouce, ou l/i2« du pied, — à 0^0270
La ligne, ou 1/12^ du pouce, — à 0"K)022
La canne delphinale, exactement de même longueur que la Ioise de roi ou de Paris^ au lieu de se diviser en pieds, se partageait en 8 pans ; le pan, en 9 pouces et le pouce en 8 primes. Ainsi, Idi canne delphinale, éiani de
I m. 9489, le pan, ou l/8« de la canne, était de m. 2435,
<) ÉtieooeDalmas, docteur en théologie, curé de Sle-Cécile d^Erobinin, du 24 nov. 1711 au 2i avril 1731, chanoine honoraire de N.-D. d'Embrun en 1731 (p. 62). 7 juin 1741 et 22 oct. 1743 (p. 388) et en 1750 (G. 695).
II était fils de Jacques Dalmas, avocat, et d'Bnnemonde Comier, et frère de J.-B. Dalmas, Sfçr de Réotier, juge des châteaux archiépiscopaux de TEmbrunais, 1713, f 3 nov. 1734 (p. xxxix).
<) J'ai également tenu grand compte des Tableaux des aneiennes mesufes des principales communes du d^part^nent, publié parFARNAUD, dans VAlmanach du dép^ des Hautes-Alpes pour Can 8* (1799-1800). Gap, J. Allier, in-32 de 191-4 p. (pages 137-144, et réédition dans Bull. Soc. d*èlud. des Htes-Alpes, 1886, p. 234-239); — des Tables de com-^ paraison entre les mesures anciennes du dép^ des Hautes^Alpes et celles qui le remplacent dans le nouveau système métrique ^P^p Martin, professeur de mathématiques à l'Ecole centrale de Gap]. Gap, J. Allier [an 10, 1802-3], in-l2 de 134 p. — Cf. Essai sur les monnaies de Charles /•', comte de Provmce, par Louis Blancard, archiviste en chef des Bouches -du-Rhône. Paris, J.-B. Dumoulin, 1868-79, in-8*, de 556 p. et V planches ; — Bulletin du Comité des Travaux historiques, 1903, n» 1 et 2, p. 293-406.
le pouce, ou 1/9 du pan, soit 1/12« du pied, de ^ «^ ^^'^^ «f la prime, ou l/8« du pouce, de m. 0033.
La canne de Guillestre, anciennement t était un peu plus courte que la canne del avait une longueur de 5 pieds 9 pouces 1 lij soitl ro. 8Ô87 seulement, « en sorte que Tai Guillestre devait être à la toise de roi corn 553, c'est-à-dire que 576 pas de Guillestre et £ roi étaient égales en longueur » *).
La canne d'Eygliers, au contraire, était longue que la canne delphinale. Elle avait ui de 6 pieds 2 pouces*), soit 2 m. 0024.
La canne d'Embrun, légèrement plus cour d'Eygliers, était plus grande que la canne Elle avait 6 pieds 1 pouce 4 lignes, soit 1 m. 9
20 Mesures itinéraires.
Le mille romain (milita passuum) avait ui de 1.481 m. 50.
Le pas romain (double pas ordinaire), divisi équivalait à 1 m. 4815.
Le pied romain, à m. 2963.
La lieue ordinaire, de 1.700 toises, valait 3.
La lieue gauloise, de 7.500 pieds gaulois, 2.
Le pied gaulois, m. 3248*).
3^ Mesures de capacité..
À Guillestre, ainsi qu'à Embrun, la mesun se subdivisait de 8 en 8 parties. La plus gr mesures, appelée charge (195 litres 20), (
*) Instructions f fol. 6.
*} Elle avait exactemeak la longueur fournie par h tt deux piliers qui forment la largeur extérieure de la por d'Kygliers (Instruction, fol. 23).
') Desjardins, Table de Peutinger, p. 13. Cf. Aurèa d^AlaU, 1873, p. 101.
émines, dont 2 faisaient le setier ou 1/4 de chargé. L'émine contenait 8 civayers, dont 4 faisaient la qiùartière ou 1/4 de setier*). Le civayer contenait 8 cosses; le cosse, 8 cossons, et le cosson, 8 iwignées.
Par conséquent, la charge étant de 195 litres 20, Vémine, en l/8« de la charge, valait 24 litres 40 : le seiie?% ou 2 émines, ou 1/4 de charge, 48 1. 80; le civayer, ou l/8« de rémine, 3 1. 05 ; la quartiers ou 4 civayers, ou 1/4 du setier, 12 1. 20; le cosse, ou l/8« du civayer, 01.38; le cosson, ou l/8« du cosse, 1. 0476 ; la poignée, ou 1/8© du cosson, 1. 008.
4<' Mesures agraires.
lesures agraires étaient surtout la charge, la
réminée, la quarterée ou quartière et le civayer