‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 123 sur 203 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

VALBELLE, LAFRANCE.

LAFRANCE , la regardant aller.

. Ta , ta , ta , ta , Madame l'entendue.

yaLbeixe.

Qu*a^tu donc , Lafrance ?

LAFAANGE.

Je n'ai rien. Monsieur.

YAliBEi.LE.

Je vois bien que tu es triste,

LAFRANCE*

Et pourquoi serais-je triste .^

VAIJI£U£*

Je rignore ; maia à coup sur tu as quelque chose. Allons, parle.

LAFRANCE.

Bah ! c'est que je vous connais ; vous allez vous

3i3 DEUX MOTS,

moquer. Enfin, c'est égal, et je dois vous dire tout ce que je sais.

YAIJIEIXE.

Oh! oh! voi}à un début qui promet J^écoute.

LAFAANGE.

Vous voyez bien cette femme si douce , si affectueuse avec nous ; eh bien ! Monsieur , dans la cuisine , c^est un démon ; elle gronde , elle crie.

YÂLBELLE.

Cela tVtonne ? c'est tout naturel ; elle désire que nous «oyons bien servi^ et elle se tourmente dans la crainte que nous ne manquions de quelque chose.

LÀFRANCE.

Elle m'a traité moi-même . . .

YALBELLE.

Tu es un peu susceptible ; j'aurais été plus indulgent; elle est vive , eh bien !... c'est la preuve d'un bon cœur. Et d'ailleurs, je suis toujours disposé à passer quelque chose à une femme qui a de beaux yeux.

LAFBANGE.

De beaux yeux , soit ! mais en les .examinant un peu attentivement, ces yeux-là ont. quelque chose de hagard et de faux !

YALBELLE.

Où diable vas-tu chercher cela?

LAFRAKCE.

Croyez-moi , nous ne sommes pas en sûreté ici.

YALBELLE.

Eh! bon dieu! comme tu as changé d'avis en un quart-d'heure! - • -

OPÉRA-COMIOUE. 3i3

LAFllAÏYCE.

Monsieur , il en faut souvent moins pour voir des choses...

YALBELLE.

Oui... Oh ! oh! et qu'as-tu donc vu ?

LAFRANCS.

J'ai vu derrière des fagots, deux fusils, une carabine , des sabres. . .

VAUBELÎiE.

Mais dans un lieu si écarte , il faut bien pouvoir se défendre.

LAFBANCE.

Vous voilà ! toujours d^une confiance... parce quHl ne vous est rien arrivé.

YALBCUiE.

Et qu'il ne ni'arrivera rien.

LAFAANG8.

Dieu le veuille : peste soit aussi du cocher qui nous oblige de couch» dans cette maudile taverne !

YALBELLE.

Mais, Lafrance , souviens-toi donc de ce que tu me disais ici même il n'y a qu'un moment

Parodie du Dua

Souper frugal , appétissant , Lit assez bon , sommeil tranquille , A notre cœur reconnaissant, Voilà ce qu'offre cet asile.

LAFRANCE.

Comme tout est changé dans un moment !

VALBEIXE.

Félicitons-nous tous les deux.

3i4 DEUX MOTS,

Bah! bah! craignons plutôt tous deux*

VALBELLE

Du sort que le ciel nous destine.

LAFRANCE.

Le sort auquel on nous destine.

VALBELLE. '

C'est sans doute une maîti divine Oui nous a conduits en ces lieux.

LAFRASCE.

C^est le diable , je l'imagine.

Oui nous a conduits en ces lieux.

VALBELLE

Souper frugal , appétissant..»

LAFRÀT^CIEJ

Ici , rien n'est appétîssaiit.

VAIiiBELLE.

Lit assez bon , -sommeil tranquille.

Ia^fraugb.

. Quand on a peur ^ dort-on tranquille ?

A notre cœur reconnaissant Voilà ce qu'offre cet asile.

LAFBAI^CE.

Je ne suis point reconnaissant .

Et je déteste cet asilr.

Redoutons plutôt tous les deux Le sort affreux qu'on nous destine ; ' C'est le diable , je l'imagine , g I Qui nous a conduits en Ces lieux.

* < VALBELLE

'g I Félicitons-nous tous les deux

Dû sort '^ue le ciel nous destine.

CVst sans doute une main divine Qui nous a conduits en ces lieux.

OPÉIlAi-C0Mt<aiUE. 3i«

soupçons la jolie petite sermote ? es-tu aussi revenu siir son compté ? • * ' ...;;!'

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