‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 141 sur 203 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LÉHÉMAN faitunâiet, AMÉLINA arrange U fèn, FlîiDEIB-IC fait un arc et le t^d. Us sont tous assis. .

DUO

Eloignons de noiivs ^ tristesse , Le travail distrait la douleur :

Point de plainte , point de faiblesse , Soyons plus forts que le malheur.

' TOUS. ' '

Sloignons de nous la tristesse, etc.

Ce ,feQ pétillant , par sa ûimme » i ^ ,

Va rendre à nos corps la vigueur , Et ça bienfaisante chaleur Semble passer jusqu'à notre âme.

TOUS

Eloignons de nous la tristesse , etc.

FÉDÉRIG.

Dans la crainte , dans fcs alarmes , Consternés , mais no» ai>altus ,

3U LJÊHÉMAN, '

Si nons ^avons perdu nos armes , ' '" Il nous reste encor des vertus*

TOUS

Elpigno^is de aous la trûifesse , etc, . i

LÉHÉMAN.

Mais sasperidom ^n instant nos travaux, nous les reprendrons ensyitç avec plus.de pourage. Il fait froid ce matin ; ces contrées sont si exposées aux vents du Nord , que les automnes. ....

■ AMISLINA. • •

Lé soleil va'rëchàuffer l'air. '

D'ailleurs nous li^àvions pas le choix. En ce lieu sauvage^ bien déguises., bien fncorinusf et 'ce quiest enccure. pluasûr , bien seuls , noiis ne tburons , j^espère, aucun dangei:. Cependant, cette nuit, j'ai cru entendre quelques.bruits confus, éloignés, comme de troupes qui payaient : amis ou ennemis, il est important de s^cn éclaîrcir ; en attendant que nous le puisions ^ restons toujours ici , personne ne s'avisera de chercher dans ce désert , sous cet habit commua,,. Féderic Ragot;&i, prinqe souverain, vaïvode de Transylvanie, et chef de ces braves hongrois qui , ne pouvant phis supporter les prétentions de la maison d'Autriche, se sont décidés à périr pliilôt que de voir anéantir leurs antiques et respectables privilèges.

Le sort a bien mal servi une aussi belle cause.

LÉHÊMAN.

Nous avons été battus ; c^était la première fois ,

et ce sera la dernière. Nous prendrons notre revanche. La bataille a été terrible; pn vous croit mort, moi près de vous^ c'est juste, c^est bien! Tel doit être le sort du capitaine Lehétnan , de celui qui TOUS a vu naître , qui ne vous a jamais quitté. Long-temps votre mentor! souvent votre guide!...

Toujours mon ami!

LEHEMAN.

Oui, toujours; nous vivons, nous sommes* ensemble , et nous j^ofiteroBSi de cette faveur de la destinée , dès que nous en trouverons V occasion ; mais toi , nia fille , toi qui n'as jamais Voulu nous quitter , qui as partagé les périls de notre fuite , mon Âmélina, console-nous par les âccens de ta douce voix , qui déjà si souvent a .calmé nos peines; ne nous parle ni de malheurs < ni de dangers, nous n^avons besoin en ce moment que de courage et d'espérance.

AMELIKA.

Je vous entends, mon père, et vais vous obéir.

ROMANCE

Un voyageuF s'csi égaré > » \}oe lueur 0*ofire à sa vue , • ■ -

Et fen€| à son cœur rassuré Ijà force qu^il avait perdue.

Entre nous et lui n'est-ii pas En ce jour quelque ressemblance?

NdustvtoyageofiS'foilg ki bas... • " 'o ''

Et la iQeur, cVst rpspérance.

346 LÉHÉMAN,

LEHEMAV.

Je te sais gré d'avoir choisi cet air chéri de nos soldats , cet air sur lequel le prince les a conduits trois fois à la victoire, et dont le souvenir est encore d'un bon augure pour nous... Continue.

AMÉLIKA.

L'espérance! à ce nom puissant, Déjà la peine est adoucie, Déjà Tinfortuné ressent De ce nom toute la magie.

' Le jqste , au-delà du trépas , • Espère lin terme à sa soulEFrance ; Le méchant seul ne «ornait pas Le charme heureux de Tespérance.^

Sachons de notre souvenir Bannir toute idée importun<^ , Elançons-nous vers l'avenir , Il n'est qu'un temps pour l'infortune !

' Mais s'il faut périr sous les coups De la haine et de la vengeance , Puisse- je mourir ayant vous , Voilà ma dernière^ espérance.

]^£DGEI€. .

Votre dernière espérance , c'est aussi la mienne, et moi seul. . .

C'est la nôtre à tous... mais nous n'en viendrons pas là. Mes amis, n'obscurcissons pak nos idées, rappelons nos forcés, créons-nous-en denouvelles...

, •.• AMÉLTNA...

Votre fermeté dans le malheur nous ranime, et je sens à mon tour.... ' »^ ^ ■

OPÉRA-COMIQUK. • ^t^^

LKHKMAN*

Ah! j^en étais sûr... Je te connais, tu es digne de moi.

Je le voudrais.

LÉHEMAN.

Il ne te faut qu^une occasion... et je te la procurerai... Tu aimes le prince ?

AMEUNA.

Mon père . . • ^ Ton pays?

AMEUNA.

Oh \ oui... je chéris tout ce que chérit mon père.

Tout ce que chérit luéhéman !

Je Tai dit... et jç ne m'en rejpens pas.

FEDERIC

Je Tai entendu... et je ne l* oublierai janiais!

LEHEM AN ^ âi tous deux.

Bien ! bien ! mais ce n^est pas là le moment de se UTrer à la sensibilité, à la reconnaissance. Fédéric, vous étiez souTerain , il y a quelques jours , vous étiez à la tête d'une nombreuse armée. . . à présent TOUS Yoilà fugitif, errant , proscrit , sans armes, sans pouvoir, sans abri... car, en conscience, oa ne peut pasregarder comme tel cette misérable hutte , que le diasseur qui Thabîtait n'a pas eu die peine à nous cÀler. Elh bien ! il faut reconquérir tput ce que tous avez perdu , plus encore s;i voiis

348 ♦ LÉHÉMAN,

le pouvez , et nous réussirons , j*en suis sûr ; je ne demande pour cela que du.te^ps, et cette fermeté que doivent toujours moiM'er ceux qui servent la cause de la justice et de rhumanité.

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