‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 149 sur 203 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LÉHÉMAN, JORNER, SORÉAC.

LEHEIttAN, à part.

Tout est perdu !

JORKER.

Mon cher ami , nous restons pour vous tenir compagnie.

LEHEMAN.

Oh! c'est bien de l'honneur pour moi, mes bons Messieurs , bien du plaisir. . . je suis si souvent seul !... et l'on est trpp heureux de pouvoir causer quelquefois avec de braves gens.

JORNER.

Mais cherchez donc la clef.

LEHEMAN , allant yers la hutte.

Oh ! oui , oui , je vais dans l'instant... ( Reyenant. )

s6a LÉHÉMArN,

D'ailleurs s'il est là , il ne peut pas vous échapper à présent.

JORNEK.

Oh! non, non, certainement.

LEHëMAN , à part.

Reprenons courage , et tachons de trouver un moyen... ( Haut. ) Mais permettez-moi de vous demander... puisque nous avons le temps... quel est donc cet ennemi que Ton poursuit avec tant de vivacité ?

JORNER.

Tu ne le sais pas? c'est le prince Fédérîc, le chef des Hongrois mécontens , qui , aidé des conseils et du courage du capitaine Léhéman , veut, dit-on , se faire roi de Hongrie.

LEHEMAN.

Oh! oh! je ne m'étonne plus... Et quel intérêt si grand votre officier, et vous mêmes, avez-vous à' le trouver?... est-ce quHl y a...

JORNER.

Oui, ceux qui pourront Farrêler auront mille florins.

LÉHÉMAN.

Mille florins! ah! ah!... Mais entre tant de monde !...

JORNER.

Oh! oui, ce ne serait pas bien Considérable pour chacun.

LÉHÉM4N.

Au lieu que si cela était partagé entre deux ou trois pauvres diables... comme nous, par exemjde ? . . .

. JORKBE.

Oh! ce serait plus avantageux, d'est cet tain. (BasàSoibac) Il vcut nous lâtCF , je crois.

SORBAC, basàfJornef.

Encourageons -îe. (Hauf. ) Bon hotfiftifè, ta as

quelque chose qui t'occupe ?

lÂmM \N.

AJb! ah! not>, no»... je vais voir si la clef. . .

JORNER.

Nous avons le temps, tu Tas dit toi-même ; conviens-en , tu as quelqu'ide'e qui te.v.

LEflÉMAK.

' Vou* tofez ça ? eh bien ! il faut ï avouer ; tcfnez , je pensais que si j'étais bien sûr qo'on ne voalàt pas faire trop de mal à ce rebelle...

SORBAC , faîsâUt Te s}giié qu'oA lui coupera h ï9té,-

Oh ! non , c'est seulerafeiït pour le....

' JORNER, dëitihiïé. ^

Ouï, t^ôîlà fout., et il y af ttjillé florifl* |w!«ir' cent qui...

LÉHEMAN.

Mille florins!... vous triomphez de tous mes scrupule^... Mes arriis, nous allôf^s faire* aujourd'hui notre fortune , je sais où est celui que vous cherchez.

LES SOIiBATS, lé caressant.

Tiilesftis! tu le sais?.w ah! mon camarade, mon Vieux eaii^(^de.

LÉHÉMAN.

Je lui avais bien promis de ne pas le dire, mais puisque c'est un cnnenii de reAipeiîèur. .

364 LÉHÉMAN,

JOBKER.

CVst ça ! c'est ça !

LÉHEMAK.

Je ne dois plus me taire. Ëcoiitez donc : vous voyez d'ici, derrière ces broussailles... plus loinlà... quelques pierres tombées.. « eh bien! elles cachent Tentre'e d'une ancienne citerne fort pi^ofonde , dont on ne se sert plus , et où lé jour pénètre assez pour qu'on puisse y descendre.

SORBAG.

Et c'est là qu'il est ?

LEHEMAN.

Attendez... un escalier à moitié détruit mené jusqu'au fond.

JORNER.

Un escalier!..; bon ! après ?;.;

LEHEMAN;

C'est dans l'endroit le plus sombre de la citerne, que ce malheureux... sans artnes, sans forces ^ s'est irétiré pour attendre le moment où la nuit favorisera sa fuite.

JORNER.

Quel bonheur! je vais... (IlëcairtelesbroiusaiUes;)

SORBAC.

Je veux le pt*emier...

LKHEMAN.

Je vous suivrai aussi... autant que mon âgé...

JOBNER , s*arrâtant , prêt à entrer, el rer^iiaiit sur tes pa^.

Un instant.

I^ORBAO

Qu'as-tu donc ?

JOBMEBi

Il faut que Tun de nous reste ici,

LEHEBf AN , à part.

O ciel!

SORBAC.

Pourquoi ?

iOTlNER.

Le capitaine nous a dëfendu de perdre cet homme de vue » et s'il revenait...

SOKBAC.

Tu as raison;

JORNER.

D'ailleurs le fugitif, il nous Ta dit, tst sans forces , sans armes, ainsi , Fun de nous deux suffit bien... Sorbac, veux-tu demeurer?- '

SORBAC.

Soit !... va donc vite.

LEHÉMAN, à part.

Comment faire. ( Haut à Jomcr. ) Prenez garde en descendant ^ allez avec précaution , la citerne est profonde,, doucement , doucement, suivez le mur, vous y êtes... vous y êtes. Oui , il y est... et il n'en reviendra pas comme il est descendu.

SORBAC.

Que dis-tu ?

LEHIÉMAN.

Il faut convenir que je suis bien malheureux ! j*espérais faire tomber dans le piège deux de ses persécuteurs, et il n'y en aura qu'un!

SORBAC.

Qu'un ! comment ! explique -toi ?

LEHÉMAN.

Oui , ton compagnon va trouver au fond de la

366 LÉHÉMAN,

citerne ce brave Fedéric , avec deux de ses amis , bien résolus , bien armés. «

SORHAC.

Jorner! Jorner! arrête.

LEHÉM\N.

Appelle , appelle , il est trop loin pour t'entendre.

SOBBAC.

Méchant vieillard ! rends grâce à ton âge ; mais tu n*échapperas pas : Jorner! Jorner ^ atidndsmoi , ou remonte ! il y va de ta vie ! il y va de ta vie !

LÉHl^MAN*

Et moi , je sauve la v6tre ; fuyez ^ monf^ince. fuyez.,, c'est du côté d'Affembourg.

J'y vole.

FÉDÉRIC

léhéMan,

Arrêtez... par là vous les rencontreriez ; c*«st par des chemins détournés, inconnus qtt*il faut vous y rendre.

FEDERIC y ouvre vite la porte , et prend la rdute opposée aux

soldais.

Adieu , adieu.

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